‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 5 sur 46 · MONOPOLE MATÉRIEL DE L’UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

MONOPOLE MATÉRIEL DE L’UNIVERSITÉ

« Il n’est pas de point de vue sous lequel l’Université soit plus entachée de n monopole que sous celui des intérêts matériels. Cette proposition neuve peut « paraître un paradoxe à qui ne connaît pas l’intérieur de l’institution ; mais elle « est une vérité pour qui a vécu quelque temps dans son sein , et nous sommes « heureusement en étal de traiter cette matière. Au reste, ce sujet touche de prés « à la liberté du commerce, en ce que les mesures universitaires repoussent la lift bre concurrence , et lèsent ainsi des intérêts industriels trés-rcspcc tables , au « profit de quelques privilégiés, dont elle édifie La fortune. En effet , comment « et par qui s’effectuent les fournitures des livres classiques , des bibliothèques re des collèges , de l'habillement des élèves , des mobiliers de dortoirs , des four- « neaux dits économiques , etc. , etc... ? Comment ! le voici. Il est tels inspecteurs « qui se chargent bénévolement , nous voulons le croire , de recommander , voire « de prescrire aux chefs des collèges tel livre ou telle édition , à l’exclusion de « tout autre sur la même matière , ce livre , cette édition, fussent-ils, ce qui ar- « rive souvent , inférieurs à d'autres , ou même dangereux ; et les proviseurs , les « censeurs , les principaux et les professeurs sont trop intéressés à se montrer do- « ciles , pour no pas déférer à l’avis de leurs chefs , et pour no pas imposer aux « maisons et aux familles les ouvrages protégés par les arbitres de leurs destinées. « 11 résulte de là que les collèges réforment et laissent jusqu’à nouvel ordre dor- « mir dans la poussière des bibliothèques les ouvrages détrônés, qui presque tou- « jours valent mieux que leurs successeurs intrus. Car il suffit que les usurpateurs,

pour leur être préférés, soient édités avec quelques notes entachées de vollai- « nanisme , d’indifférentisme religieux , ou de téméraires doctrines. S'ils ont reçu « le baptême d’adoption, d’approbation, d’autorisation ou de recommandation du « conseil royal , ils sont orthodoxes , et toute autre composition est réputée liéré- « tique et analhématisée ipso fado. Que si l’on faisait le calcul des snrcrolts de dé-

préparer les arrêtés en faveur des livres privilégiés ; ainsi que les vingt-cinq mille francs alloués chaque année à une troisième commission composée de la même manière , pour la correction des compositions pour les prix de concours.

Cinquième preuve de la vénalité de l’enseignement dans l'Université. — Monopole df.s Ch ides.

Nous ne sommes point encore au bout. Ainsi vendue et sur-vendue cinq ou six fois sous differentes formes la marchandise enseignée est rapportée de force aux vendeurs par ceux qui l’ont

« penses qu'occasionnent aux familles cos caprices înléressésdu conseil et tics missi « du ministre , on trouverait un impôt foret* énorme, dont les chambres sent loin » de se douter.

« En effet , en adoptant pour base de la dépense annuelle des livres classiques « 50 fr. par élève (c’est le chiffre universitaire ) , livres qu’avec la libre concur- « rcnce on réduirait à 25 fr. , et eu supposant 100,000 élèves dans les collèges » et les écoles , chiffre bien au-dessous de la réalité , nous trouvons un fardeau « de 5,000,000 de fr., au lieu de 2,000,500, qui pèse sur cent mille familles. A « qui profilent ces deux millions et demi d’augmentation de dépenses ? Nous <■ laissons à nos lecteurs le soin de le deviner.

« On dira : Perindà ac cadaver, en parlant de l'art prétendu des Jésuites de « tuer la volonté individuelle; attendez , et ce miracle sera bientôt celui de lTni- « versité , qui va imposer aux collèges pour la composition de leurs bibliothèques « un catalogue en dehors duquel il ne sera permis de faire aucun choix. Cette x pièce curieuse comprendra deux parties : l’une, des livres necessaires ou indux pensables ; l’autre , des livres utiles. Dans la première , on ne manquera pas de x trouver les excellentes productions des Cousin, des Jo'iffroy , des Villemain , des „ Guizot , des Michelet et tutti quanti , qui parent déjà les rayons des dépôts des x collèges , et qui ont si bien servi à former des fils religieux , moraux , éclairés , « et de si bons citoyens. Oui , tout devient monopole dans l’Université ; il, n’est x pas jusqu’aux fournitures de tabourets , de lits en fer pour les élèves , qui ne x soient faits forcément à Paris chez tel et tel fabricant. Eli ! ne craint-on donc x plus l’opinion, colle reine du monde? ne redoute-t-on point le soupçon

achetée, sous peine pour eux d’êlre exclus de toutes les carrières libérales, afin qu’elle soit examinée , pesée , poinçonnée et qu’elle puisse, ainsi reconnue, ainsi marquée et estampillée, leur ouvrir la porte des emplois et des professions si longtemps désirés. Mais le monopole universitaire répète sans cesse comme certains de nos voisins : Point d’argent, point de suisse! Il faudra donc encore payer. Voici la taxe de ce petit article ; c’est un extrait des règlements universitaires, 17 février 1809.

