CHAPITRE IV
pro claustrino parvo, après, Rinalde de Stauris, de Crémone « magister ab intaliis» — à qui le Duc avait donné en 1461 un sauf- conduit pour se rendre à Milan avec sa famille — figure parmi les artisans de la Chartreuse qui étaient rémunérés « super ratione laborerii claustrini a foliamine ». On peut donc attribuer à cet artiste sculpteur en bois l'exécution des modèles de toute sorte qui ont servi à la riche ornementation en terre cuite des arcades et des entablements du petit et du grand cloître pour lequel Rinalde passe pour avoir travaillé, en 1465, avec Christophe Mantegazza.
La même année travaillait pour la Chartreuse « Magistro Rizo de Ve-
à 10 livres pro quolibet »: Tannée
Grand Cloître. (Terres cuites de Rinalde de Stauris.)
rona» qui était payé pour la fourniture «certaruni
columnarum ruàearum » et il est facile d'y reconnaître les colonnes en marbre rouge de Vérone, alternant avec celles en marbre blanc qui soutiennent les arcades du grand cloître.
Ce « Rizo de Vérone » est le célèbre Antonio Rizzo, d'abord sculpteur, plus tard architecte de la « Sérénissima » pour laquelle il eut à travailler et à sculpter, soit sur côté du Palais ducal qui fait face à la Scaia deiGiganti, œuvre faite en collaboration avec les Lombards, soit aux façades intérieures et extérieures de Tédifice vis à vis du canal. La même année 1465, Rizzo était payé ^pro collonelis capitelis et bassis, et pro cantonata una, cum capitelo et bassa laborata » : deux ans après Rizzo fournissait encore des marbres qu'on lui paya « pro manus priori venetiarum » ce qui prouve que Rizzo à cette époque se trouvait déjà à Venise.
A cette, époque nous voyons un autre architecte prendre part aux travaux de la Chartreuse, et c'est Benoît Ferrini de Florence, qui pendant plusieurs années travailla à la construction du Château de Milan. Le 7 octobre 1469, Barthélémy Gadio, Commissaire général de cette construction , donnait au Duc son consentiment favorable à l'égard d'une demande des moines de la Chartreuse, afin que « pour certains travaux Maître Benoît de Florence pût aller deux fois par mois à la dite Chartreuse, jusqu'à l'achèvement des travaux, sans préjudice pour la construction du Château de Porta Giovia, en allant un jour, pour revenir l'autre».
NT autre artiste qui devait s'assurer un nom dans l'histoire de l'art de la seconde moitié du XV« siècle est Jean Amadeo, que nous voyons à la Chartreuse dès 1466. Il commença à travailler dans le grand cloître, et plus tard, avec son frère peintre, au petit cloître; il résulte d'un acte du notaire Gabba de Pavie que « Maître