‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 46 sur 46 · DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE CHARTRES · texte numérisé non relu

DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE CHARTRES

Monsieur le Rédacteur ,

Distrait par une longue visite pastorale et par d’autres incidents de l'attention que notre zèle pour la foi doit nous faire prendre à tout ce qui la menace et tend à sa ruine , je ne savais presque rien , depuis quelques mois , de ce qui se passait à ce sujet. Rentré dans ma situation ordinaire , je me suis hâté de remplir ce vide que les circonstances et des devoirs pressants avaient laissé dans mon esprit. J’ai appris des choses bien propres à étonner dans un temps où rien ne peut surprendre. Voici quelques réflexions que cette connaissance m'a inspirées.

On peut bien le penser , mon premier soin a été de lire le fameux livre intitulé : Des Jésuites, livre annoncé avec fracas , et dont la bruyante émission dans le public avait été évidemment arrêtée dans des conseils secrets réunis dans la vue de remédier par un expédient nouveau à des embarras dont on désespérait de se tirer par une autre voie. Comment , en effet, expliquer ce qui s'est passé au Collège de France? Comment deux professeurs dont les leçons doivent rouler sur des sujets tout différents , se seraient-ils rencontrés à point nommé et par un pur effet du hasard dans cette explosion d’injures, d'accusations haineuses et violentes contre un petit nombre de prêtres qui n’excitaient aucune plainte? Aujourd’hui tout se sait; le plus léger mouvement qui se fait dans un coin de la France retentit à l’instant même dans toutes ses parties , soit par la rapidité des voyages , soit par la circulation des journaux , échos instantanés de la renommée , qui n’eut jamais des interprètes si minutieux et si fidèles. Or, a-l-on appris de quelque lieu de ce royaume que je moindre trouble y ait été causé par les Jésuites ? Ni la magistrature ,

ni les pères de famille, ni les grands, ni le peuple n’articulent aucun grief contre eux. Et, voilà que tout à coup, deux célèbres universitaires se mettent à crier avec un emportement inouï contre ces prêtres; ils mettent en émoi tout le quartier latin , et presque tout Paris ; ils ameutent la jeunesse qui entoure leurs chaires contre les Jésuites ; ils les désignent à sa haine et presque à sa fureur , comme ils auraient pu faire contre un monstre qui serait sorti inopinément de dessous terre, et qui aurait menacé de ravager , de désoler toute la France.

Ce contraste entre le vide ou l’indigence du sujet et de l’échafaudage d'accusations énormes , d’outrages sanglants , de faussetés notoires , qu’on a bâti sur un fonds si mince, je dirai presque si imperceptible, n’est pas dans l’ordre naturel des choses. Il est visible qu’il y a eu concert et préméditation. Pourquoi donc cette détonation subite des foudres académiques les plus retentissantes, dont on a tout à coup assourdi la France? Il est aisé de le dire. On a voulu détourner l’attention publique des écrits mis au jour par les défenseurs de la foi chrétienne, contre l’enseignement de l’Université , et surtout de l’impression profonde et universelle que faisait l’ouvrage d’un chanoine de Lyon. Non, tout ce bruit , tout cet éclat n’ont été qu’un stratagème , qu’une ruse de guerre. Ce qui été jusqu’au moindre doute à ce sujet , c’est que ce débordement d’insultes et d’imputations complètement mensongères n’aboutit à aucune conclusion pratique, à aucune mesure qui puisse se réaliser. Car que veulent-ils, ces ennemis si implacablcset si acharnés des Jésuites? Quoi! qu’on les emprisonne, qu’on les chasse, qu’on les tue ! Mais la Charte n’cst-elle pas là pour les défendre? Les écrivains impies du dernier siècle parvinrent à les accabler, mais comment? D’Alembert nous l’explique. Voici ses termes : C’eut proprement la philosophie ( la secte voitairicnne ) qui , par la bouche des magistrats , a porté l’arrêt contre les Jésuites (1). Les incrédules de nos jours sont pénétrés de la même haine que leurs prédécesseurs et leurs maîtres contre les Jésuites , sous le nom desquels ils attaquent incontestablement tout le clergé. Mais ils n’auront pas la même joie. Je le répète, la Charte est là ; et d’ailleurs c’est en vain qu’ils cherchent à réchauffer des passions éteintes au fond des cœurs, à renouer les fils, à remettre en jeu les ressorts d’une comédie qui , une fois jouée avec succès , n’a plus rien à attendre , du moins après les premiers moments de surprise, que le dégoût, l’indignation et les sifflets.

