PERRINE, NICETTE
PERRINE
Allons ! encore là, l’œil en l’air, les bras croisés, et soupirant, oli! soupirant!
NICETTE
Mais non, ma tante 1 .
PERRINE
Mais non.. . c’est que tu tousses peut-être? Avec ça que je ne m’y connais pas. Si tous ces soupirs-là sont, comme je le pense, pour le cher Lucien. .. . . NICETTE (étonnée).
Comment ?....
Tu as le temps d’en pousser à ton aise : il ne viendra que ce soir
NICETTE (à part) .
Qui lui a dit!
PERRINE
Nous le verrons donc, à notre tour, ce beau jeune homme
NICETTE
Mais, ma tante
PERRINE
Eh bien ! oui, nous le verrons ; et, s’il me plaît.. . . n vous mariera
NICETTE. '
Vraiment? .
PERRINE
Est-ce que j’ai l’habitude de mentir?
NICETTE (gaiement).
Non, ma tante, au contraire..... mais c’est que
PERRINE (l’imitant).
C’est que. . . et son oncle , M. Bernard , est-ce que tu crois que je ne sais pas qu’il doit venir aussi ?
NICETTE
C’est vrai!. .. {A part.) Elle les connaît tous. PERRINE.
Ah! je ne suis pas une devineuse, une sorcière, comme on disait que l’était feu ta mère, ma belle-
sœur, .... ■' '
NICETTE
Quoi! l’on disait?
. . PERRINE (à part) .
Pauvre fille I si elle savait que j’ai fait croire aussi qu’elle tient de sa mère..,. (Haut.) Eh non, je ne suis pas une conteuse de bonne aventure, mais, malgré ça, . . je sais tout.
NICETTE
Je le vois bien, ma tante. . . (Finement.) cependant, à propos de monsieur Bernard, vous vous êtes un peu trompée. .. .
PERRINE
Comment?
NICETTE
Vous dites qji’il doit venir. ... et il est venu. ; PERRINE.
Quand? ....
NICETTE
Tout à l’heure !
Tu l’as vu?
NICETTE
Oui.
PERRINE
Tu lui as parlé 1 ' .
LA CHARMEUSK.
Non
NICETTK.
PERRINE
Tant mieux! Tu aurais pu tout gâter. Je le connais, il faut être bien gentille avec lui
NICETTE
Dame T ma tante, j’aurais fait de mon mieux!