‹ La chanson populaireChapitre 38 sur 50 · INÈS · texte numérisé non relu

INÈS

Joignez ces enfants au père, En leur faisant couper net Tous leurs mirlitons, etc.

LE noi.

Juste ciel, quelle couvée !

D'où sortent cesmirmidons?

Où se cachait la nichée De ces nombreux rejetons De vos mirlitons, etc.

Eu examinant avec attention les dix volumes du Théâtre de la Foire, 1723 à 1724, qui renferme plus de quinze cents airs, on voit qu'à part les chansons qui couraient les rues, et qui représentent les trois quarts de cet ouvrage, les autres airs sont de Lully (1), Campra, Destouches, Gillier, M"^ Laguerre, Colin

(1) Sedaine, clans son pot-pourri de la Tentation de saint Antoine, a ajusté sou dernier couplet Le démon, quoiqu'il passe pour fin, sur le 2^ air pour les muses, dans le Prologue d'/sis, musique du Lully.

1Ô4 LA CHANSON TOPULAIRE.

de Blamont, Montéclair, Grandval, Aubert, Rameau qui est l'un des derniers compositeurs dont les œuvres aient servi à ce recueil.

Comme la propriété artistique et littéraire au théâtre n'a été réellement établie que depuis Scribe, les chansonniers se servaient jusque-là des airs d'opéra comique qui avaient du succès, et ne se gênaient nullement de publier ces airs avec d'autres paroles : on ne faisait que cela à la Comédie italienne dans toutes les parodies. L'opéra comique de la Foire suivait à peu de chose près les mêmes traditions ; on j trouve à profusion des pièces sur Arlequin, comme : Arlequin au sabbat. Arlequin Atys, Arlequin musicien. Arlequin peintre. Arlequin grand visir, Arlequin Endymion, Arlequin Orqjhce, et tant et tant.

Favart donne sa Chercheuse cl esprit en 1741, et après les Troqueursde Dauvergne, 1753^ nous voyons apparaître LaRuette, Monsigny, Philidor, etc., c'est-à-dire que la transformation se fait et qu'on abandonne les timbres de vaudevilles, pour se servir de musique nouvelle, composée exprès par des auteurs vivants. Dalayrac, qui a fourni plus d'un air à la Clé du caveau, fait voir sa sympathie pour l'air populaire en se servant dans son opéra comique Renaud d'Ast (1787) de l'air II pleut, bergère, mais avec d'autres paroles que celles de Fabre d'Eglantine (5'^ scène du 1^'^' acte); à la 7^ scène du 2'' acte, une ritournelle joue l'air Va-t'en voir s'ils viennent Jean; ce même 2'' acte commence par l'air Vous qui d'amoureuse aventure, sur lequel on a appliqué : Veillons au salut de l'empire (1) ; Renaud d'Ast contient encore l'air de Malbrough.

Dans un autre opéra comique de Dalayrac, la Soirée orageuse, représenté en 1790, l'auteur a mis de nouveau une chanson populaire, la Gasconne, très répandue alors et commençant par

(1) Voir le chapitre des Chansons patriotiqiies.

Auprès de Barcelonne etc.

Un jour me promenant etc.

Cette même cliansou est employée par Devienne dans les Visi- 'tandhies, données en 1792; mais Picard, l'auteur du poème, y a adapté d'autres paroles. Dans le livret du temps, an VIII, Picard met cette note : « Martin, par sa manière délicieuse de chanter a donné un air de nouveauté à cette vieille chanson. » Picard donne même une double version pour les Troupes de province. Cette Gasconne n'SL pas été insérée dans la partition à orchestre des Visitandines ; c'est évidemment Martin qui avait introduit ce hors-d'œuvre qui le faisait applaudir. L'éditeur Schlesiuger, en publiant la partition au piano des Visitandines, a eu soin d'y mettre la Gasconne.

A partir du commencement de notre siècle, la chanson populaire est peu employée dans les opéras comiques, et n'y paraît que comme un objet de curiosité.

En 1820, dans les Voitm^es ej^rsces^Boieldieu construit un duo ravissant sur l'air du Clair de la lune. En 1825, le même compositeur se sert dans la Dame blanche d'un gracieux chant écossais, dont il tira un parti charmant.

Adolphe Adam plaça au commencement de son acte le Tt)rtw/or (1849) divers thèmes populaires dans une conversation entre un flageolet et Coraline, puis encore le joli quatuor Ah! To us dirai-je maman.

Eu 1856, Auber inscrit dans sa partition ào. Ilanon Lescaut la chanson de la Bourbonnaise, qu'on bissait régulièrement à M"^^ Cabel.

Félicien David dans le Saphir (1865) s'est servi de plusieurs thèmes populaires; il y a d'abord le Cantique de Jeanne d' Albret (1), puis la danse basque :

(1) Ce cantique a été publié clans les Chants et chansons populaires desprovinces de la France , Champfleuiy et "Weckerlin.

En dehors du théâtre, ce même compositeur a employé eu 1845 un air arabe (1) dans l'ode-symphonie le Désert :

AIR AllABE.

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Puis également un thème indien pour une berceuse dans Christophe Colomb :

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