(I) [>e la suppression des JCsuilesen France, p. 192.

Mais arrêtons-nous, laissons nos adversaires se démêler comme ils pourront de leur guerre contre les Jésuites. Pour nous , nous n’avons garde de donner dans le piège qu’ils nous tendent , en nous attirant sur un champ de bataille où se viderait une querelle sans objet, et où nous perdrions de vue l’intérêt immense qui nous occupe seul à l’heure qu’il est. Nous nous bornerons seulement à recueillir les lumières que donne aux plus prévenus la tactique nouvelle que l’incrédulité vient de mettre en oeuvre. Se voiler , s’effacer à propos et surtout faire des diversions qui jettent bien loin des questions en litige : voilà ses manœuvres et ses ressources quand elle est en détresse. On vient de voir un exemple frappant et très-instructif île ce dernier artifice.

Nous aviôns rapporté ces paroles du chefde l’éclectisme : Dieu est tout à la fins-Dieu, nature et humanité (1) ; ce qui est la profession du panthéisme la plus crue , la plus significative et la plus forte qu’on ait jamais proférée. Qu’a-t-on répondu? Qu’il y avait en France des Jésuites, et que nous , membres du clergé , étions leurs serfs et hommes liges , fable aussi injurieuse qu'absurde. Nous avions dit que le même écrivain déclarait que la raison humaine était le Verbe fait chair , Dieu et homme tout ensemble (2); doctrine qui fait supplanter Jésus-Christ par la raison, et la foi chrétienne par le déisme le plus orgueilleux et le plus outré. On nous a répondu que Clément XIV avait supprimé les Jésuites ( mesure que Pie VII a depuis révoquée), et que les Exercices spirituels de saint Ignace contenaient de fort mauvaises choses (3). Nous avions avancé qu’on lisait en toutes lettres dans un livre de M. Jouffroy ( livre adopté par l'Université ) ces assertions désastreuses concernant la spiritualité de l’àme : Cette question est prématurée ; il faut donc laisser dormir encore quelque temps ce problème , la science n’est pas en mesure pour l’aborder (4j. A ces citations d’une clarté qui ne laisse aucun nuage , on n’a pu opposer que des évasions pitoyables. Il fallait masquer le faible évident de ces réponses ; on a usé de l’expédient convenu ; on a jeté sur la scène un jésuite pour donner le change aux esprits par cette apparition effrayante.

Voilà les illusions par lesquelles on cherche à fourvoyer les intelligences crédules. Instruit depuis longtemps de ces manèges et en garde

(I) Frag. [Hvf. delà trBedit. , reproduite dans la 5' édition , toin. Ier, p. 70.

(2} Frag. prèf. de la ItBedil. , reproduite dans la 3mB (Mit., p. 78.

(5) Saint François de Sales disait que ce livre des Exercices’ avait converti autant d'ames plongera dans le vice qu’il contenait de lettres.

(I) Esquisses de philosophie morale , prèf. de la traduct. , page CXXXVI.

contre leurs effets , nous poursuivrons fidèlement notre tâche , et nous remarquerons ici un fait récent , qui est une espèce de révélation de la plus haute importance. Oui , malgré quelques démonstrations contraires , l’Université vient de dévoiler le dessein bien arrêté de persévérer dans l’enseignement d’une philosophie aussi outrageante pour la grandeur divine que fatale au bonheur de l’humanité. Qui n’a su en dernier lieu , par les journaux , que le corps enseignant avait reçu solennellement dans son sein , et agrégé pour les classes de philosophie , un homme qui, peu de mois auparavant , avait imprimé ce qui suit : Un Dieu infini ne peut ni s’incarner ni envoyer des prophètes, ni s’irriter , ni même sortir de son immobilité éternelle pour créer le monde ; c'est du reste un Dieu qu'on ne fléchit ni par la prière , ni par les jeûnes , ni par les martyres ; il est inaccessible à toutes les formalités des cultes , et quelles que soient notre vie ou notre croyance , nous ne pouvons pas vivre sans vivre en Dieu (1), On ne pouvait pas présenter plus exactement , resserrés dans un petit espace, tous les poisons de la philosophie universitaire , à laquelle il a d’ailleurs déclaré qu’il était inviolablement fidèle.

