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CHAPITRE VIIL

TRANSFOKÎIATIONS DE LA CHANSON POPULAIRE. — RYTHME. — TONALITÉ. — ÉPILOGUE.

Beaucoup de publications sur la chanson populaire en France ont été faites depuis quelques années ; plusieurs d'entre elles renferment d'excellentes préfaces, pièces littéraires aussi instructives qu'intéressantes , mais on n'y a guère touché le côté musical, la transformation des airs entre autre, étude qui exige des recherches patientes et persévérantes.

Les airs anciens, les chansons des villes surtout, subissent des transformations qui semblent suivre le cours ou la marche de la civilisation, quelquefois même celle de la mode. Rien de plus naturel d'ailleurs que ce rajeunissement des chansons transmises oralement et dont la vogue se continue à travers les temps. Observons toutefois qu'une chanson du seizième ou du dix-septième siècle ne pouvait avoir à son origine la vivacité de rythme qu'elle a de nos jours, paroles et musique.

Pour les airs des compositeurs, transmis par l'imiDression, il n'en a pas été ainsi, c'est pourquoi nous trouvons par exemple la plupart des airs de Lully beaucoup plus lourds, plus arriérés, plus vieillis dans leurs allures mélodiques et rythmiques que des airs populaires de la même époque : l'air de Lully est resté tel que, tandis que le chant populaire s'est rajeuni en arrivant jusqu'à nous.

Au lieu de multiplier les citations, ce qui nous serait facile, nous n'examinerons qu'un seul air populaire, celui de V Échelle du Tem-ple, dans ses diverses j^hases de transformations.

A l'origine, cette échelle du Temple était une échelle patibu-

laire que les Temi)liers avaient fait placer au coin de la rue des Tieilles-Haudriettes, comme marque de leur justice. Pendant les troubles de la Fronde (1649) elle fut détruite; le poète Blot eu fit même la complainte :

Ce sont messieurs du Marais Qui m'ont causé tant de regi'ets :

C'est le brave monsieur Rouville Candale, Brissac et de Gerzé, Coulon et le marquis de Ville, Camus, qui m'ont ainsi traité.

Cette échelle ne fut point rétablie (1).

L'air sur lequel se chantait V Echelle du Temple était celui de Monsieur le Prévost des Marchands. D'après M. Magnin cet air de l'Echelle aurait eu pour patron celui des Rochellois ; mais eu comparant ces deux thèmes, on se demande ce que l'un aurait pu emprunter à l'autre, ils diffèrent totalement. Les mêmes paroles, il est vrai, peuvent s'ajuster aux deux airs, mais cela n'appuie en rien ce que dit M. Magnin. Voici d'abord l'oÀr des Rochellois d'après le recueil de Maurepas

qt^t*:

suis le fh-meux Mi

gno

lot, Gé.

zzl

des E>-pa gno . jets; Quand je mar.che la (cr-re

-tm-9-

trem ble,Ccstmoi qui conduis le se - leil, Et je ne

crois pas qu'en ce mon.de On puisse (roiLYermonpa reil!

(1) Édition de La Fontaine, par Marty-Laveaus. 1850, t. III, p. 259,

Mignolet était nne des personnifications de Polichinelle, et M. Magnin fait remonter cette chanson à Henry IV (1).

L'air du Prévost des marchands Q^t noté ainsi dans la Clef des chansonniers, 1717 :

Je suis le

fa - meux Mi . gno - let,

~Gé né.ral des Es . pa gno - lots-, Quand je mar

- che la ter - re trem ble. C'est moi qui con.di

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