II
'Était ainsi une nouvelle période de manifestations artistiques qui se développait, mais au lieu du sentiment religieux, on visait à Péclat et à la richesse de la matière, et à la recherche de l'exécution; on a ainsi
des manifestations qui ne manquent pas de valeur réelle, mais qui n'ont aucun lien avec la structure primitive et la tradition artistique du siècle précédent.
Heureusement la Chartreuse s'enrichit à cette époque de deux objets d'art d'un grand prix et d'un intérêt particulier pour l'église, c'est-à-dire des statues funéraires de Ludovic le More et de Béatrix d'Esté, sculptées par Christophe Solari, dit le Gobbo, et destinées au monument sépulcral qui, d'après le dessin de Jean de la Porte, devait s'élever dans l'église de S. M. des Grâces à Milan: le monumeut avait été dispersé par suite des révolutions politiques, dans la première partie du XVI e siècle. Les deux statues achetées par Oldrado Lampugnani en 1564, au prix de 38 écus, furent transportées à la Chartreuse la même année.
Ainsi, peu de mois après la sépulture définitive des restes de Jean Galéas Visconti dans le mausolée, on déposa dans la même église les statues funéraires de Ludovic et de Béatrix comme pour satisfaire en partie la volonté de Jean Galéas qui avait rêvé de faire de la Chartreuse le tombeau de la famille Visconti.
CANDÉLABRE EN BRONZE d'Annîbai. Fontana (1580).