CHAPITRE IX
et pour le sarcophage de Jean Galéas Visconti; on peut lui attribuer aussi les décorations en stuc de la clôture du chœur et les bénitiers.
Les riches clôtures en fer et en bronze dès les chapelles et du transept, appartiennet au XVII e siècle. Elles furent exécutées vers 1660 par François Villa, Pierre Paul Ripa et Ambroise Scagno, artistes milanais.
L'idée d'achever la façade, dont la construction s'était arrêtée vers le milieu du XVI e siècle, avec une ligne horizontale, dura longtemp , engageant plusieurs architectes à formuler des solutions qui heureusement n'eurent même pas un commencement d'exécution.
Toutes Ces Solutions Pr °j ect P° ur Ie couronnement de la façade - , . . . . dessin du XVII- siècle.
se fondaient sur le dessein de surélever la partie de milieu de la façade, en la couronnant avec l'ornement d'un grand cadre, destiné pour un basrelief de proportions si colossales, qu' il aurait contrasté inévitablement avec l'élégance et la finesse d'exécution des parties inférieures de la façade.
Tous ces ouvrages, inspirés à une idée de richesse et de luxe écrasant le sentiment religieux, enlevaient toujours plus de la Chartreuse la note de simplicité monastique, qui n'avait pas empêché au XV e siècle la création d'un si grand nombre d'ouvrages d'art.
En 1581 Montaigne visitait la Chartreuse et en recevait une impression de luxe extraordinaire, non seulement dans les édifices « mais dans le nombre des serviteurs, des chevaux, des voitures, des manœuvres,
des artistes» et il déclarait avoir visité la cour d'un très grand prince et non un monastère.
L'affluence des visiteurs à la Chartreuse, et l'importance que le monastère avait acquise en dehors des œuvres d'art, qui après le XVII e siècle ne constituaient plus par elles-mêmes le véritable attrait des visiteurs, amenèrent les Chartreux à construire un nouvel édifice pour recevoir honorablement les hôtes. Il démolirent le vieux bâtiment qui donnait sur la place de l'église, pour élever le Palais Ducal auquel on travaillant vers 1625, et dont Fr. Marie Richino, le célèbre architecte, donna le dessin. Les occasions de réceptions des personnages importants ne manquaient pas à la Chartreuse. En 1649, le 9 du mois d'août, la Reine Marie Anne, fille de l'Empereur Ferdinand et femme de Philippe IV d'Espagne, en allant de Milan à Pavie « s'arrêta à la Chartreuse et «le soir elle fut rencontrée à Pavie avec un dais».
Six ans après c'était le prince Thomas de Savoie, général en chef du Roi de France, qui étant campé près de Pavie, et tandis qu'on ouvrait les tranchées contre cette ville « demeurait à la Chartreuse ».
En 1702, le 17 juin, Philippe IV, en se rendant à Milan pour y faire son entrée triomphale sur la Porte Ticinese, fut accompagné par les troupes et les Grands d'Espagne à la Chartreuse «où il dîna chez le Prieur D. Ignace Buono, qui le traita splendidement».
Les dernières distributions de vivres aux pauvres • (1881).