‹ La chapelle royale de VersaillesChapitre 7 sur 34 · Porte des escaliers intérieurs, sous le porche d'entré · texte numérisé non relu

Porte des escaliers intérieurs, sous le porche d'entré

au rez-de-chaussée.

DRE a ere 8 a

les vases et les ornements sacrés des églises, les marques des dignités ecclésiastiques et celles des rois et des princes chrétiens, avec les armes que les rois de France ont fait servir à la d . Des

trophées et les avoir entremélés de branches de palmes et de laurier

éfense et à la propagation de la foi dans

tout

les parties de la ter

, qui semblent avoir accommodé ces

d'autres rameaux de fleurs, servent eux-mêmes, avec des chéru

de tig

bins, à en faire un des ornements, sans parler d'autres anges portés nuées qui soutiennent le haut et le bas de plusieurs de ces mêmes trophées.

ire tous les ornements

On aurait beaucoup encore à s'étendre s'il fallait c

dorés qui enrich nt dans les bas-côtés six autels de marbre qui, avec

l'entrée de la chapelle de Saint Louis et avec sept confessionnaux, occupent toutes les arcades qui correspondent aux arcades de la nef et du sanctuaire.

L’autel de la chapelle de Saint Louis remplit du côté du septentrion une espèce de grande niche toute incrustée de marbre au fond de l’arcade

opposée, dans cette chapelle, à l'arcade qui sert à y entrer. L'on voit en

haut de la niche les armes de France; une mosaïque enrichit d'incrustations

le marbre et sert de fond à la bordure du tableau. L’attique qui soutient

cette bordure au-dessus des gradins, est orné de têtes de chérubin,

guirlandes de fleurs et d’une médaille du nom de Saint Loui

avec des

entrelacés. C’est au-devant de l'autel

branches de palmes et de lauriers

qu'un grand bas-relief représente Saint Louis, qui sert des pauvres à table,

elie

Il y a, de part et d'autre, deux bas s

d'agrafl

ovales, que des esp

retienn

nt en haut et en bas. Dans l’un de ceux-ci, l'on voit

Chapelle de Saint Louis

L'autel

Bas-relief

Le tableau

Sculptures de la voûte

L'autel de sainte Anne L'autel de sainte Victoire L'autel de sainte Adélaïde

Saint Louis qui panse les blessures d’un de ses soldats, et dans l'autre, le même saint adorant le bois de la vraie Croix. Mais le tableau de l'autel fait voir avec les plus vives couleurs, et par une grande composition, Saint Louis qui, après une bataille, visite lui-même les blessés pour les faire panser ou pour les faire assister à la mort. Toutes les sculptures en pierre qu'on voit dans la même chapelle ont rapport à l’histoire ou aux vertus de ce saint Roi. La calotte a sous sa clef les clous et la couronne d'épines environnés de rayons de lumière et d'une gloire de chérubins dans des nuées. Il ya sous chacun des quatre pendentifs de la voûte, sous la bordure

de la calotte, ‘deux anges; ils portent d’un côté la couronne royale de

France et d’un autre côté le sceptre; ils élèvent, sur le troisième pendentif, la main de la justice, et sur le quatrième, ils tiennent une épée. Deux chérubins, aussi dans des nuées, ornent la clef de chacune des quatre archivoltes ; les côtés sont bombés, leurs chambranles sont ornés de sculpture et des compartiments de mosaïque semés de fleurs de lys sont sous ces

chambranles, devant l'appui des fenêtres. L'autre archivolte, vis-à-vis de

celle qui est au dessus de l'autel, forme une manière d’arc-doubleau, à

l'entrée de la chapelle, sous l’arcade que cette entrée occupe sous les bas-

côtés. L'on a orné le dessous de l’archivolte en arc-doubleau d’un entrelacs

mélé de chapeaux de roses, avec deux espèces de cartouches fleuronnés et

remplis chacun d’une fleur de lys avec trois médailles. Celle du milieu, qui

st immédiatement sous la clef, a ce chiffre SL, et chacune des deux

autres a un œil environné de rayons de lumière; une banderolle contient sous une de celle:

ci ces paroles : /n diebus peccatorum corroboravit Pie-

tatem, et il y a encore dans une banderolle, sous l’autre médaille ces mots :

Sedens in solio judicii omne malum dissipavit intuitu suo. Deux trophées pendent sous l’imposte devant les pieds droits ou dosserets de l’arcdoubleau. L'un de ces trophées est composé d'armes et d'étendards

de barbares, avec un turban, un carquois, une hache et une masse d'armes

entremélés de couronnes de palmes et de lauriers, et un cartouche sur le

tout représente, par une espèce de camaïeu, Saint Louis à genoux au pied

Dieu devant le crucifix, la couronne d'épines

de l'autel. Il offre à ; un ange, en l'air au-dessus, montre d'une main le crucifix et de l’autre le ciel. D d

couronn

es armes à peu près semblables forment l'autre trophée; il y a un casque,

et deux lambeaux allumés parmi les branches et les

s branches de cypr s de laurier, et le bas-relief ou camaïeu du cartouche, représente qu'il reçut le Saint Viatique.

Il y a dans les arcades, sous les ba

Saint Louis au lit de mort, lo:

ôtés vers le septentrion, de part et d'autre de la chapelle de Saint Louis, deux autels, l'un dédié à Saint

Philippe, et l’autre à Saint Charles, et vers le midi trois autres autels. Celui

int Louis est dédié à Sainte Anne, en

du milieu, vis-à-vis la chapelle de

mémoire du nom de la reine, mère du Roi. L'un des deux autres est

consacré à Sainte Victo ge et martyre, parce que Madame la dau

phine portait, entre plusieurs noms, celui de Victoire, comme Madame la duchesse de Bourgogne celui d'Adélaïde, qui est le nom d’une sainte princesse à laquelle l'autre autel est dédié. Il est encore aisé de connaître que

dans la chapelle d du Saint-

> Versailles, outre le grand autel, l'autel Sacrement et l'autel de la Vierge qui, comme principale patronne de la France, a sa chapelle particulière, l’on a fait l'autel de Sainte Thérèse, par rapport au nom de la reine. La chapelle particulière de Saint Louis, dont

tous les princes de la maison royale sont descendus, a rapport au nom du feu Roi Louis XIII, père du Roi, au nom du Roi même, et au nom de Monseigneur le Dauphin et de Monseigneur le duc de Bourgogne, qui ont

chacun le même nom que Sa Majesté, et c’est à cause que le Roi d'E

pagne

a le nom de Philippe et Monseigneur le duc de Berry celui de Charles,

Fig. 9. — La chaire de la chapelle, d'après un croquis de 1770 environ appartenant à M. P. Fromageot, à Versailles.

qu’on a aussi consacré des autels à Saint Charles et à Saint Philippe.

