‹ La chartreuse de Saint-Honoré à Thuison près d'AbbevilleChapitre 51 sur 85 · N° XLII · texte numérisé non relu

N° XLII

LETTRE DU CARDINAL DE LA ROCHEFOUCAULD AUX SUPERIEURS DES MAISONS RELIGIEUSES DE FRANCE.

Très Révérend Père,

e ne dois pas vous laisser ignorer les dispositions du Pape relativement à la sécularisation des religieux qui croiront avoir des raisons légitimes pour profiter de la liberté que leur a accordée l'Assemblée nationale.

Dans les circonstances présentes, il était absolument nécessaire, en suivant toutefois les vrais principes de l'Église, de prendre les voies canoniques les moins dispendieuses pour procurer aux religieux une autorisation capable de rassurer leurs consciences. Tous nos confrères les évêques ont senti la nécessité de se porter à une opération qui put concilier les intérêts de la religion et les désirs des particuliers ; en conséquence, j'ai eu l'honneur d'être l'interprète de leurs sentiments auprès du Saint-Père.

La réponse du Pape a été conforme à nos vœux; il nous assure, par son bref du 3i mars dernier, que les brefs de sécularisation seront expédiés gratuitement à la Daterie, lorsqu'ils seront demandés par les évêques, qu'il déclare seuls juges des raisons alléguées par les religieux qui demanderont à être sécularisés.

Les évêques se trouveront par là à portée de connaître les sujets en état d'être employés dans le saint ministère, et de fixer ainsi, dans leurs dioses, ceux qui entraînés par les circonstances n'en recpectent pas moins les obligations de l'état ecclésiastique.

Je vous prie, mon Révérend Père, de faire connaître, dans les différentes maisons de votre Ordre, les dispositions du Saint-Père, afin que les religieux qui voudront en sortir puissent s'y conformer, et profiter, en sûreté de conscience, de la liberté décrétée par l'Assemblée nationale.

f D. Cardinal de la Rochefoucauld.

Paris, le (5 mai 1790.

Page 1