Et l’on s’irrite ( remarquons-le en passant ) de ce que nous , ministres de Dieu , défendons la cause de Dieu , et il est des hommes qui entrent en fureur quand nous , dépositaires de l’Evangile immortel , et de ce sang qui purifie les âmes et garantit leur éternel bonheur , nous maintenons la divinité du Sauveur adorable qui a versé ce sang et nous efforçons de faire participer tous les hommes il ses miséricordes ! Nous sommes pasteurs de l’Eglise catholique , et l’on veut que nous nous joignions à ses ennemis , et l’on nous blâme de ne pas prêter nos mains et nos voix à l’œuvre d’avilissement , de diffamation et de ruine qui a pour but de faire disparaître cette religion de nos contrées , et si l’on pouvait , du monde entier.

Nous l'affirmons hautement; l’enseignement philosophique dont nous (tarions ici est une plaie d’une malignité et d’une profondeur incalculables. Et qu’on ne dise pas que ces funestes doctrines ne peuvent égarer que les esprits cultivés et les classes supérieures ( ce serait déjà un mal très-effrayant ). Cette vue serait très-courte et très-fausse. Ces maximes destructives de toute foi et de toute morale descendent dans tous les -rangs ; des hommes plus ou moins instruits , que leurs professions mel-

(I) Essai sur If principe rl tes limites de ta philosophie de l' histoire , p. 320.

tent en rapport avec le peuple , les sèment de tous crttés à pleines mains. Ce peuple , si intelligent pour tout ce qui flatte et déchaîne ses passions , n’entend rien aux principes faux et subtils d’où ces doctrines émanent; mais il en recueille les résultats, les met en pratique, et l’application vio* lente et brutale qu’il en fait peut mettre en feu toute la société.

Ne nous lassons point d’exprimer notre douleur et notre effroi au sujet d’une autre branche de l’enseignement public. Quoi de plus menaçant pour l’avenir que ces cours et ces livres d’histoire qu’on fait suivre ou qu’on lit dans les collèges depuis la sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement ; livres et cours qui ne sont en général qu’un ramas de démentis effrontés donnés aux historiens les plus graves et les plus instruits ; de sarcasmes sanglants contre les papes, contre les prêtres, contre la religion catholique ; d’insultes qui ne tendent qu’à couvrir de honte nos ancêtres et les générations précédentes , dont quelques-unes ont été si fertiles en grands hommes dignes de tout notre respect ; en un mot , de récits menteurs ou exagérés qui ne peuvent avoir d’autre effet que d’aveugler, de pervertir, de perdre sans ressource notre jeunesse.

C'est ce que prouve jusqu’à l’évidence l’ouvrage de M. Dcsgarets, recueil immense et très-bien fait, où des citations fidèles sont accompagnées de réflexions judicieuses qui supposent beaucoup de recherches et décèlent un savoir étendu et varié. Ce livre ne saurait être trop consulté, trop lu par nos évêques , par les pères de famille , par tous les hommes qui désirent connaître la vérité sur un sujet lequel est pour la France une question de vie ou de mort. Je regrette vivement de ne pouvoir m’unir au désaveu que fait de ce livre un illustre Prélat, pour lequel je n’ai que respect et affection. Il pense que M. Dcsgarets a fait des citations dont l’exactitude matérielle ne garantit pas toujours l'exactitude quant au sens. Mais qu’il me soit permis d’observer ici que . dans un débat où l’on allègue mille griefs ou mille raisons contre un adversaire , lors même que parmi ces raisons et ces griefs il y en aurait cinquante ou même cent de mal assurés et d’incomplets ( ce qui n’a pas lieu ici ) , il suffit qu’il y en ait neuf cents qui l’accablent et le condamnent d’une manière péremptoire. De plus , le même Prélat juge que St. le Chanoine de I.yon a mis dans ses censures une vivacité et une amertume peu chrétiennes; mais , outre qu’il n’y a point de termes de mépris que ne prodiguent au clergé les écrivains universitaires, il s’agit ici de pourvoir au plus grand de tous les intérêts; et , pour me servir de cet exemple : Si un particulier généreux a sauvé la vie à un homme , ira-t-on lui reprocher d’avoir repoussé l’agresseur par des mouvements trop brusques et avec trop d’incivilité et de rudesse? Les défenseurs ardents du monopole ont fait grand bruit de ce jugement du pieux et savant Archevêque , et ils s’en sont hautement prévalus comme d’une décision presque souveraine et sans appel.

