SCENE IV
Les Mêmes, GALOUBET.
GAIOURET, sans être vu. Quel chien de tenps! (7/ va pour secouer la nch^e qui le couvre.) Qu est-ce qu'ils com^'fotent donc la en catintini? [Ârrii ant près duquéridonet y apercevant les verres i estes pleins.) Tiens ! un détachement du royalliqueurs! joli régiment! je veux le passer en revue 1 {Il boit un premier verre et écoute.)
HORTENSE. Tandis que je serai à la messe avec mes co!»vives, fais préparer le réveillon là... {EUe montre la droite.)
GALO( BET. Un réveillon ! {Avec un geste de fureur^ il boit un deuxième verre.)
HORTEi\SE. On servira ici... les meilleurs vins!... voi<i mes ciels.
FRUCTUEUX. Oui, ma femme!
GALOUBET. Sa femme ! (// boitte troisième verre )
HoRTENSP. Tu viendras ensuite me rejoindre à l'église.
FRUCTUEUX. Oui, Catherine, oui, mon idole!...
G M OVBET y parlant aux verrez. Jesuis content «te vous, mes braves, nous nous reverrons!
HORTENSE, 56 retournant. Galoubet!...
vous écoutiez?
GALOUBET, ironiquement. Moi, madame Giraud, je serais caphle...
HORTE^SE. Qu'imj)orteI mon chpr Jean, je vous ai corjfn» une certaine cassette à moi, veuillez fivi.irrobligeancedeme la remet re... aujourd'hui; j'en ai beoin ce soir même.
GALOUBET. Oui dàl {Flu» ha$ «n mùn-
U CBANViltERË.
trant Fructueux,] Failes-moi la grâce de renvoyer cette fine fleur de crclinisine.
llonTE^SE Hein? lui? pourquoi donc?
vous pouvez parler devait Jui ; mais non; pour le me. ment, je ne veux de vous que ma cassette.
GA[.0UBET, retournant au guéridon.
Laissez-moi dire un mot au comm ndant flacon. (// prend un flacon dans la cave et se verse un verre de liqueur quit boit, puis un antre guil laiise ple'n.)
FRUCTUEUX, s' appuyant à la cheminée.
Voulez-\ous accepter quelque chose, garde champêire?
GALOUBET, sans l' écouter f revenant à Catherine, et parlant avec solennité. Vous et moi, madame, nous sommes deux profonds p tliiiques, mais les plus jijrimds hommes ont leurs faiblesses. Le maréchal de Saxe ne pouvait supporter la vue d'un lièvre; moi, je ne puis supporter la vue d'un verre plein. (// boit.)
HORTENSE, impatientée. Ah cà, Galoubet I
FRUCTUFUX. Lai-sez-le donc dire, cousine ! il m'amuse, moi !
GALouiîET. Est-il laid quand il s'amuse! {Reprenant l'air grave.) Dès que j'ai î^u, madame, que vous n'étiez baronne que.... temporairement, je vous ai proaiis in petto que je vous épouseras; dès lors, nouveau Sixle-Quirït, j'ai dissimulé et attendu. Un jour, vous m'avez donné des ^rmcs contre vous, au cas où vous refuseriez de tremper dans mon plan ; vous m'avez livre une cassette à hi(|uelle vous tenez fort, je vous déclare que je ne la rendrai qi'à ma femme? rRLCTUEUX. sccrvint. Heii) !..
GALUUHET, finement. La voulez- vous?
HORTENSE. Ta femme, moi !
FRUCTUEUX, ré/}e/fl/i^ Ta fem-ne! moi!
HOKTEiXSE. Moi, la femme d'un ivrogne, (jui veille si bien aux intétêts de celle qu'il dit aimer, qsi'il est m;iintenant gris tontes les nuiis. C'est de la démence ! est-ce que je meus... vo\ons, et cependant, ne m'as-iu pas juré cent fois .
GALouREr, commençant à chanceler. J'ai eu tort. Les serments c'est de la graine d'infidélité ! Voyons, Ilortense, abrégeons!
HORTENSE, appuyant. Oui, abrégeons; si tu ne m'obéis pas ceit'i nuit même, loi, chassé déjà d'une commune comme mai re d'école, je te fais chasser de celle-ci comme garde chaiopêtre I
FRUCTUEUX. Nous (e faisons chasser comoie garde chaiupetre, Sixte-Taquin.
HOItTE^SE. Décide-loi donc, et si tu le fais de bonne grâce, tu épouseras Rose quand tu le voudras.
FRUCTUEUX, àpuri, Quand elle vaudra.,.
Ah! Hortense!
GALOUBET, amèrement.
cruelle Hortense 1
HORTENbE. Va me chercher mon coiïret !
GALOUBET. Vous l'aurez, mais je demande à rédéc irl
HORTENSE. Réfléchis vite!... je te laisse à toi même !
FRUCTUEUX. A toi-même!... crédié I vastu t'ennu^erl...
GALOUBET. Hein?
HORTENSE . a Fructueux. Toi, occupe-toi du souper. [Elle-entre à gauche , premier plan.)
FRUCTUEUX. Au revoir, Sixte-Coquin !
{Il sort par la porte de gauche , deuxième plan.)