Les cinq autels qu’on a placés chacun dans une des arcades et sous une des fenêtres des bas-côtés sont de marbre, à peu près d'un même dessin et enrichis de semblables ornements de sculpture de bronze doré. Chaque

autel est arrondi aux extrémités; il y a dans le milieu un chiffre du nom de

la Sainte ou du Saint auquel il est dédié, et l’on voit un grand bas-relief, dans une espèce d'attique qui sert de contretable, au-dessus de chaque

autel sous la fenêtre. Le bas-relief d’un autel représente Sainte Anne assise et la Vierge qui lit debout auprès de sa mère. Dans le bas-relief d’un autre autel, on voit Sainte Victoire au moment qu’elle refuse d'adorer l'idole de Le ba représente Sainte Adélaïde, reine d'Italie, lorsqu'elle reçut la bénédiction de Saint Odil

cesse. Le ba

relief du troisième côté

Diane qui fut la cause de son marty

on, abbé de Cluny, qui a depuis écrit la vie de cette prin-

elief d'un des autels qui sont d’un autre côté, proche de la

chapelle de Saint Louis, représente l’apôtre Saint l’autre autel, Saint Charles

Philippe étendu et

lapidé sur croix, et dans le bas-relief de

Borromée paraît implorer à genoux l'assistance du ciel contre la peste dont la ville de Milan fut assiégée. Deux grandes consoles de marbre accom-

relief, et sur la corniche de l’attique

pagnent de part et d'autre chaque bas deux enroulements, aussi de marbre et ornés de bronze, ainsi que les

consoles, portent pour amortissement deux figures d'enfants aux côtés d’une

croix et proche des deux vases qui sont portés par la même corniche au dessus des consoles.

Les sept confessionnaux de dessous les autres fenêtres des bas-côtés de la chapelle, et deux oratoires qui occupent les niches que les bas côtés ont

contre les deux escaliers en forme de vi:

, sont de même richement ornés de sculpture et de dorure. Mais ce qu’il y a de plus considérable sous les bas côtés est l'autel du Saint-Sacrement.

Cet autel, de marbre vert, en manière de tombeau, porte un tabernacle aussi de marbre, et un grand tableau avec une incrustation de marbre blanc orné d’une gloire, remplit le reste de l'arcade où l'autel est placé en face de la fenêtre du milieu du rond-point et immédiatement derrière le grand autel. Une riche balustrade, qui sert de table pour la communion, est toute

de bronze doré ainsi que les ornements du tombeau, que les deux grands

s deux petits anges qui accompagnent le tabernacle et que la gloire qui

is du tableau, dont le sujet est l’Insti-

occupe le cintre de l’arcade au de tution que Jésus-Christ fit du sacrement de l'Eucharistie, le jour de la Cène. Le peintre a pris le moment de la consécration avant la fraction du

pain; Jésus-Chris

est au milieu des douze apôtr ils sont tous à table,

à demi couchés sur des li

s, suivant l’usage des anciens. Notre-Seigneur élève les yeux vers le ciel et l'on voit en lui un caractère de divinité qui le Sa main droite est

fait reconnaître lui-même pour le Saint des Saint

élevée au dessus du pain qu'il tient de l'autre main et du vin qui est dans une coupe sur la table. On remarque en même temps que Saint Pierre, le premier des Apôtres, et Saint Jean, le disciple bien aimé, placés aux côtés du Sauveur, sont vivement pénétrés de la vérité et de la sainteté du nouveau mystère. Saint Jean exprime ses sentiments en s'inclinant vers Jésus-Christ, en joignant les mains et baissant les yeux, et Saint Pierre étend, avec un transport d’admiration sa main droite vers le Sauveur, et appuie son autre main sur sa poitrine pour marquer sa vénération pour le corps et le sang de son divin Maître qu’il est prêt de recevoir de sa propre

main. Des expressions différentes distinguent chacun des autres Apôtres, et

Judas est aisé à connaître par ses cheveux arden:

par un grand manteau

rouge qui le couvre, par une bourse qu'iltient à sa main droite, ma

surtout parce qu'il paraît moins attentif à ce que fait son maître, qu'occupé du dessein qu'il a de le quitter pour le trahir et le livrer entre les mains des

Juifs. Un bas-relief de bronze. au bas de l'autel, fait voir les trois Marie

lorsqu'elles allèrent les premières au tombeau et que l'Ange leur apprit que

le corps du Sauveur était ressuscité.

Les ornements du Sanctuaire et de la nef.

Il n'y a personne qui ne considère avec attention tout ce qui orne la nef

et le sanctuaire, principalement le grand autel. Son aspect inspire une

sainte terreur. Le nom de Dieu éclate au milieu d'une gloire où des anges portent une banderolle avec ces mots : Sanctum et terribile nomen ejus. L'on voit peu de l'incrustation de marbre au-dessus de l'autel, elle est

presque toute couverte par des nuées, par des anges et des chérubins et par

des rayons qui percent les nuées de toutes parts et qui environnent un

grand cercle de lumière, tel que pour représenter le soleil. C’est dans ce cercle qu'un triangle, symbole de la Trinité, et le nom de Dieu encore plus

resplendissant, sont placés. Les anges, par différentes expressions, ins-

pirent une profonde vénération et une crainte respectueuse pour le saint nom de Dieu qui est terrible à prononcer à ceux qui aiment véritablement le Seigneur. Deux anges qui portent la banderolle sont comme isolés et hors de l'arcade devant la balustrade du milieu du rond-point. L'un et l'autre, accompagnés de chérubins et sur des nuées, montrent d'une main avec étonnement, le nom de Dieu qui est le mot Jehova, en caractères

hébraïques, que les Hébreux n’osaient prononcer. Quantité de chérubins

en bas-relief environnent le cercle de lumière. Il y a parmi eux un ange

qui étend les bras et qui paraît comme éblou

; il est placé proche le haut de l'arc du côté du midi et regarde en bas. Deux groupes d'anges sont audessus. Un grand ange, assis sur des nuées vers le septentrion, joint les mains et adore le saint nom de Dieu.

Un petit ange, avec une écharpe légère, s'éleve en l'air à côté du grand.

