‹ La Chartreuse de PavieChapitre 35 sur 69 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

vres plus de dix ans de travail, le Chœur des moines, sauf une petite partie, était achevé selon le contrat de 1487, et l'artiste se trouva d'accord avec les représentants des Chartreux pour le prix de l'ouvrage exécuté.

Le contrat de 1487 avait aussi adjugé le Chœur des convers au même artiste Polli, et aussitôt achevé celui des moines, il s'engageait par un instrument en date du 13 novembre 1498 à l'achever sous peine d'amende et avec la fidéjussion du noble Orphée de Coffani en Mantoue. Après trois ans environ, deux maîtres en bois de Pavie, Pierre de Fogazza — auteur du modèle de la Cathédrale de Pavie, selon le dessin de Cristoforo Rocchi — et Etienne de' Bonis étaient chargés par le procureur de la Chartreuse d'examiner « les travaux en différentes sortes de bois faits par Barthélémy, et destinés pour le Chœur des convers ». Dans cette expertise, demandée par le sculpteur Benoît Briosco, le représentant de Polli était Maître Jacques du Majno, qui peu de temps après se chargeait, à la place de Polli, de l'exécution du contrat pour le Chœur des convers. En 1502 en effet, les mêmes Pierre Fogazza et Etienne de Bonis fixaient le prix des travaux que Barthélémy Polli, avec le Majno, avait éxecutés pour le Chœur des convers, pour les bancs et d'autres travaux en bois. Quelques jours après cette expertise, on stipulait une convention entre les Chartreux et Maître Jacques du Majno du feu Damien menuisier, pour faire le chœur des convers avec des perspectives : savoir 46 place à achever en deux ans au prix de quinze ducats d'or chaque place. Le contrat était fait d'après une place déjà achevée dans l'église, et exécutée en i486, à condition que l'ouvrage fût plus riche en perspectives. On convenait

. aussi que, si le Majno venait à mourir, son fils Jacques Ange continuerait le travail. Le même Majno prenait sur lui la dette de 925 livres imp. pour les travaux déjà faits par Polli « pro ponendo in opéra in dicto choro ».

Pantaleone de Marchi aurait travaillé à ce chœur des convers en y laissant son nom « hoc est de Marchis Pantaleonis opus ».

Le chœur des moines arriva jusqu'à nos jours en bon état de conservation, tandis qu'il ne reste aucune trace et aucun souvenir soit du chœur des convers soit de son emplacement.

Ludovic le More, décidé à faire de la Chartreuse un sanctuaire de l'art, s'intéressait aussi aux tableaux et retables d'autels qu'il voulait exécutés par les peintres les plus renommés de son temps.

Déjà en 1490 Bartolomeo Montagna avait peint la grande composition de la Sainte Vierge entre les Saints, que Ton voit aujourd'hui dans la nouvelle sacristie; peu de temps après on donnait au Pérugin et à Maître Philippe — probablement Philippe Lippi — la commission de peindre deux tableaux d'autels, et dès 1497 le prieur de la Chartreuse pour hâter l'envoi des peintures commises, écrivait à Jacopus di Antonio, demeurant à Sainte Marie in Campo à Florence, qui donnait l'éxplication du retard « si vous aviez envoyé l'argent que vous deviez envoyer, les peintures auraient été bientôt achevées, car Maître Pierre Pérugin m'en a parlé et Maître Philippe aussi, et ils sont bien étonnés que vous n'ayez pas encore songé à cette œuvre ».

Trois ans plus tard, au mois de mai 1499, lorsque les destinées du Duché de Milan étaient déjà en danger, Ludovic le More se décida à solliciter une solution en écrivant à Thadée Vimercate « nous croyons que vous connaissez nos soins pour que le monastère de la Chartreuse de Pavie soit achevé, engageant le

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