Mais rien de plus vain que ce triomphe. Ils ignorent les lois de notre institution divine. Une prééminence honorifique n’y entraine point une supériorité quant à l’enseignement. L’Eglise de France ne connaît point de dictateur ni de patriarche, et l’autorité doctrinale de tous les premiers pasteurs y est absolument la même. Je n’ai tracé qu’avec douleur ces dernières lignes ; mais ce qui adoucit ma peine , c’est que saint Pierre souffrit d’être repris par son inférieur, et que cette condescendance ne fit qu’ajouter à sa gloire.

Je ne puis passer sons silence deux traits fort remarquables que j’ai rencontrés dans mes dernières lectures. Les apologistes du corps enseignant cherchent à nous effrayer par des menaces qui prouvent qu’ils ne savent point à quel esprit nous appartenons (1). Le plus dévoué d’entre eux regrette que deux têtes, qui devaient, suivant lui, être frappées en juillet , l’une ( par laquelle il désigne le clergé ) ait glissé dans les mains de la justice populaire. C'est-à-dire qu’il aurait voulu que cette tête, blanchie par tant d’utiles travaux , et garantie , ce semble , par le respect des siècles, tombât sous les coups d’une haine aveugle et sanguinaire. C’est ainsi que ce journaliste , qui déclarait, il y a deux ans, qu’il n’était occupé que de choses légères, de romans et d’actrices, a dévoilé ses vrais sentiments , et qu’il a échangé l’enjouement de son langage contre le style des farouches niveleurs de 93 et des buveurs de sang.

L’autre assure qu’il suffirait de nous regarder en face pour nous faire rendre lâchement les armes. 11 se trompe. Depuis deux mille ans , nos devanciers nous ont appris , et nos frères égorgés en Orient nous apprennent encore dc.nos jours à soutenir des regards plus terribles que ceux des agents d’un parti qui se flatte toujours d’un effroyable triomphe, mais qui a perdu le secret de vaincre. Quoi qu’il en soit, la peur ne nous fera jamais livrer en proie à l’impiété les vérités dont la garde nous est commise. Nous trouverons une force invincible dans ces paroles : Ne craignez point ceux qui ne peuvent tuer que le corps ; bornez-vous à craindre celui qui peut envoyer le corps et l’âme dans un lieu d’éternelle infortune (2).

Finissons. On s’efforce de persuader à la France que l’ambition nous domine et que nous voulons â tout prix nous emparer de l’éducation publique. Imputation gratuite, et qu’on n’a aucun moyen de justifier. Non,

(1) Luc. IX. 55.

(2) Mat! h. x. 28.

voici la pensée et le désir profond qui nous occupent et nous obsèdent nuit et jour.

Les philosophes universitaires ont chassé du ciel et de la terre le Dieu véritable qui les tira du néant. Ils ne veulent point du Dieu des chrétiens qu’ils appellent le Dieu mort de la scholastique (t) , laquelle n’a jamais parlé de ce grand Etre autrement que Jésus-Christ et ses apôtres. D’une autre part , ils ne songent pas à réhabiliter les idées ni à relever les idoles du paganisme. A quelle divinité renvoient-ils donc ceux qui les écoutent et qui les suivent? A un monstre imaginaire, à un vil simulacre pourvu d’intelligence , mais plongée dans la matière et pétrie de boue par la main des panthéistes. Nous avons horreur de cette abominable chimère, et tout ce que nous sollicitons , nous et tous les catholiques du royaume , c’est que notre jeunesse soit instruite et guidée par des adorateurs du vrai Dieu ; tel est le but des instances que nous adresserons aux maîtres de nos destinées, avec une vivacité et une persévérance qu’ils ne pourront qu’approuver eux-mémes. En effet, est-ce là trop demander? Peut-on concevoir un vœu plus conforme au cri de tous les siècles , à tous les besoins de la société , à l’utilité des grands , aux désirs éclairés du pauvre et du malheureux? Y a-t-il un homme , fût-il né parmi les barbares et les sauvages , qui puisse condamner cette réclamation ? Ah ! il n’y a que l’enfer qui ait intérêt à l’étouffer!

