‹ La chanvriere: comedie en trois actesChapitre 35 sur 38 · LE BARON , LÉOPOLD · texte numérisé non relu

LE BARON , LÉOPOLD

LE BARON , S asseyant près du bureau. Je l'écoute, Léopold... (// lui montre un siège.)

LÉOPOLD, à lui-même. Je suis un insensé !... {fiant.) Mo!i père, d*'puis que je suis revenu de Paris, avec la ferait^ vohmté de vous guérir et que vous m'avez, permis de l'essayer, j'ai fait tout ce que vous avez voulu. Pour venir interroger vos maux, je me suis caché, m-'-i, votre fils, comme un malfaiteur; sebn vos désirs, dans nos entrevues , je me suis abstenu de parler de ma mère, et c'est vous-même qui , cédant parfois à de bons mouvements de cœur, m'avez le premier parlé d'elle 1

LE BARON. Tout Cela est vrai , mon fils !.. .

LÉOPOLD. De votre côté , vous m'avez prouvé une confiance dont je me Si>ns éma chaque fois que je vous retrouve; vous vous êtes livré à mes soinS comme à ceux d'un savant docteur! Lorsque les premiers essais d'un jeune praticien p uvent être si dange reux, vous avez consenti...

LE BARON. Eh bien! Léopold?

LÉOPOLU. Eh bien! mon père, je veux aussi guérir votre âme, ei j'espère le pouvoir...

LE BARON. Que vas-tu m'apprendre?

LÉOPOLD. Je vous ai dit «lu'à Paris un grand médecin avait dirigé les éludes que j'ai nq)rises. La reconnaissance que c^t ami m'inspira me fit un jour épancher uïon cœur dans .e sien , et lui dire le but de mes impatientes études.

LE BARON. Cela était-il bien nécessaire que...

LÉOPOLD. Cela , mon père , était nécessaire aux dispositions de cett^' puissance qu'on blasphème en l'appelant hasard, car son nom c'est Pr'ovid' nce.

Lt BARON. I^aîle donc!...

LÉOPOLD, observant Ce/fet de s(>s paroles. Il y a huit ^ns, mon ami reçut le dernier soupir d'un h -mme blessé mortiUement en dud par.. . par vous, mon père...

LE BARON. Que dis-tu ?

LÉOPOLD. Le mourant, à sa dernière heure , voulut vous écrire... Dépositaire de cette lettre, mon ami vous chercha, mon père; mais déjà, comme ma mère de son côté, vous aviez disparu...

LE BARON. Et cette lettre?

LÉOPOLD. Cette lettre égarée , mon ami la cr.)y<ât perdue ; mais il a pu la retrouver, me l'envoyer, et.. .

LE r.ARON. Cette lettre?. ..

Lf.opoLD. La voici!. .. [Il lui présente un papier oucert.)

LE PARON, aprèi un court nlence plein d'émotion. Mon malheur, mes regrets, mes liiruK'S secrètes , l'asservisseuient dans lequel j'ai vécu , toui , tout est sjrii de cett écriture ; je la reconnais bieu ! el je ne puis Kre 1 Tiens, lis, toi !

LÉOPOLD, lisant : « Monsieur le baron de » Cha tel, maintenant que j ai soutenu ma » fanfaronnade jusqu'à lu mort, et que les » itnbéciles ne m'envie ont plus mes bonnes » fortunes, je trouve de bon goût de me dé- » mentir. Je n'ai jamais obtenu de madame » la ba'onne de Chastel que des dédains, et la » dernière lettre que je lui ai écrite est une » plaisanterie , dont je meurs. » (// rend U papier au Baron,)

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