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LA MUSIQUE

Beauté plus divine qu'humaine, Recevez ce grand capitaine

Après tant de hasards.

Soyez sa Vénus, je vous prie.

Il sera votre Mars.

La chanson populaire ne paraît point daus les essais lyriques et dramatiques faits en 1600 par les Italiens Péri, Caccini, Corsi, Galileo, Monteverde, etc. A part leurs récitatifs , ces compositeurs n'utilisent que la forme du madrigal à plusieurs voix, genre de composition qui existait alors déjà depuis fort

longtemps. Il y avait un siècle que Clément Jannequin avait composé sou chœur de la Bataille de Marignan, bien plus coloré et plus mouvementé que la musique des Péri et des Caccini.

Malgré cela, les Français continuent à faire chorus avec les écrivains étrangers qui chantent la gloire des Italiens pour la création de l'opéra, tandis que nous, Français, nous avions en 1581 le Ballet de la Reine, un opéra bien autrement complet que l'informe machine de Péri : Euridice, en IGOO, on n'a qu'à comparer. Que Fétis célèbre de préférence la gloire de Péri, cela se comprend, Fétis était belge, et d'après les écrivains belges c'est chez eux qu'on a inventé la musique et les musiciens, tout au plus un peu chez les Italiens, mais que des Français suivent encore cette vieille routine, cela est beaucoup plus étonnant !

Les ballets qui nous restent, du temps de François P"" et de Louis XIII, se composent de grosses notes blanches et rondes ; leur mouvement était trop lent pour avoir quelque ressemblance avec la chanson populaire, sauf de très rares exceptions, comme Dupont mon ami, qu'on trouve noté en 1607 par Philidor.

L'emploi le j)lus ancien que nous connaissions d'un air populaire dans un opéra est \ Air de la clochette^ déjà cité, dans le Ballet de la Reine, sous Henry III (1).

Lully s'est servi d'airs populaires dans divers endroits de ses ballets, c'est du moins notre conviction.

En ce qui touche les spectacles de la Foire St-Germain et St-Laurent, on trouve des traces de ces foires, où des bateleurs pratiquaient leur métier, dès la fin du seizième siècle et même antérieurement, mais ce n'est qu'en 1678 que nous avons des nouvelles d'un spectacle à la foire Saint-Germain (2).

(1) Aux Chansons historiques.

(2) Campardon, les Spectacles de la Joîre, préface, XV.

A l'expulsiou des Italieus (1G97) ou s'empara d'une grande partie de leur répertoire, et ou francisa les types italiens, Arlequin, Scammouche, Polichinelle, Fierrot, Mezzetin, Colomhine, Isabelle, etc. Le succès fut très grand et inquiéta môme la Comédie française et l'Opéra.

On défendit aux acteurs de la foire de chanter, et c'est alors qu'ils usèrent de ce moyen ingénieux : quand il y avait des couplets, un écriteau descendait du cintre, indiquant la chanson et l'air, que raclaient d'ailleurs les violons, et le public chantait en place de l'acteur (1). On comprend que ces couplets étaient pour la plupart des vaudevilles (voix de ville) connus de tout le monde. Les airs qui reparaissent le plus souvent parmi ces couplets à écriteaux sont : Quand le jjâil est agréable, 0 reguingé, 0 Ion lan la, Menuet de Grandtjal, Airs du cap de Bonne-Espérance, Lanturlu, Mon père je viens devant vous, la Faridondaine, les Folies d' Espagne, la Bonne aventure. Tu croyais en aimant Colette, Quand je tiens ce jus d'octobre. Réveillez-vous belle endormie, les Trembleurs, Monsieur de Lapalisse. Comme un coucou que l'amour presse, Lampons, la Tamponne, Joconde, Dupont mon ami. Menuet d'Hésione, Branle de Metz, Grimaudin, etc. (2).

« Les forains voyant que le public goûtait ce spectacle en chansons , s'imaginèrent avec raison que si les acteurs chantaient eux-mêmes les vaudevilles, ils plairaient encore davantage. Ils traitèrent avec l'Opéra (1708) qui, en vertu de ses patentes, leur accorda la permission de chanter (pour une somme assez ronde). On composa aussitôt des pièces purement en vaudevilles, et le spectacle alors prit le nom à' opéra comique (3).

La Comédie française obtint la suppression du théâtre de la

(1) Le Théâtre de la Foire, vol. I, p. 11».

(2) Beaucoup de ces airs avaient déjà paru sous la Fronde. Un des grands fournisseurs du théâtre de la Foire était Gillier, violon de la Comédie française.

(.3) Préface du Théâtre de la Foire, par Lesage et d'Orneval.

LA CHANSON TOPULAIEE.

Foire eu 1719, il reparut de nouveau eu 1724, toujours avec le nomd' Opéra- Comique j et malgré quelques interruptions momentanées, car les autres théâtres le jalousaient, il s'établit définitivement eu 1762, en appelant à lui quelques-uns des meilleurs sujets de la Comédie italienne.

Ce n'étaient pas toujours des étoiles qui chantaient les nombreux couplets du théâtre de la Foire, même quand il s'appela Opéra-Comique; les éditeurs de ce répertoire, d'Orneval et Lesage, font cet aveu dans leur préface : c< nous nous sommes aperçus que les scènes chargées de couplets, quelque riche que fût leur fond , devenaient ennuyeuses à cause du chant, qui fait ordinairement longueur. »

C'est qu'on ne possédait pas encore M™^ Favart!

La Comédie italienne ne se servait que de musique française, c'étaient des ariettes et des ijarodies^ c'est-à-dire des paroles appliquées à des menuets d'opéras ou d'autres airs de danse, dont voici quelques spécimens :

La Fille persuadée, menuet de Martini.

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Viens prendre lo çon, Belle A-!i.;:on, M;iis c'est sans dé

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