‹ La Chartreuse de PavieChapitre 24 sur 69 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le projet de façade par Guiniforte Solari — La prépondérance des sculpteurs — Modifications successives — Les travaux de la façade adjugés à Christophe Mantegazza et J. Ant. Amadeo — J. A. Dolcebuono — Les vitraux: Antoine de Pandino, Christophe et Jacopus de Mottis — Ambroise Fossano, dit le Bergognone.

A construction de l'église, avait avancé rapidement, de sorte qu'il faut croire qu'en 1473 les couvertures en plomb étaient achevées et les pinacles élégants devaient déjà s'élever sur les façades du transept et du chœur. On peut croire aussi que la construction du dôme, à la rencontre de la grande nef avec le transept, devait être bien avancée, car dans les représentations de l'église en construction — sculptées ou peintes dans les dernières années du XV e siècle — on voit toujours le dôme avec les différents ordres de petites loges couronnées par une petite coupole.

On avait laissé la paroi extérieure du mur de La façade tout à fait rustique, en attendant de pouvoir concentrer tous les soins sur cette partie principale de l'église à laquelle ou voulait donner la plus grande richesse. Un dessin pour cette façade devait certaine- "ment avoir été déjà fait en 1473, et l'auteur était sans doute Guiniforte Solari, l'architecte qui, chargé de la construction de l'église, en avait transforme l'organisme primitif. On pourrait reconnaître la composition conçue par Guiniforte, dans le modèle du temple que Jean Galéas présente à la Vierge, tel qu'on le voit dans le fresque exécuté par le Bergognone dans la voûte du transept. (Voir à l'initiale Z,, page 22, et la IV e Planche).

Il peut paraître étrange tout d'abord que le peintre ait reproduit cette conception, la peinture du Bergognone n'étant pas antérieure à l'an 1490, date à laquelle le dessin de Solari était depuis longtemps abandonné : et cela peut paraître d'autant plus étrange puisque d'après la tradition le Bergognone aurait eu une influence remarquable dans la conception définitive delà façade, qui avait été adoptée vers Tan 1491. Mais le peintre, peut-être, a eu l'intention de mettre entre les mains du fondateur, le modèle de l'église selon le dessin abandonné, qu'il pomoit croire conforme à la construction entreprise par Jean Galéas.

Les lignes d'ensemble de cette façade, telles qu'on les voit dans cette peinture, se rattachent aux lignes des côtés; en effet les petites galeries qui couronnent les murs des nefs latérales et de la nef du milieu se retrouvent aussi sur la façade, et entre les deux galeries il y a une grande fenêtre circulaire pour éclairer la nef principale. Les lignes supérieures de la façade suivent des plans inclinés, selon la pente des toits qui viennent s'appuyer au mur de façade, et donnent à celle-ci un caractère qui correspond encore à l'organisme purement lombard du corps de

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