Un groupe de chérubins, presqu'immédiatement au-dessus du tabernacle,

l'ange le

pare ces anges de plusieurs autres qui sont de l’autre côté, so

plus élevé. Le plus grand ange de ce groupe d’en bas regarde le nom de

Les autels de saint Philippe et de saint Charles

Les bas-reliefs de bronxe des cing autels

Les ionnaux

L'autel du Saint-Sacrement

“and autel

Les figures

d’anges

Le tabernacle

Autres anges

Le bas-relief

Dieu avec crainte, et un autre ange, plus proche du tabernacle, étend les bras avec un étonnement etune joie que plusieurs chérubins, qui descendent dans des nuées jusques sur le gradin de l'autel, semblent aussi inspirer.

Le tabernacle est d'argent ainsi que la croix et les chandeliers

qu'on pose de part et d'autre sur le gradin de l'autel et dont la blancheur resplendissante donne un nouvel éclat à tout le reste. Il y a trois bas-reliefs

excellents au tabernacle. Celui qui orne la porte est ovale; on y voit Jésus-

Christ à table avec deux de ses disciples en Emmaüs, où il leur donna de

nouveau son corps et son sang sous les espèces du pain et du vin. Des

deux autres bas-reliefs, qui sont carrés, et un peu plus hauts que larges,

celui qui est du côté de l'épitre r sacrifice d'Abraham et

présente 1

ir des

l'autre le Serpent d'airain. Il y a aussi deux petits anges à genoux s nuées aux deux côtés du tabernacle, et une foule, ou plutôt une légion de chérubins semblent en garder l'entrée.

Deux anges de grandeur naturelle, portés aussi par des nuées et par

des piédestaux aux deux côtés de l'arcade, dont le tabernacle occupe le

milieu, sont tous deux en adoration; l'un regarde le tabernacle et l’autre

ève les yeux vers le saint nom de Dieu. Ces deux anges, et ce qui reste encore d’ornements à remarquer au grand autel, sont de bronze doré. L'on a fait de marbre tout le corps de l'autel et les piédestaux des deux grands anges qui s'élèvent de part et d'autre à la hauteur et aux extrémités des

gradins. Des chérubins, des consoles, des feuillages et d'autres ouvra

de sculpture, et très bien travaillés, enrichissent de tous côtés ces massifs

dont néanmoins le principal ornement est un grand bas-relief qui sert de

devant d’autel.

C'est ici qu'entre plusieurs figures il y en a une qui représente Jésus-

Christ mort et prêt à ensevelir pour être mis au tombeau. Il est presque

nu et tout étendu sur les genoux de la Vierge; elle-même étend les bras en

regardant le corps de son Fils. Un grand voile et de grands vêtements qui

la couvrent ne laissent voir que ses mains, ses pieds et son visage où sa

douleur est vivement exprimée, de la man la Mère de Dieu

Christ. La profonde tristesse du disciple bien aimé, parait par les traits de

€ qui convient à

Saint Jean, à genoux à côté de la Vierge, soutient la tête de Jésus-

son visage et par son vêtement et ses cheveux négligés. Il y a derrière lui à

ses pieds, la couronne d'épines, les clous et des vases, entre autres un qui ressemble à ceux où les anciens mettaient les parfums dont ils se servaient

pour embaumer les morts. Plus loin, derrière une hauteur, où la Vierge et

Saint Jean sont placés avec le corps du Sauveur, on voit Joseph d'Ari-

mathie, et un jeune homme qui l'éclaire avec un flambeau, à l'entrée du

sépulere qui paraît dans une roche, Ce

deux figures sont vêtues, de même que trois femmes que l’on voit à l’autre bout du bas-relief. Ce sont les trois Marie entre les- €

quelles la Madeleine est à genoux et inclinée au

pied du corps de Jésus-Christ qu'elle mouille de ses larmes et qu'elle se prépare à embaumer avec des parfums.

Combien de figures d'anges et de chérubins et combien d'autres

taill

ornements en bas-relief 2

-on

sur la pierre, même devant les massifs de toutes les arcades du sanctuaire et de la nef! A.

chaque côté du grand autel, au-dessus desimpostes

e l'arcade où le tabernacle est placé, il y a contre

chaque massif un grand ange et trois têtes de chérubins portées par des nuées et sous chaque imposte, dans l’un des trophées dont nous avons parlé, on voit des étoles, des livres et des chan-

deliers d'autel, des calices, des ciboires et d’autres

vases sacrés, entremélés d'épis de blé et de pam-

in.

pres chargés de rai

L'archivolte de chacune des deux autres ar-

cades du sanctuaire, a sa clef ornée d’un groupe

de chérubins, ainsi que l'archivolte de chacune des arcades de la nef. Le sanctuaire est borné en bas par une marche: elle est fort éloignée du marchepied de l'autel et ses extrémités se terminent

proche l'ouverture des deux premières arcad,

de la nef; ainsi les deux grands mas

sifs qui sont

proche.

de ces deux arcades et en partie hors du

rond-point ont encore donné lieu d'augmenter

D'autre

anges, de pareille grandeur et accompagnés de chérubins, sont

us de

portés par des nuées au-de impostes et aux côtés des archivoltes,

non-seulement des arcades du sanctuaire, mais encore de toutes les arcades

de la nef et il n'y en a point qui, par des expressions et d stances de la Passion de Jésus-Christ, et

s symboles dif-

circor

férents n’exposent quelques le culte qu'on doit rendre en mémoire de ses souffrances aux instruments qui en sont restés, mais particulièrement le culte divin qui est dû à son corps et à son sang, qu’il a donnés à son Église pour gage du salut de tous les

hommes. Un des anges du côté de celui qui est assis sur le sépulcre, adore

la Croix du Sauveur. Il est accompagné de deux chérubins et de deu

x petits

sur des nuées; l'un de ceux.

ange! ci tient la couronne d'épines qu'il montre

en pleurant, l’autre touche les pointes de cette couronne et montre la croix.

Dans le même massif, sous l'imposte de la première arcade que la nef a de ce côté, il y a trois petits anges: celui d'en haut élève de la main droite une palme et une branche de laurier, et de l’autre main la lance qui

eigneur. Les deux autres anges portent

servit à percer le côté de Notredans un bassin l'éponge, les clous et la tunique. Le même bas-relief fait > et un suaire entrelacés de branches de

voir parmi des nuages un vas

palmes, de laurier et d'olivier, et plus bas un serpent qui expire, pour mar-

quer l'expiation du péché originel.