J’ai l’honneur, etc.

f Claude ITip. , éveq. de Chartres.

Chartres , le 28 septembre 1843.

(t) Frag. , préf. de la 2e tfdil. reproduite dans la 5"1' , p. 20.

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TABLE DES MATIÈRES

But Je ee Mémoire. Réponse aux accusations de l’Université contre les défenseurs de la liberté d’enseignement 1

Résumé de ces accusations et préjugés favorables aux accusés. . S Première accusation. — Absurdité et délire des principes et des conclusions des défenseurs de la liberté d’enseignement; c’est-à-dire (Réponse) absurdité et délire des principaux articles de la Charte et

des droits qu’elle garantit à tous les Français 7

Deuxième accusation. — Le livre du Monopole est un pamphlet anonyme signé d’un nom qui est un mensonge. — Accusation fausse et puérile en tous ses points , et qui prouve qu’on n’a rien de raisonnable à opposer à ce livre 19

Troisième accusation. — 11 y a calomnie et injustice à imputer à l'Université comme son enseignement celui desprofesseurs du Collège de France et de quelques autres , et à la rendre responsable de celui des Facultés. — Raisons irréfragables qui démontrent jusqu’à l’évidence que les professeurs du Collège de France cités par le Monopole , et que ceux des Facultés sont les plus universitaires de tous les professeurs , et que l’Université est plus responsable encore de leur enseignement que de celui de tous les autres. Ici, comme dans les deux précédents articles, l’Université se juge et se condamne

elle-même • • • 21

Quatrième accusation. — On n’attaque Renseignement dé Vüpiversité qu’avec des citations empruntées aux cours des Facultés. — Réponse. 1° Preuves évidentes que, quand il en serait ainsi , le monopole universitaire n’en serait pas moins destructeur de la Religion et des lois ■■ . . 36

2° Preuves nombreuses et incontestables qu’il n’en est point ainsi, et que l’enseignement secondaire marche de pair pour l’impiété et les conséquences immorales qui en résultent avec celui des Facultés et du Collège de France 38

3° Preuves invincibles que, quel que soit l’enseignement du monopole universitaire, ou d’une corporation quelconque, Université ou autre , enseignant au nom de l’Etat , cet enseignement est et serait incompatible de sa nature et dans toutes les hypothèses avec la

Charte de 1830 52

Cinquième accusation. — Nos citations sont presque toujours altérées ou falsifiées. — Réponse : Complot ou ligue universitaire pour répandre de toutes parts cette accusation sans en donner la preuve. 56 Moyens qu’employèrent les Jésuites pour démontrer la vérité d’une semblable accusation contre les Provinciales de Pascal , et que l’Université , au lieu de crier à la calomnie , aurait dû imiter. 57 Défi donné de le faire ou par une enquête , ou par un ouvrage officiel de l’Université montrant la falsification de presque toutes nos citations , en les rétablissant selon l’original. N’en attaquer que quelques-unes , c’est prouver par là même la vérité et l’exactitude

de toutes les autres 64

Citations falsifiées ou altérées , ou faussement et ridiculement interprétées par l’Université et ses défenseurs pour justifier quelquesuns de ses membres et prouver l’accusation de falsification , etc. , portée par elle contre nous : trois, sur plus de vingt, deM. le grand-

maître Villemain 65

Une , sur plus de cinquante , de M. l’ex-grand -maître Cousin. . 75

Quelques autres de M. Bouchitté , professeur d’histoire au collège de Versailles ; impiété et panthéisme de ce professeur plus amplement démontrés

Falsifications, mensonges el jolies inventions de M. Libri-Bagnano, de la Revue indépendante , du National et de quelques autres pour prouver au public que nous avons fabriqué un texte , inventé un chapitre, altéré ou pharisaïquement interprété quelques pensées de M. Libri, une opinion du National , et mérité la note, style universitaire, de menteur et de faussaire

Raison particulière donnée à M. Libri-Bagnano pour lui prouver que nous ne regardons pas la falsification comme un péché véniel. 114 Questions , en fait de falsification et de mensonge , adressées à M. Libri-Bagnano et à la Revue indépendante \ 4

