CHAPITRE X
La suppression du Monastère — Dispersion d'objets d'art — Le sarcophage de Jean Galéas Visconti dépouillé — Abandon de la Chartreuse — Retour de moines — Les stalles du chœur restaurées — Dernières vicissitudes des Chartreux — La suppression définitive — Restaurations récentes.
n 1782 un arrêt de l'empereur Joseph II supprimait les Chartreux, et le monastère de Pavie restait abandonné, peu d'années avant que les perturbations politiques, à la fin du siècle XVIII e eussent renouvelé autour de la Chartreuse le
spectacle d'armées étrangères qui se disputaient la possession de la Lombardie. En 1784 on avait confié la garde du vaste bâtiment à quelques pères cisterciens, et plus tard aux pères Carmélites déchaussés de Varèse et Concesa, auxquels se joignirent en 1805 ceux de S. Charles de Milan, supprimés à leur tour en 1810, par un arrêt de Napoléon.
Il est facile d'imaginer combien ces changements devaient nuire au monument. Au milieu de la dispersion de tous les meubles, des ornements sacrés et des objets d'art d'un intérêt secondaire — dont il serait impossible de rendre compte — il reste le souvenir de quelques graves dispersions et de quelques vandalismes.
de l'église après la suppression des Chartreux, on ne doit pas oublier le tableau en six compartiments du Pérugin, dont on a parlé au chapitre VI. Cette œuvre, assignée d'abord à l'Académie de Brèra en 1784, fut vendue en partie à la famille Melzi en 1796, pour passer plus tard en 1856 à la Galerie Nationale de Londres: en 1793 on enleva toutes les couvertures en plomb de l'église et du monastère, pour en tirer le plomb destiné aux armements militaires. Le passage des troupes françaises, dirigées sur Pavie sous les ordres du général Bonaparte, qui allait punir par le sac le révolte de cette ville, ne fut certainement pas sans danger pour l'intégrité du monument. On se demande avec étonnement comment au milieu de l'acharnement qui mutilait et endommageait tous les emblèmes nobiliaires, ceux des Visconti et des Sforza peints ou
orsque les Chartreux furent supprimés, on tranporta les choraux peints et enluminés, dont on à parlé au chapitre IX, à la Bibliothèque Braidense de Milan, où il furent gardés en attendant de les remettre à leur place originaire. Mais parmis le œuvre d'art les plus importantes qu'on emporta