Un des grands anges assis sur des nuées montre au haut du massif suivant une banderolle où sont ces dernières paroles : consummatum est, que Jésus-Christ a prononcées en expirant sur la croix. L'ange étend la main droite et regarde vers l'autel, et deux petits anges, du même côte que le grand étend la main, tiennent l’un l'éponge au bout d'un bâton et l'autre une aiguière dans un bassin. Un trophée sous l'imposte estcomposé d'armes et d’enseignes militaires d’une légion romaine qu'on distingue par S. P. Q.R.

Un bas-relief camaïeu qu'un ange montre sur une espèce de cartouche

l'aigle légionnaire et par ces lettr

représente Jésus-Christ qui expire sur la croix au moment qu'un soldat lui présente l'éponge et que la Vierge s'évanouit entre les bras de la Madeleine; un serpent qui termine le bas du trophée tient en sa gueule la pomme qui fut cause du péché originel. Il faut réserver pour une déscription plus ample, à exposer exactement tous les autr

s grands anges dont un au-dessus

de la chaire du prédicateur tient la croi

la face du Sauveur sur

au haut de laquelle cette inscription

R. L. est attachée, Un autre ange, plus loin du même côté, fait voir

linge où elle s’est conservée. Il y a aussi un ange qui exprime la défaillance que Jésus-Christ sentit sous le poids de sa croix en la portant. Un autre tient le roseau et un autre encore élève la couronne d'épines. Ces deux-ci sont sous

la plate-forme d’un des deux

les ornemen

du sanctuaire. C'est dans la partie de ces massifs qui est la plus proche de l'autel et

où le rond-point de la chapelle commence à se

former, qu'au-dessus des impost

; des groupes

de chérubins et plusieurs anges dans des nuage:

enlèvent d'un côté l'arche d’

sacr

Iliance, la table et

pains de proposition, un autel et des vases

s de l’ancienne Loi, et de l’autre côté, d'autres vases du temple de Jérusalem avec le grand chandelier à sept branches et les tables de la loi de

Moïse où les commandements de Dieu sont grav

en caractères hébreux. Du côté de l'Évangile, au

dessus de ce dernier bas-r il y en a un autre

ie

qui s'étend de d

ssul

s l'impc

te jusques sur l’archi-

volte d'une des arcades du sanctuaire, On y voit

un grand ange assis, environné de lumière aup du sépulere du Sauveur, un petit ange en l'air qui joint les mains et un chérubin sur des nuées qui semblent sortir d’un rocher. L'ange montre d'une

main le suaire, et de l'autre, le Sauveur ressuscité.

Fig. 10. — Élévation du chevet, d'après un projet de re

milieu du xvn siècle

auration du Château, Archives du service d'architecture du Château).

gures de la

Passion

Les camaïeux

oratoires dorés, au côté de lang

à porter la dernière

e du fort massif qui aid

arcade que la nef a vers le septentrion et la grande arcade surbaissée qui

tient le devant de la tribune. Des deux grands anges qui sont sous l'autre

oratoire, aux côtés de l'angle du massif qui porte l’arcade surbaissée, et la

dernière arcade de la nef vers le midi, il y en a un qui tient le manteau de

pourpre, et l’autre, assis, appuyé sur un nuage, fait voir deux petits anges

debout, dont l'un verse l'eau sur les mains de l’autre, pour exprimer l'in-

justice de Pilate qui se contenta de protester par une semblable

monie

de l'innocence du Fils de Dieu, en le condamnant à mourir sur la Croix C'

avec une extrême douleur, à cause que Saint Pierre renia Jésus-Christ, ce

à joint les mains

t de ce même côté qu’il y a encore cinq grands anges

qui est exprimé par un coq qui chante. Un deuxième ange semble parler

comme lorsque Jésus-Christ répondit aux juges qui l'interrogèrent. Le

troisième tient un coutelas pendant qu'un petit ange qui l'accompagne mon-

tre la bourse où sont les trente deniers que Judas reçut des Juifs pour leur

livrer son maitre. Le quatrième ange exprime l’agonie de Jésus-Christ sur

la montagne des Olivier

; un petit ange présente un calice, et d’autres sont

couchés et comme endormis derriè

: le grand. Le cinquième, par rapport à

la Cène et à l'institution de l’'Euchari tdu pain et du vin qued'autres

petits anges avec des chérubins adorent. Enfin, outre ce dernier &

qui

de la nef du côté du

est à l'entrée du sanctuaire, proche la prem midi, on voit auprès d’une des arcades du sanctuaire même, au-dessus du trophée où l'arche d'alliance est représentée, on voit encore, dis-je, deux grands anges aussi portés par des nuées.

L'un élève une serviette et l’autre un

bassin pour mar-

quer l'exemple d'hu-

milité Christ

Apôtres en leur la-

que J

su:

donna aux

vant les pieds. Mais

tous ces différents

sujets trouvent exprimés d’une manière tout historique par des camaïeux,

dont les trophé

sont enrichis dans la nef et sous les bascôtés. Il faut les désommairepour

signer ment, faire

connaître au moins

combien d'objets édifiantsketinstruetifs sont offerts de tous côtés à la vue

des fidèl

La naissance de Jésus-Christ est exprimée par un enfant au berceau

entre la Vierge et Saint Joseph et par ces paroles : et in terra pax.

Gloria in excelsis Deo

Le mariage de Saint Joseph et de la Vierge est représenté d’un autre

côté. L'on voit aussi ailleurs la mort de Saint Jean-Baptiste, précurseur du Fils de Dieu, et l’on a représenté sur différents camaïeux Jésus-Christ,

tantôt faisant son entrée à Jérusalem, tantôt chassant les marchar

is qu ds qui

vendaient à l'entrée du temple; d'un côté, lavant les F

1s aux Apôtres, d'un

autre côté dans l’agonie qu'il souffrit au Jardin des Olivi

, mais encore

ion. Ainsi on le voit debc

en divers autres moments de sa Pa: levant

t Hérode,

le Grand Prêtre, puis devar ensuite devant Pilate, par rapport

au jugement duquel un autre bas-relief a dans un livre ouvert ces paroles :