Sixième accusation. — Les défenseurs de la liberté d’enseignement ont manqué : 1<> à l'urbanité, à cette fleur de bon ton dont Pascal dans les Provinciales, Voltaire dans ses Œuvres polémiques , et les professeurs de l’Université dans leurs journaux et leurs cours nous ont donné de si parfaits modèles ; 2° à la charité ; ils ont défendu le Christianisme d’une manière fort peu chrétienne . . . 117

L’Université , dans cette accusation , se défend absolument de la même manière et presque dans les mêmes termes que Voltaire ,

son premier grand-Maitre lit»

Preuves de ces accusations , par M. Libri et autres , contre le Clergé et l’Episcopat en général , et contre le Monopole, etc. , en

particulier. 122

Première réponse à ces accusations et à leurs preuves en général et en particulier : par Bossuet , Pascal , Voltaire et les membres de

l’Université 125

Le Monopole universitaire lui-même, dans plusieurs tours ou expressions qu’on lui a reprochés , a copié Bossuet, et dans les autres il est incomparablement plus poli et plus modéré que Pascal dans le livre modèle , que Voltaire dans toute sa polémique , et que les professeurs ou défenseurs de l’Université dans leurs cours et leurs

journaux 130

Deuxième réponse : par l’Evangile et tous les SS. Pères . . . 150

Septième accusation. — Cours Michelet et Quinet : nous sommes des taupes, des chauves-souris , des ultramontains , des Tibère, etc. 165 Curieuse réponse de M. Michelet à notre accusation contre l’Université, usurpant schismatiquement le droit d’enseigner la théologie et de faire , au nom de l’Etat , et en dehors de toute juridiction épiscopale, des docteurs en théologie, seuls aptes a certains postes purement ecclésiastiques . . . 107

Moyens tout à fait inouïs inventés par MM. Michelet et Quinet pour se justifier eux et l'Université des accusations portées par nous au sujet de leurs blasphèmes et de leurs enseignements :

Contre l’institution divine des Evêques et la suprématie d’honneur et de juridiction , divine aussi , des successeurs de saint Pierre ou

des Pontifes de Borne 167

Contre la divinité du Catholicisme et contre toute religion révélée 169

Contre l’existence d’une autre vie 170

Contre la liberté de l’homme 171

Contre toute vertu 172

Contre les lois, les royautés et les peuples 172

Réponses du même genre aux accusations : sur la force des études universitaires , sur les conséquences absurdes et subversives de l’enseignement du monopole , sur la science et le mérite propre des deux illustres en particulier 173

Sur la solidarité des différents membres du corps ou de la corporation et jurande universitaire 175

Mauvaise foi de l’un et de l’autre professeur à ce sujet , cl falsification par eux de plusieurs textes des constitutions des Jésuites 176

Dénonciation île SI. Michelet contre les séminaires et les couvents,

et besoin de les espionner . 177

Sur la promesse d’ofcéwsonce aveugle et tout à fait servile des membres de l’Université : différence essentielle entre cette obéissance d’esclave et celle d’homme libre des Jésuites 177

Délicieuses et péremptoires réponses des mêmes à l’accusation

portée contre eux et contre le monopole de l’enseignement universitaire comme détruisant la liberté de conscience , violant la liberté des cultes et anéantissant par conséquent les articles de la Charte

qui garantissent ces libertés 179

Leur réponse universelle à toutes les accusations : Jésuites ; réponse absurde contraire à toute l’histoire de notre législation depuis 89 , maladroite et accablante pour l’Université , réfutée par euxmêmes , suite d’une vieille comédie 180

Mensonges , falsifications, ignorance grossière de la langue latine dans toutes les citations que fait le professeur Quinet des Constitutions , des Exercices spirituels de saint Ignace et de leur Directoire; autres énormités du même genre contre les Jésuites ; note . . . 180 P. S. Preuve nouvelle de tout ce qui a été dit dans le livre du Monopole , sur un projet universitaire d 'Eglise nationale philoso-

phico-protcstante 202

Pièces justificatives n. I : Letttre de l’abbé Desgarets à X Ami de la

Religion , avec les notes de ce journal 203

N. II : Réponse faite par le Cardinal de Richelieu et les Jésuites de son temps aux accusations de MM. Michelet et Quinet, déjà portées

alors par les ministres protestants de Charenton 207

Réponse aux mêmes par le Globe 210

Dernière lettre de Mgr l’Evêque de Chartres 214

FIN

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