LA FUITE DE BOURBAKI EN SUISSE
Dieu les a frappés, l'homme, le cheval et l'équipage. L'armée française erre dans la neige et la glace. Bourbaki en fuite, ses soldats sans discipline : Dieu les a frappés, etc.
Des tambours sans baguettes, des cuirassiers en robes de femmes, des chevaliers sans épée, des cavaliers sans cheval : Dieu les a frappés, etc.
Des porte-drapeaux sans drapeau, des fusils sans chien, des commandants sans talent, des canoniers sans canons : Dieu les a frappés, etc.
Des sacs sans pain, partout la faim et la misère, des chariots sans roues, tous faibles et fatigués : Dieu les a frappés, etc.
C'est ainsi que l'armée française fuit vers la Suisse, où avec peine elle se sauve de la mort : Dieu les a frappés, etc.
Au lieu de mettre le paj-s allemand cà feu et à sang, ils sont terrassés comme Pharaon : Dieu les a frappés, l'homme, le cheval et l'équipage.
La Commune de Paris a de même inspiré la muse d'outre- Rliin, qui, daus sa raillerie, fait parler ainsi les communards ;
Gai, gai, frères et amis.
Nargue des soucis :
Buvez un bon verre de vin.
A la santé des frères et amis Qui démolissent tout, Ce sera notre joie !
Allons, vivons gaiment, Festoyons et chantons, C'est si ennuyeux de travailler.
L'argent ne manquera pas d'ailleurs.
Nous prenons partout,
Qui peut nous en empêcher ?
A bas les patrons et les curés,
Les rois, les empereurs,
A bas tout ce qui veut commander !
Nous sommes des citoyens libres, L'univers entier sera notre proie :
Voilà comment il faut asrir.