Si hunc dimittis non es amicus

saris, et celles-ci : Jnnocens um a sanguine justi hujus vos videritis. En d'autres camaïeux, Jésus-Christ est insulté par les Juifs après sa Aagellation, il porte sa croix, et Sainte Véro-

nique, à genoux devant lui, tient le linge où sa face s'est conservée. Nous avons parlé du camaïeu où Notre-Seigneur est attaché à la croix; sa résur-

rection est rep ntée sur un autre, et ailleurs on le voit à table avec deux

de ses disciples en E aüs. Plusieurs autres de ces bas-reliefs en ca-

maïeux font voir le sacrifice d'Abraham, le Serpent d'airain, et plusieurs

autres sujets tirés de l'Ancien et du Nouveau Te de l’histoire

nent

de l'Église, sans parler des Vertus chré

iennes qui ont déjà été nommées et

de ce qui a rapport à la conversion de l”

pereur Co

tantin, sous lequel le siège principal du christianisme s'établit dans Rome. Car c'est par rapport

à la croix miraculeuse qui apparut à Constantin qu’on lit dans un endroit

Le caractère officiel de la description de Félibien, ajoute à ses observations un intérêt particulier. C'est ainsi que Louis XIV et le service de ses Bâtiments entendaient que la Chapelle de Versailles fût étudiée et jugée.

Ce point de vue ne saurait suffire à nos curiosités

d'histoire et d'art. On remarquera, par exemple, qu'aucun nom d'artiste, pas même celui des architectes, n'est prononcé dans ce long texte; il ne s'y trouve pas davan-

Fig. 11. — Chérubins couronnant le tableau de l'autel de la Vierge, 1710

mots : amme XP du nom de

In hoc signo vine

s, et que ce monog

Jésus-Chr Cons-

t est sur une des enseignes militaires des Romains, où

tantin et ses successeurs le firent me r leurs monnaies.

tre ainsi que

Aux deux bouts de l'entrée de la chapelle, sous la tribune, les deux

petite

portes qui se font face, et qui ne sont autres que celles des deux escaliers en forme de vis, ont pour ornement deux médailles, L'une repré-

elles sont

sente Charlemagne, roi de France, et l'autre le roi Saint Louis;

comme appliquées en haut des deux enfoncements en manière de niches où ces portes sont placées.

Les rampes des escaliers, avec leur balustrade qui est magnifique,

semblent être portées par des chérubins qu'on y voit. Et le tout n'est sou-

tenu en effet dans chaque escalier que par une forte petite colonne de fer qui est sous le noyau de la rampe.

us la tribune, a son archi-

el

rtie du milieu d'un entrelacs de sculf

La grande porte de l'entrée de la

volte ornée dans la p ure et sous son

-doubleau

cintre, au-dessus de l'imposte, sont les armes du Roi. Un

règne contre le mur dans toute

endue de la chapelle et sert avec la

grande archivolte surbais e pavé de la

à soutenir la vote qui porte

tribune. 11 y a dans l’arc-doubleau, aux côtés de la grande porte, deux avantcorps ornés chacun de deux panneaux, dont le plus grand est rempli d’un compartiment en mosaïque semé de roses et de de lys, et le plus petit panneau élevé au-dessus de l'imposte a un bas-relief composé

de vases et d’autres

ornements sacrés.

Toute la voûte est

embellie de diverses sculptures qui forment, ainsi que sous le bas

touches d’entre-lacs

Ôôté, des car-

et de fleurons ingé-

ment taillés en

nieus

agrafes, et remplis les uns du chiffre du Roi ettous les autres de mosaïque.

Cette voûte a deux lunettes audessus des portes de A l'égard

de la grande archi-

l'escalier.

volte surbaissée, elle est aussi ornée par dessous d’entre-lacs et de cartouches dont celui du milieu est

rempli d'une rose

sous la clef et les quatre autres ont des cassolettes et des vases. Les plates-formes des deux oratoires sont portées chacune par un pendentif orné de fleurons et d'une

rose au milieu.

Quelle particularité n’y aurait-il pas encore à remarquer au sujet de la

chapell nn entreprenait de ne rien omettre de ce qu’elle contient. Nous

n'avons point parlé des ornements de

s des portes d'en bas, ni d’une riche

à hauteur d’a

ans quatre arcades, ni des chaînes de chœur, ni d’un aigle de

ppui de part et d'autre du

rade de bronze qui s'élèv

d autel

teur toute dorée

bronze qui porte le pupitre, ni à chaire du prédi

dedans et dehors et embellie d'ornements et de figures, surtout de deux

bas-reliefs considérables, l'un de Saint Jean qui annonce le Messie et l’autre

de Notre-Seignet

au peuple sur la monta

qui lui-même se manifeste

par ses divers enseignements. Enfin que n’aurait-on point à dire soit du pavé de marbre en mosaïque, soit des vitres qui sont toutes de glaces de

cristal artistement enchassées dans des panneaux dorés de serrurerie, soit

de la construction même de la Chapelle!

lates-

cun à cet égard estime oix des pierres et le travail di

idmirée

bandes, et il n'y a personne quir rt par lequel les colonnes isolées

portent, et ces plates-bandes et toute la charge de l'édifice, c'est-à-dire les

vente du comble et a lanterne.

des

quelque simp

voûtes, les plates-formes des ailes etla ch

Il faudrait encore beaucoup s'étendre pour parler des sacristies et des divers

logements qui y sont joints. Au reste que soit cette descrip-

tion sommaire de la Chapelle royale du Château de Versailles, je ne doute

point que la recommandation seule de l'édifice, qui est véritablement digne

de la magnificence et de la piété de Louis-le-Grand, n’en rende la lecture

nesi

agréable, du moins aux étrangers et aux perso) telligentes dans les arts

tage de précision de dates. On a trouvé dans les Comptes des Bâtiments du Roi des renseignements sur tout ce détail historique, auquel nous attachons aujourd’hui tant de prix. Le tome V de la grande publication de M. Jules Guiffrey est rempli d'indications sur les travaux de la Chapell

ant l’histoire des diverses parties de Ve

Mais, comme nous l'avons remarqué en étu-

illes, les

comptes des Bâtiments ont besoin d'être appuyés et

Les escaliers

Entrée de la nef

éclairés par « les états. de travaux » et les mémoires d'artistes conservés en grand nombre aux Archives nationales. Le travail que nous avons tenté à l’aide de ces

précieuses sources, pour l'ensemble du Château, a été

ieux

fait avec une précision parfaite pour l'édifice reli

par M. L. Deshairs, d'après les papiers conservés dans le carton O! 1784 des Archives nationales. Ces documents,

« classés méthodiquement, peuvent constituer une his toire complète de la Chapelle jusqu'en 1

mettent de dire par qui, en quelle année et à quel prix fut fondu le moindre balustre et sculpté chaque ornement ». Les légendes de nos planches sont d'accord le dépouillement fait par M.