Titre 1er. — Des Droits relatifs aux grades.

1 . Les droits relatifs aux grades sont de trois sortes ; savoir : les droits d’inscription aux cours, lesquels seront perçus , même dans les facultés où l’inscription n’est pas déclarée nécessaire par le décret du 17 mars 1808, les droits d’examen, les droits de diplôme.

3. Les droits d’inscription , lorsqu’ils n’auront pas été payés en s’inscrivant aux cours des facultés, et les droits d’examen, seront versés d’avance dans les caisses des académies; ceux de diplôme' le seront après l’examen.

4. Chaque caisse d’académie recevra tous les droits quelconques et en comptera , sans rétribution , avec le trésorier de l’Université.

« d’hourdequinisme ? Ce soupçon , nous aimons Aie croire, ne peut allein- « dre les recomnmnrlcnrs ; mais pourquoi y donner lieu? N'y a-t-il pas par ■ « tout, ici, là , à l.yon , comme ailleurs, des libraires, des fabricants aussi « digues de confiance qu’à Paris? MM. de l'Université , si vous tenez mi renom de « probité , à l'honneur , plus qu’au catholicisme et à la morale , en considération « de cette probité et de cet honneur , cessez de vous transformer en commis « voyageurs, en courtiers de commerce , pour ne vous occuper que de plus noce blés fonctions. » ( l/auteur de ces renseignements et de ces réflexions , dans l’espérance d’améliorer l’Université , sans la reconstituer en dehors de tout monopole , ne voit pas assez que les abus qu’il signale ne peuvent tomber que devant la liberie et la libre concurrence. )

Tous ces nouveaux détails viennent d’étre officiellement confirmés par un arrêt

G. Les académies fourniront le local et seront chargées des frais de police pour les examens et thèses ; les autres frais , et notamment ceux de l’impression des thèses, seront supportés par les candidats. t

8. Le candidat qui se représenterait après avoir été jugé , par

du conseil royal de l’instruction publique , contresigné , celte fois-ci ( parce qu’on ne craignait probablement pas que la compétence du conseil fût contestée) , par MM. Rendu , exerçant les fonctions de chancelier , Saint-Marc Girardin , exerçant les fonctions de secrétaire , et approuve par le ministre de l' instruction publique , grand-maître de V Université , Villemain.

Il a pour titre : Arrête relatif au mobilier des nouveaux collèges royaux , 30 mai 1 843 , et a été publié le 28 décembre seulement , par la Gazette spéciale de ^instruction publique. Les doctes personnages , pour montrer que rien ne leur est étranger dans le monopole qu’ils dirigent , entrent dans les moindres détails de ménage, et taxent le prix de chaque pièce du mobilier. 200 vases de nuit , par exemple , requis , pour les dortoirs et chambres de maîtres d'étude , par l’inquiète sollicitude de ces grands officiers, s’y montent à 200 fr. , un franc pièce , sans compter 200 tables de nuit (idem), formant siège. Ht fr. pièce, qui font 2,200 fr. ; 50 bains de pieds , à 20 fr. , sont estimés 6C0 fr. ; 1 robinet pour vider les bains de pieds, 1 2 fr. ; une soupape pour les remplir, 6 fr. ; I banc en chêne ciré, avec dossier ù jours pour les bains de pieds, 250 fr. ; l’emballage, le tratisport et voyage de l’ouvrier, 350 fr.; mobilier pour la salle de réception, pour les appartements des proviseur , censeur , aumônier, économe , et pour les lingères et garde-malades , 9,000 fr. ; 20 couverts d’argent , à 40 fr. , et cuillère à potage, pour la table commune et pour les maîtres , 8G0 fr. ; 80 paires de draps , A 30 fr. pour l’infirmerie et pour les maîtres, et pour les domestiques , 2,400 fr.; oreillers, taies d’oreillers , robes de chambre, bassinoires, bassins , rideaux , poêles , fourneaux, fauteuils de malade et ustensiles pour l’infirmerie, 10,000 fr.; banquettes , chaises , rideaux et poêle pour le parloir, 500 fr.; tables , chaises , et poêles pour le logement des portiers , 200 fr. ; tables et chaises pour les élèves et pour le surveillant dans les cellules pour les arrêts ,100 fr. ; l’ameublement du bureau de l’économe et de son commis , 400 fr. ; 150 lits en fer pour les élèves , à 50 fr. , 7,500 fr. ; 50 lits en fer pour les maîtres , les domestiques et pour l’infirmerie , 2,000 fr, ; une marmite , deux bassines , bouilleur et réservoir en cuivre , 982 fr. 50 c. ; fourneau économique , 1,580 ; gradins , tables , chaises et poêles pour les classes , à 750 fr. , pour 11 classes, 8,260 fr. ; une horloge , 1 .800 fr. ; cartes murales dans les classes , et tableaux chronologiques , 2,200 fr. ; appareils divers de gymnastique, sable , etc. ( sic) , 45,910 fr. ( H

une faculté , n’étre pas suflisamment instruit , payera de nouveau les droits d’examen.

9. Les droits ù payer dans les facultés des lettres et des sciences

sont fixés ainsi qu’il suit :

RArr\r aiîrfat

1 Droits d’examen. . .

. 24 fr.

1 Droits de diplôme . .

' Droits de 4 inscriptions .

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