ILES
les guides étaient remplis de descriptions explicatives des
sujets représentés sur les voûtes et qui semblaient beaucoup intéresser les visiteurs. La théologie y trouvait son
compte; les artistes ont suivi à la lettre les indications qui leur ont été fournies, et l'on peut étudier, sans y trouver rien à reprendre pour l’orthodoxie, les vastes compositions où Lafosse a peint, dans la voûte du chevet, la Résurrection de Jésus-Christ, Jouvenet, au-dessus de la tribune du Roi, la Descente du Saint-Esprit sur les Apôlres, et Antoine Coypel enfin, dans toute la longueur
de la nef, la Gloire du Père Eternel. Le Père est représenté, au milieu de la cour céleste, promettant d'envoyer son Fils pour racheter le monde. Tout s'accorde à célédétachés aux
brer la Rédemption : des groupes d'anges
deux extrémités de la composition, portent, les uns la s-Christ a été attaché, 1
colonne sur laquelle Jésu
autres la croix sur laquelle il est mort; aux pendentif
sont représentés douze Prophètes, six de chaque côté,
avec une inscription de l'Ancien Testament qui annonce
le Messie; dans les voussures des fenêtres, sont peints
en bas-reliefs les quatre Évangélistes, qui racontent sa
venue sur la Terre, et aux extrémités du plafond, deux figures royales, qui symbolisent sa reconnaissance par
les puissances de ce monde; ce sont Charlemagne et
aume est redevable du
grand
saint Louis, « à qui le roy prince qui le gouverne aujourd'hui avec tant de piété et
tant de gloire ». On sait que la Chapelle de Versailles est dédiée à saint Louis, patron de la Ville, et c'est ainsi que les traditions de la monarchie capétienne parviennent à se relier, dans une grande invention picturale, aux plus on.
augustes mystères de la reli
i l'enchaînement du symbolisme est assurément
intéressant, on doit faire sur le sentiment et l'exécution
de ces peintures, les réserves les plus sérieuses. L'influence des peintres italiens du temps y est fâcheusement
sensible, et un jug
particulièrement autorisé, M. André
; Qui a si ingénieusement célébré les sculpteurs de la Chapelle, se montre bien dur pour ses peintres: « Coypel a produit, dit-il, une absurde sarabarde de jambes et de bras nus, l’exacte imitation de la pire décadence italienne, non plus seulement de Luca Giordano.
mais du P. Pozzi, ce jésuite qui couvrait vingt ans plus tôt, à Rome, l'immense voûte de Saint-Ignace de ses fan-
taisies délirantes. Aux pendentifs, Coypel, qui songeait
au plafond de la Sixtine, a peint les douze prophètes, pauvres caricatures des héros de Michel-Ange! » Lafc
se et Jouvenet « sont plus discrets et paisibles ; mais ils n’en restent pas moins des décorateurs de théâtre. Les temps de Lesueur sont déjà loin, la mythologie romaine a tout corrompu, et l'on sait que ces médiocres élèves de Le Brun s'acquittent avec peu de conviction de leur grande tâche.»
L'énorme travail de la voûte, dans lequel Coypel fut aidé de Philippe Meusnier pour les perspectives d'architecture, commença au mois de novembre 1707, et fut
achevé dans les premiers mois de 1710, vers le moment où les deux Boulogne finirent de peindre leurs Apôtres dans les compartiments du plafond des tribunes Comptes, t. V, 324). On avait prévu pour l'ensemble des peintures des voûtes et tableaux d’autel une somme de