Deshairs (Documents inédits sur la Chapelle du Château extrait de la Revue de l'his-

avec le précieux travail

de Versailles, 1689-177 loire de Versailles el de Seine-et-Oise, Versailles, 1905-

1906). D'autres sources ont été consultées pour résumer ici l'histoire de la construction et de la décoration de

l'illustre Chapelle.

mort de l'architecte. Nous avons essayé de débrouiller les questions relatives aux anciennes chapelles dans notre

ouvrage La création de Versailles, (Versailles,

1901 ; , auquel il n’est pas inutile de

207, 2 le lecteu

VOY. pa

renvoye ë Les projets de remplacer la chapelle primitive, qu'avait contenue la maison de Louis XIII, remontaient à l'année 1671. et les prévisions des Bâtiments pour l'année suivante comportaient une petite somme de 19.000 livres « pour achever la chapelle du Château » (Comptes, éd. Guiffrey, t. I“, col. 587). La bénédiction eut lieu le (Gaxette de France, 1672, p. 110). D'après

30 octobre 1

un plan manuscrit de Le Vau, c'était une haute salle

carrée, dont l'étage des tribunes occupait l'emplacement qui devait être plus tard la Grande salle des Gardes (salle 140). Contre le mur septentrional de cette chapelle, montait l'escalier de l'appartement de la Reine, bâti en 16 allait

, et incrusté de marbre comme celui que Mansart aire pour le même usage et dans des proportions

La Chapelle que nous avons conservée est la cinquième en date de celles qui ont servi à Louis XIV en sa Blondel

anciennement plusieurs architectes « avaient été char

résidence de Versailles.

savait déjà que fort

de donner des projets; Claude Perrault même avait reçu ordre d'en composer pour la décoration intérieure de

l'ancienne Chapelle érigée, lors des premiers bâtiments de Versailles, du temps de Louis XIIT; {sic) mais il paraît

que le plan et la disposition de l’ancien bâtiment ne lui

avait pas sans doute permis d'imaginer rien qui fût digne de la magnificence de Louis XIV, ce qui en suspendit l'exécution, et détermina dans la suite, à changer cette

Chapelle de lieu, et à la construire à neuf... Des autres architectes qui avaient pu travailler au nouveau projet, il ne nous est parvenu que celui de Le Mercier, qui fut

gravé dans le temps avec la plus grande partie des nouveaux bâtiments de Versailles; par ces gravures, il paraît que la situation de cette chapelle était la même que celle

d'aujourd'hui Il y a quelque confusion chronologique dans les

observations de Blondel, qui analyse du reste fort justement les mérites du projet que Le Mercier avait dû faire pour une chapelle royale, antérieure aux premiers ni Louis XIV, et qui fut ensuite mis à l'étude pour cette mais

dissements de Versailles sous

la

on royale, après

Fig. 12. — La Chapelle qui a précédé celle qui existe, peinture d'Antoine Pezay musée de Versailles)

dd

plus vastes. Au moment où ce nouvel escalier de la Reine fut décidé, il fallut déplacer la Chapelle. Les travaux de maçonnerie furent exécutés en 1676 et 1677. En février 1677, on prévoit 12.000 livres « pour achever la sculpture du fronton de la Chapelle, faire les trois basus et la grande corniche du dedans ».

sommes

reliefs au-de L'année suivante, Colbert destine à l'intérieur des assez importantes, pour la peinture du plafond, pour la

corniche décorée de six figures d'anges, pour huit colonnes de marbre rouge et blanc, pour les chapiteaux de métal et les bases de bronze de ces colonnes, aux-

quelles travaille Tubi. Aux prévisions de 1679, une

pense de 35.000 livres est affectée aux ouvrages de stuc et peinture, anges et figures de bronze doré, etc.(Comples, , col. 1014, 1049, 1050, 1114, 1148). Tous les morceaux furent transportés dans une nouvelle chapelle,

décorati la quatrième, que Mansart construisit en 1681.

On y retrouve en effet les figures d’anges, les colonnes et les pilastres. L'intérieur en est connu par la peinture d'Antoine Pezay estampes. Les peintures en furent confiées à Le Brun,

qui a été gravée, et par plusieurs

qui projeta pour le plafond une grande composition intitulée : Le Triomphe de la Croix. Cette Chapelle occupa l’espace qui séparait alors le Château de Le Vau du petit bâtiment de la grotte de Théthys et qui est

aujourd'hui, au rez-de-chaussée, le passage des jardins,

et, au premier étage, le salon d'Hercule.

Au mois de mai 1682, l'archevêque de Paris vint

bénir avec la plus grande solennité la Chapelle, qui fut

édiée à saint Louis, roi de France. Son caractère provisoire est indiqué par le compte-rendu que fit de la cérémonie le Mercure Galant, pour mettre en lumière les XIV : « Le dessein de ce mo-

narque a toujours été que la Chapelle de Versailles fût

intentions pieuses de Louis

le lieu le plus magnifique de ce somptueux et brillant

palais; et, comme un ouvrage d’une parfaite beauté ne peut s'achever en peu d'années, et qu'il a toujours fait

voir que rien ne lui coûte, lorsqu'il s'agit de faire éclater

,ila bien voulu en faire construire une autre, qui

passera toujours pour très belle, et qui, cependant, ne

sera que la nef de celle à laquelle il a ordonné qu'on tra-

vaillât ». On voit qu'à ce moment, le projet de la Chapelle définitive était arrêté, mais que l'emplacement n'était pas encore fixé avec certitude.

La Cour s’habituait si bien à se servir de la Chapelle

provisoire de 1682, qu'on pouvait croire que Louis XIV n'exécuterait pas son dessein. Madame de Maintenon elle-même essayait de l'en dissuader. Un témoin véridique JE Elle a fait

tout ce qu'elle a pu pour s'opposer à la chapelle magni-

de sa vie, M'e d'Aumale, le rapporte ainsi :

fique que le Roi fit faire à Versailles, parce que la misère des peuples était grande dans ce temps-là et qu'elle croyait aussi que Versailles, dans la suite, ne serait plus

le séjour de la Cour. » Les onnables dispositions de

and Roi se heurtèrent une fois de plus à

l'épouse du l'habile tenacité de Mansart.

