‹ La Charente révolutionnaire. t.1. IntroductionChapitre 18 sur 71 · COGNAC XXJ · texte numérisé non relu

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seigneur. L'allégresse vive et naïve de tout un peuple

a des droits sur un cœur sensible et vertueux. Ce prince ' serait infiniment touché des démonstrations d amour et de respect qui éclatent dans les villes comme dans les campagnes^ depuis que M. de Beaumout est dans ce pays-ci. J*en ai été encore témoin dimanche à Bouleville, où j*ai eu l'honneur de l'accompagner. Il n'est pas possible^ Monseigneur^ que le prince se refuse au voeu général^ ni que vous lui laissiez enlever le plus beau tleuron de son apanage. Le clergé^ la noblesse^ la bourgeoisie et le peuple réclament unanimement contre l'échange. Leur résolution à s'y opposer de toutes leurs forces ne permet pas à M. de La Vauguyon de penser à le maintenir. Je suis convaincu que pour peu que vous fassiez faire de mouvements auprès de lui^ il sera bien aise de saisir cette occasion de faire à Monseigneur le sacrifice de ses prétentions. Le traité qu'il a fait avec le roi est si choquant^ et la contestation dont il est menacé serait si éclatante et si peu agréable pour lui^ qu'il ne peut pas faire autrement. C'est là^ Monseigneur^ la façon de penser que nous avons généralement ici. M. Elie de Beauniont, renfermé dans les bornes de l'impartialité qu'il s'est prescrite, est sollicité, pressé, je dirai même importuné journellement sur cet article. 11 a de la peine à contenir Pardeur et l'impatience de nos citoyens. Ëh! comment serait-il possible qu'il en fut autrement? Ses manières affables, son attention à éteindre les divisions qui régnaient ici et à aller au-devant de tout ce qui peut intéresser le particulier comme le

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public, lui ont dans i instant gagné tous les cœurs. Son zèle s'étend h tout. Je fais même de mon mieux pour que sa santé n'en soit pas dérangée, et lui procure autant qiill est en moi les facilités et les secours qui lui sont nécessaires pour accélérer ses opérations. Ce que je fais dans ce moment, je l'ai fait dès k s [jremiers jours de concert avec M. Fé^ lieutenant général de ce siège, et je continuerai de le faire. Je me trouve trop heureux d'avoir une occasion comme celle-ci pour témoigner au prince mon zèle et mon entier dévoue* ment, et à vous^ Monseigneur^ le désir que J ai de mériter vos bontés et votre protection. — Je suis^ etc.^ Bertrand de Puyraimond, receveur des tailles et subdélégué. »

SAINTE-FOI. — Lettre de M. Amelot à MM, les ofltciers du baUliage de Cognac* £n marge est écrit : « Sera» comme l'a désiré M. de Sainte-Foi^ datée du 8 novembre 1777. Elle partira le même jour. »

« Le roi a, par un arrêt de son conseil du mois dernier, proscrit les oppositions faites à l'acte d'échange du 1*' juin 1772 et au contrat de rétrocession du 3 1 j uillet 1775. Lorsqu'il a été rendu compte à Sa Majesté des circonstances de cette affaire^ elle a reconnu que les deux délibérations des 1**^ mars et 8 juillet 1776 avaient été prises dans des assemblées d'habitants tenues en Tauditoire de votre siège et présidées par l'un de vous. Une disposition de l'arrêt du l i du mois , dernier a déclai é ces délibérations nulles comme faites $ans qualité ni droit Elles pouvaient d'ailleurs d*au-

tant mains subsister que les assemblées ou elles ont été prises étaient irrégulières et contraires aux règlements

d'après lesquels les assemblées des communautés d'habitants ne doivent sous aucun prétexte être tenues ailleurs qu'en Tliôtel commun et ne peuvent être présidées que par les oâiciers municipaux. Sa Majesté m'a chargé de yous faire à cet égard les reproches que vous méritez, de vous défendre très expressément de provoquer ou de tenir à lavenir de pareilles assemblées et de vous prévenir que si vous y contreveniez, elle vous ferait éprouver les effets de son mécontentement. »

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