CHAPITRE IV
Reprise des travaux de l'église — Jeati et Guiniforte de Solario — Barthélémy Gadio, Antoine Riccio de Vérone, Benoît de Florence — Les Zavattaii — Jean Antoine et Protaise Amadeo — Bartolino et Barthélémy de Pavie — Vincent Foppa.
hilippk Marie Visconti mourut en 1447 ; les vicissitudes politiques qui suivirent sa mort, n'eurent pas, pour la Chartreuse de Pavie, les tristes conséquences qu'elles eu-
rent pour la Cathédrale de Milan. En effet, les agitations populaires incessantes qui, pendant les trente mois de la République Ambroisienne, causèrent des graves perturbations dans la continuation des travaux de la Cathédrale, n'eurent point d'influence sur les travaux de la Chartreuse, car les moines, à cause du voisinage de la ville de Pavie — qui avait tout de suite adhéré au gouvernement de François Sforza — purent échapper aux énnuis de ce gouvernement po-
pulaire. Ainsi nous voyons qu'en 1448 on travaillait encore à une « Capeleta juxta cameram portinartî monasterii».
lu mois de février 1450, François Sforza.
se faisait accepter par les milanais comme le successeur direct de Philippe Marie, dont il avait épousé la seule fille légitime. Le nouveau Duc, après avoir réglé le mieux possible les affaire politiques, ne tarda pas à comprendre qu'à convaincre le peuple que son gouvernement était la continuation naturelle de la domination des Visconti, pouvait contribuer beaucoups le propos d'achever les œuvres entreprises ou protégées par ses prédécesseurs. Tandis qu'il poussait le peuple à décréter la réédification du Château de Porta Giovia, démoli par les milanais peu de mois auparavant, et ratifiait tous les privilèges pour la construction de la Cathédrale, François Sforza n'oublia pas de ranimer les travaux de la Chartreuse en se hâtant d'assurer à celle-ci tous les privilèges accordés par les Visconti.
Cemme premier effet de cette nouvelle période d'activité, assurée par le rétablissement du duché, les provisions de matériaux pour la construction de la Chartreuse prirent en 145 1 une importance particulière. Un certain Jean Antoine Mezzabarba s'engageait, en date du 11 août, à fournir dans l'année, au monastère, 75.000 briques à 4 livres et 4 sous le mille, et autres 100.000 à remettre en l'an 1452 : on établissait en même temps une fournaise dans le parc près de la Chartreuse, pour avoir le plus grand nombre possible de briques au prix moins élevé de 3 livres et 4 sous le mille.
Les cellules des moines, les réfectoires, l'infirmerie, la bibliothèque et les autres locaux dépendant du monastère étaient désormais bien avancés ; il se présentait