Dès la fin de 1698, au moment même où le Premier

Architecte va être appelé aux fonctions de Surintendant des Bâtiments, la construction de la Chapelle est reprise sur un plan nouveau. Dangeau écrit, le 22 décembre

« Le Roi veut achever de bâtir la grande Chapelle qui est ici, et on commencera lundi à mettre les ouvriers en besogne. On change quelque chose au premier dessein qu’on avait fait et on abattra une partie de ce qu'il y avait

». Un état de dépenses précise ces indications :

de bâti « Les fondations de la Chapelle, faites dans l'année 1689, montent à la somme de 19.175 livres 10 sols. Les murs et piliers au-dessus de la dite fondation, qui n'ont point servi el qui ont élé démolis, montent à la somme de 31.680 livres » [manuscrit de la collection de M. Henri Grosseuvre).

changement

La Martinière explique l'importance du Ce monument de la piété de Louis XIV,

élevé avec des massifs de pierre, pour être

fut d'abord

entièrement revêtu de marbre jusqu'à la voûte; on en

avait fait une forte provision; les colonnes devaient être pareillement en marbre. Le Roï, au mois de mars 1699, fit réflexion qu'un bâtiment en marbre causerait une trop il fit démolir ce que l'on avait commencé, pour la construire

grande fraîcheur et une trop grande humidité;

dans l’état où on la voit aujourd'hui. On choisit pour cet effet la pierre de taille la plus blanche et la plus pleine, afin d’en bien traiter toute l'architecture et les ornements

de sculpture dont elle est si magni

quement ornée ».

Mansart fit déposer sur la grande place les provisions de matériaux. On trouve, en avril 1699, l'ordre suivant : « le Roi a ordonné de faire ranger les pierres qui ont été amenées pour la construction de la Chapelle, le long de

la chaussée de pavés de la grande place au-devant des

Ecuries, et de ne point décharger les dites pierres au moins qu'à douze pieds du pavé de la dite chaussée. {Archives nationales, O'1809, Registre des ordres du Roi).

Les entrepreneurs de maçonnerie reçoivent €

).000 livres,

dès cette première année, 122.000 l'année suivante. Dès

lors les travaux sont régulièrement poussés. En ile

gros œuvre est fini, et l'on commence à sculpter les cha-

piteaux; en 1704. les ornemanistes font les roses et

modillons de la grande corniche intérieure, ainsi que les

les ornements de plomb pour le comble, qui sont dorés en 1707. C’est en

gargouilles; en 1705, sont entrepri

1707 qu'appara

ssent les grandes sculptures décoratives qui couvriront d'œuvres d'art tout l'édifice; ce sont d'abord les figures de saints posées sur la balustrade des combles, qui sont exécutées en pierre d'Augy et de Tonnerre ; puis les groupes d'enfants portant des attributs religieux qui sont sculptés à l'extérieur, sur les archivoltes des fenêtres, enfin les

bas-reliefs et les « trophées

intérieurs.

On ne peut admirer les vingt-huit statu

glise », qui revêtent les deux étages

de trois

mètres de haut, « médiocres imitations, écrit M. André ’ératé, de celles qui gesticulent assez ridiculement aux frontons des églises romaines, décorées par Bernin et ses

élèves ; ce n'est que du mauvais Bernin, cet assemblage

longues silhouettes, aux draperies flottantes, que des

barres de fer maintiennent debout en un périlleux équi-

ibre». Il faut cependant les énumérer ici. Ce sont, à par-

tir de l'entrée des jardins : saint Thomas et «

aint Jacques e Mineur, par Magnier; saint Jacques le Majeur et saint André, par Théodon; saint Paul et saint Pierre, par me et saint Augustin, par Guillaume Coustou; saint Grégoire et saint Ambroise, par Pierre

Poirier; saint Jér

-e Pautre; les quatre Évangélistes placés au chevet, par int Athanase, par Poulletier;

saint Chrysostome (ou saint Irénée, d'après les Comptes),

Van Clève; saint Basile et «

par Flament; saint Grégoire de Naziance (ou saint Cyrille, les Comptes), par Hurtrel; saint Philippe et saint Barthélemy, par Flament; saint Simon et Jude par emoyne; saint Barnabé, par Bourdict; saint Mathias,

d'aprè

par Lapierre. Au-dessus d

la partie en saillie, qui -de-chaussée la Chapelle dédiée à s

int -ouis, et, à l'étage de la tribune, la chapelle de la Vierge, la Foi, par Slodtz; la ustice, par Granier; la Charité, par Le Lorrain; la Reli-

contient au re

sont quatre Vertus chrétiennes

gion, par Barrois. Parmi les quelques noms nouveaux

qu'apporte cette liste d'artistes, il faut remarquer celui

de Guillaume Coustou, « le petit Coustou », comme on

sait alors, qui était revenu de Rome pour prendre place à côté de son aîné et participer aux commandes royales. Guillaume Coustou, qui exécute avec son frère le XIII à Notre-Dame de Paris, a pris une part considérable aux travaux de la Chapelle. Outre ses ouvrages de l'intérieur, on lui confie, sur le tympan de la

roupe

du Vœude Louis

façade visible des jardins, deux figures à demi-couchées,

en pier représentant la Foi et la Religion, et aux deux

extrémités de l’arête du comble, ornementée de plomb,

sont posés deux charmants groupes d’anges, également

en plomb, faits en commun en 1707 par Le Pautre et Guillaume Coustou, payés8oolivres (Comptes, t.v,col.412). Cette profusion de sculpture extérieure rappelle, de façon assez inattendue, un des principes de l’art religieux du moyen âge, dont toute la construction semble si évidemment s'éloigner.

