HYMNE RUSSE
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Nous revenons aux chants français, principal objet de cette étude.
L'intérêt musical de la Révolution, c'est l'apparition de la Marseillaise, dont la popularité a fini par éclipser, effacer de la mémoire du peuple les diverses œuvres produites à cette époque par des compositeurs de renom. Nous excepterons le Chant du départ, de Méhul, 1794; mais qui se souvient des pièces suivantes?
GossEC. Chœur patriotique, exécuté à la translation des restes de
Voltaire au Panthéon, 1791.
Devienne. Romance sur la mort de Barra. GossEC. Chanson patriotique sur le succès de nos armes.
Id. Le Triomphe de la loi, chœur patriotique.
Catel. Stances chantées pour la fabrication des canons, poudre et
salpêtre.
SoLiÉ. Courageuses mères, chanson patriotique.
Langlé. Romance sur la liberté des hommes de couleur.
GossEC. Chant patriotique pour l'inauguration des bustes de ^larat
et Lepelletier.
^[ÉHUL. Déesse et compagne du sage, hymne patriotique.
Delayrac. Les Canons, chanson patriotique.
Jadin. Chant d'une esclave affranchie.
GosSEC. Iljmne à l'Etre suprême.
Devienne. Chanson sur la mort de Viala.
GossEC. Hymne à la Nature.
Catel. Hymne à la Victoire.
Id. La Bataille de Fleurus, chœur.
Jadix. Ode à J.-J. -Rousseau (1).
RiGEL (père). Hymne sur l'Enfance.
GossEC. Serment républicain.
Catel. Hymne à l'Égalité.
Chérubixi. L'hymne du Panthéon.
Gossec. Hymne à Voltaire.
Id. 0 glorieuse destinée, 1800, chant national à 3 chœurs et à 3 orchestres.
Dans cette énumératiou, nous n'avons pas mentionné les pièces purement instrumentales de ces mêmes compositeurs.
Il y a lieu de croire que toutes ces hymnes et stances patriotiques ne furent pas toujours composées, par les musiciens du moins, avec un élan, un enthousiasme, à la hauteur des circonstances ; mais comment refuser à un gouvernement qui aimait à être obéi, quand il expédiait des poésies avec ce petit mot : Envoie jKir le comité de Salut public à l'Institut national de musique, j^our être chanté à la fête de, etc.?
On a consommé énormément de musique sous la Révolution ; les poètes qui n'avaient pas de musicien sous la main, rimaient sur un vaudeville ou un air d'opéra-comique ; c'est ainsi qu'a
(1) Gossec a aussi écrit une cantate à Rousseau, mais elle n'est point mentionnée dans la collection iminimce des cliants de la Révolution. 2 vol. in fol.
été fabriqué en 1791 par Boy : Veillons au salut de l'Empire (1), en accolant ces paroles à un air de Renaudd'Asf, opéra-comique de Dalayrac, représenté en 1787 ; ce thème léger et même sautillant n'était pas précisément ce qu'il fallait au texte républicain : nous donnons les deux versions :
Vous qui d';i-mou-rouse a ven - (u Veil . Ions au sa lut df lem pi
rp re,
Cou-
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rcz et plai-sirs et dan- ger, — Si de chaleur ou de froilons au maintien de nos lois Si le des.po-tis.me cons-
5ïç;
du pi
re Par fois vous sen.tez af. fli - ges, re, Cons pi.rons la per te des rois,
Les Girondins furent condamnés à mort eu 1793; l'un d'eux, Girey Dupré, fit cette strophe au moment suprême :
Poiu- nous quel triomphe éclatant !
Martyrs de la liberté sainte,
L'immortalité nous attend.
Dignes d'un destin si brillant,
A récliafaud marchons sans crainte,
L'immortalité nous attend.
Moiu-ir pour la patrie,
C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie (2) !
Après les ouvrages des musiciens, pièces officielles en quelque
(1) Le premier vers paraît singulier pour la date de 1791, à laquelle nous avons rencontré cette chanson imprimée, la suite des vers la justifie bien.
(2) Rouget de Lisle s'est servi de ce refrain (qui méritait en effet d'être conservé) dans sa scène héroïque h Vengeui-. Depuis, le compositeur Tarnej- a aussi fait cet emprunt, dans sou chant des Girondins d'Alexandre Dumas; il y a même un double emprunt, M. Varney devait connaître le refrain musical de Rouget de Lisle.
LA CHANSON TOPULAIRE.
sorte, nous mentionnerons un certain nombre de cliausous du peuple, dont plusieurs acquirent une triste célébrité. La plupart d'entre elles furent faites sur des airs de vaudeville alors en vogue, ou plutôt dans la mémoire des paroliers, et ceux-ci n'y regardaient pas de très près pour faire leur choix. L'énumération qui qui va suivre à la page 188, très abrégée, est faite d'après les feuilles volantes du temps, une mine d'environ 200 pièces que nous possédons. Quelques-unes de ces chansons portent le nom des musiciens, qui sont : le cousin Jacques (Beffroy de Reigny), Martainville, Giroust (le plus fécond entre tous), Rignault, Albert, Foignet, Séjan, Duchamp, Bertin, Duboulay, Savard, Jouve, Gatayes, Gaveaux, Bruni, etc. (1).
Une des premières chansons de cette série, et l'une des plus célèbres est le Ça ira, qu'on date de 1789, quoiqu'elle ne fût réellement très répandue que dans le courant de l'année suivante. La légende raconte que le général Lafayette engagea le chanteur ambulant Ladre à travailler à ce chef-d'œuvre. Ladre adopta comme air une contredanse connue alors sous le titre de Carillon national, et y plaqua tant bien que mal ses misérables bouts rimes. L'étendue de cet air, non écrit pour la voix, se terminait sans doute à l'exécution par une criaillerie épouvantable du chanteur, qui n'était pas un Nourrit, tant s'en fallait. Voici le Ça ira d'après une feuille volante du temps :
U^rjf J^ i Ji |X-J^^fp|
Ah'. (;a i - ra, (.-a i - ra, (;a i - rai Les ;. ris(o-
orat's à la lan . ter. ne! Ah! ça i - ra, ça i-ra, qa i
(1) Le plus grand nombre de ces feuilles volantes, avec le timbre de la première république, l'air et les paroles, sont éditées par Frère, passage du Saumon.