SCÈNE X
JACQUET, PERRIN E, BERNARD (sous la tonnelle).
PERRINE (arrêtant Jacquet dans sa course).
Eh bien! Eh bien! (Elle le prend par l’oreille et l’amène sur le devant de la scène.) Comment, Jacquet! (A part.) Qu’est-ce que je disais! une fois la sorcellerie éventée, tout le monde court après Nicette
(Haut.) C’est toi qui voulais embrasse-r ma nièce?...
* JACQUET (exalté) .
Eh bien! oui, là ! Eh bien! oui !
LA CHARUBtrSB.
PERRINE
Es-tu fou?
Oui, fou à lier parce que
PERRINE
Voyons !
JACQUET
Parce que je sais.... parce que.
[lias.) Oh 1 je
n’oserai jamais — (Haut.) parce que..... vous en
aimez un autre
raRRINE (éclatant de rire). <
Ha! ha! ha!
JACQUET
Oui, dites le contraire!... Vous voulez vous marier
avec ce petit gringalet de Lucien qui vous aime
aussi
BERNARD (qui a tout écouté).
Hein! qtl’est-ce que j’entends là? .
JACQUET
Vous croyez peut-être que je n’ai pas entendu ce que vous disiez ici tantôt : que vous étiez riche, qu’il était gentil, que vous auriez une belle dot, et lui aussi; et puis, que ça serait pour demain, ou bien
même pour ce soir, et puis et puis, que vous
, vous chargiez d’enjôler son oncle pour qu’il con- S6ntc>
-BERNARD (à part).
J’arrive à propos
JACQUET
Et puis, que vous faisiez votre affaire du bonhomme.
BERNARD
Du bonhomme !
JACQUET
Oui, du bonhomme ! et puis,., qu’il était aussi bête que moi.
BERNARD
Ah! vraiment?
JACQUET
Et puis, un tas de choses qui venaient comme ça l’une après l’autre me bouleverser, me bombarder
LA CHARMEUSB.
mon pauvre cœui , à ce point que je ne sais pas
comment je peux encore me tenir sur les jambes
aussi vous verrez!
PERRINK(àpart).
Pauvre garçon! [Haut.) Tues un grand nigaud, c’est tout ce que j’ai à te répondre.
BERNARD
Elle ne se défend pas.
PERRINEi
Va-t’en vite à ta besogne, entends-tu? descends
un peu à la cave pour te rafraîchir les sens
après, l'on verra si l’on doit te dire quelque chose. [Elle le pousse par les épaules jusqu’à la porte du cabarets)