L'ar et Saint-S horrible exhaussement par dessus le Château », que

hitecture extérieure a été maintes fois critiquée,

imon exprime son opinion avec âpreté sur « cet

Mansart n'aurait fait selon lui que « par artifice » et

à élever tout le Château

« pour forcer, par cette difformité d'un étage ». « La Chapelle qui écrase le Château, répète-

-il ailleurs, parce que Mansart voulait engager le Roi à

tout élever d'un étage, a de partout la triste représentation d’un immense catafalque ». Le comble de la Chapelle

en effet, sensiblement les toits de Versailles, et

dépasse, se fût montré moins apparent avec de grands combles dont Mansart projetait de revêtir le Château sur toute sa longueur; mais les lignes n'ont rien de disgracieux et

elles étaient encore plus satisfaisante

. lorsqu'au milieu des plombs dorés, qui ornaient le faîte de la toiture, se

dressait l’élégante lanterne, également dorée, qu'on fut

obligé de détruire à la fin du règne de Louis XV {voir les rapports de M. de Marigny et de son service, au cours de 1765, publiés par P. de Nolhac, le Château de Ver-

sailles sous Louis XV, Paris, 1898, p. 235-237). Au reste,

la Chapelle n’a pas été construite pour l'effet du dehors,

et c'est de l'intérieur qu'il convient de la juger. L'intérieur de la Chapelle est

somptuosité décorative ; les délicates sculptures dont la

d'une parfaite

blanche pierre est revêtue ne laissent point regretter

qu'on ait renoncé à l'usage du marbre, que le Roi souhaita d'abord, et qui se füt harmonisé plus richement avec les peintures des voûtes et les compartiments de couleur du pavé. Pour être plus rare, l'effet n'en est pas moins heureux. On entre dans un vaisseau clair, où la lumière pénètre largement par les vitraux et vient jouer sur les cannelures des légères colonnes et les reliefs partout ménagés dans la pierre. L'or, réservé aux balustres des tribunes, conduit l'œil aux bas-reliefs dorés, qui avoisinent l'autel et en accompagnent la magnificence. L'excellence de la décoration sculpturale est telle qu'on oublie d’abord les peintures et qu'on ne lève les yeux que plus tard, après avoir payé son tribut aux ornemanistes et aux statuaires.

Deux grandes séries de sculpture sont à distinguer

dans cet ensemble. Entre les archivoltes des arcades de la nef, des anges tiennent les instruments de la Passion et d’autres emblèmes religieux; c’est la partie la plus originale de la décoration de la Chapelle et, malgré la variété des motifs, l'unité du style indique bien à quel point les traditions du temps de Le Brun se

Chaque artiste a subordonné pleinement

nt conservées.

sa manière personnelle à l'effet d'ensemble. Nous avons d'anciennes attributions des importants bas-reliefs, dont les auteurs sont, pour les anges de droite, Bertrand, Dumont, Cornu, Poulletier, Guillaume Coustou; pour les anges de gauche, Frémin, Lemoyne, Magnier, Van Clève. Les « trophées ise », d'un groupement si ingénieux, qui ornent de

Le Lorrain, Thierry,

Lapierre, Le Pautre, Poirier,

reliefs

à peine saillants les quatre faces des piliers

a ont dus en partie aux mêmes artistes et à

quelques autres, dont Vassé, Cayot et Du Goulon.

Les archivoltes des vitraux portent une série de figures de Vertus en haut-relief, assises deux par deux, qu'il faut voir des tribunes et dont les auteurs sont conla Charité et la ion, par Le Lorrain; le Secret et la Patience, par er; l'Humi-

lité et la Sagesse, par Lapierre; la Modération et la Mor-

Ce sont, dans la tribune de droite :

Bertrand; la Prudence et la Justice, par Poi

tification, par Frémin; dans la tribune du chevet : la Libé-

ralité chrétienne et le Zèle, par Le Lorrain; la Clémence et la Miséricorde, par Slodtz; cachées par le buffet d'orgues, la Vigilance et la Persévérance, par Thierry; l'Adoration et la Contem- Piété et l'Obé par la Modestie et la Pureté, par Le Pautre; la P

dans la tribune de gauche :

plation, par Magnier; la

ance

Lemoyne Temp par Foi, par Guillaume Coustou. La tribune du chevet est ornée, outre ses hauts-reliefs, de six grandes chutes de

ance et la Fo oulletier; l'Espérance et la

trophées d'église et de six autres motifs de lauriers et de palmiers. La tribune du Roi, qui fait face au maïître-

autel, est entièrement déco

e de sculptures. Au-dessus de la porte centrale, par où entrait le Roi, sont les armes de France, tenues par des anges, œuvre de Magnier, et au-dessus des deux fausses portes de côté, qui semblent s'ouvrir sur les escaliers à vis, sont deux grands basreliefs de composition pittoresque un peu chargée, la Temple, par Poirier; Jésus dans le Temple, instruisant les docteurs de la Loi, par Guillaume

Présentation au

Coustou (sur les travaux de la tribune, v. Comples, t. V,

214, 216, 21 Dans les entrepilastres de la tribune

reparaissent les trophées d , des cassolettes et des

groupes de chérubins.

Fig. 13. — Le clocher de la Chapelle, contre le coté nord du chevet.

Le bronze participe à cette décoration sculpturale. Le maître-autel, de marbre et bronze doré, est surmonté

d'une « Gloire céleste » adorée par les anges et les chéru-

bins, et le bas-relief du retable représente la scène

suprême du drame de la Passion, Jésus mort sur les

genoux de la Vierge. Toute cette sculpture est d’un seul Van Clève (Eloge de Van Clève, par le comte de Caylus, Mémoires inédits, t. Il, p. 78; Comptes, t. V, 526;

Ta

maître,

Deshairs, L. e.. p. 32). Les autels du Saint-Sacrement et de sainte Thérèse sont décorés de bronzes par Le Pautre, Chauveau, Hoffement. A l'autel dédié à saint Louis, les ouvrages de bronze sont de Rousseau de Corbeil. À la chapelle de la Vierge et aux cinq petits autels des bascôtés, les bronzes sont dus à Vassé, Thierry, Cayot et Desjardins (paiements des années 1709 et 1710, Comptes, 532). Ces autels tiennent bien, par leur construction, à l'époque Louis XIV;

de Ve hu ne

appar-

toutefois, les plus importantes sculptures qui les décorent et qui sont précisément des bas-reliefs de bronze, y ont

été ajoutées sous Louis XV. L'histoire de ces intéressantes

œuvres d'art a été reconstituée récemment de la façon

la plus complète, par M. Léon Deshairs, dans une étude à laquelle le lecteur doit être renvoyé (/es Bas-reliefs des petits aulels de la chapelle de Versailles, Revue de l'art 17). On y verra dans cellents artistes d’une

ancien el moderne, 1906, t. XIX, p. :

éné-

quelles circonstances d’e

ration nouvelle, Bouchardon, les Adam, les Slodtz, etc. ont été appelés à placer leurs ouvrages dans la Chapelle du Grand Roï, comme pour achever d'en faire un musée admirablement varié de la sculpture française.

uissent, à côté

Les peintures de la Chapelle nous pa de l’œuvre d

sculpteurs, d'un attrait bien secondaire.

cle qui les vit exécuter n’en jugeait point ainsi, et

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