AVANT-PROPOS
Nous n’avons jamais désiré occuper de nous le public, et il ignorerait encore notre nom, si les défenseurs de l’Université n’avaient opposé notre demi-anonyme , comme une fin de non-recevoir, aux accusations portées contre elle par le Monopole universitaire destructeur de la Religion et des lois que nous avons publié. Le succès de l’œuvre à laquelle nous nous étions dé-
voué pouvant être arrêté ou compromis , nous nous sommes nommé.
Mais dès lors il importait à notre caractère et à notre honneur, comme à celui du corps auquel nous appartenons, quelque étranger qu’il soit à notre livre, que la droiture de nos intentions et notre bonne foi fussent démontrées aux yeux de tous. Nous livrons donc cette défense au public.
Qu’il nous soit permis ici d’exprimer en particulier à Monseigneur l’Evèque de Chartres notre vive et profonde reconnaissance pour le courage avec lequel il a pris la défense d’un livre que les clameurs de l’Université avaient presque réussi à faire passer pour compromettant.
On aura beau vouloir dénaturer nos intentions, nous ne nous lasserons pas de répéter que ce que nous demandons avec tous les catholiques de France , c’est la liberté pour tous et non la licence contre laquelle les lois sont toujours armées , la liberté , par conséquent, d’élever chrétiennement les enfants catholiques, de les confier à des maîtres qui aient la confiance des parents et des Evêques : cette liberté est incompatible avec le monopole ; voilà pourquoi nous
en demandons l’abolition. Depuis longues années le monopole est exploité au profit d’une philosophie antichrétienne ; et c’est une raison de plus pour insister. Voilà notre thèse, et nous protestons hautement contre toutes les intentions ultérieures qu’on voudrait nous prêter.
Les premières pages de cet écrit expliqueront au lecteur et le plan de notre défense , et pourquoi elle n’a pas paru plus tôt.
Lyon , le 26 octobre 1 843 . '
N. DESGARETS ,