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Par les temps humides, il est de bon goût de ne pas traverser les flaques d'eau au grand galop de taçon à asperger vos compagnons de chasse.
C'est un exercice disgracieux pour celui qui patauge dans les terrains détrempés, et désobligeant pour ceux ou celles qu'il éclabousse.
Le moment où Ton découple est un instant solennel, et tous ceux qui assistent à cette importante opération doivent faire voir par leur recueillement qu'ils en comprennent la gravité. Ils feront mieux encore en s'éloignant du lieu de l'attaque.
Ce qui ditférencie un cheval de chasse s autres spécimens de l'espèce chevaline,
ce sont les chemins par lesquels il doit
passer.
Là où Ton mettrait au pas tout autre animal, si l'on n'en descendait pas pour le tenir à la bride, il faut qu'un vrai cheval de chasse marche à toute allure.
S'il ne tombe que rarement, il mérite de figurer dans les catalogues de Chéri et du Tattersall, sous la rubrique : ■( Bon cheval de chasse », ce qui lui assure la continuation de son pénible métier, et une plus-value monétaire qui n'améliore en rien sa situation.
Si le cheval de chasse doit être rompu à toutes les embûches des mauvais chemins, le véritable veneur doit se montrer insensible à toutes les intempéries^ et pouvoir galoper pendant un
nombre d'heures indéterminé, sous une ^ ^^^S"^
pluie battante, enfermé dans un waterproof où il cuit indéfiniment dans son jus.
Généralement, le piéton se gare quand il est en
danger d'être écrasé. — Le chien de meute agit
autrement : quand il se voit rattrapé par un cheval, il
s'arrête, et se laisse culbuter avec une invraisemblable
signation.
C'est au cavalier de voir où sa monture pose le pied.
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Se procurer des chevaux absolument tranquilles! tel est le devoir de tout invité qui tient à ne causer aucun accident à ses camarades de sport et à ne pas troubler leur quiétude.
Quand on suit en pays inconnu, il est prudent de s'attaclier aux pas de quelque chasseur indigène.
En négligeant cette indispensable précaution, on risque fort de se trouver arrêté par quelque obstacle insurmontable qui vous force à rebrousser chemin et vous empêche de savoir quoi que ce soit des derniers incidents de la poursuite.
Quand on ne voit plus la queue d'aucun chien et qu'on n'entend plus aucun coup de gueule, on s'arrête et l'on prête une oreille attentive.
C'est ce qu'on appelle « écouter aux chiens ». La plupart du temps on n'entend rien, mais tout le monde croit entendre, et chacun dans une direction dilicrente.
Le voisinage d'une ville de garnison assure aux maîtres d'équipage une assistance nombreuse.
La présence de MM. les officiers détermine toutes les amazones de l'arrondissement à braver les fatigues du laisser-courre^ et la certitude de trouver des amazones au rendez-vous décide AL\L les officiers à ne jamais manquer une chasse.
Un défaut. — Le bon côté de ce petit accident est qu'il permet aux chevaux de ceux et celles qui suivent aux chiens de souffler un bon moment, et aux retardataires de rejoindre. Ce qui ne leur arriverait peutêtre pas sans cet accroc providentiel.
L'incident ne devient véritablement regrettable que si le défaut n'est pas relevé, — auquel cas, c'est un désastre.
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Ces instants d'accalmie sont le triomphe du chasseur prévoyant qui s'est muni d'une gourde savoureuse et de sandwiches savamment préparées.
11 a de quoi calmer les impatiences de l'attente et celles de son estomac.
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Après un défaut, lidéal est que l'animal soit relancé à vue, à Timproviste, et non pas à la suite d'un interminable et laborieux rapproclier.
Chiens, chevaux et cavaliers ont alors, aussi bien que l'animal de chasse, repris haleine, et la poursuite recommence dans un joyeux bicn-allcr.
Un débucher, dans ccscondiiions, procure un plaisir sans mélange, si le temps est beau, le terrain suffisamment élastique et la température au degré voulu.
On voit les chiens^ l'animal de chasse ; et, peu à peu, les chasseurs se rassemblent de manière à former un groupe compact de l'aspect le plus agréable.
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Si, par contre, le débucher a lieu au milieu de ahourés détrempés par la pluie, ou durcis par a gelée, il constitue un véritable supplice, qu'il aut avoir subi à la fin d'une chasse déjà longue pour savoir le poids que peut peser la tète d'un cheval sur les bras de son cavalier.
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La supériorité de la chasse au sanglier résulte de ce qu'il est permis de la pratiquer après la fermeture et par les temps de neige où la poursuite d'autres animaux est interdite. — C'est la chasse des fanatiques et des intrépides qui ne redoutent aucune intempérie, et méprisent le fâcheux rhumatisme.
L'animal à l'eau. — La journée touche à sa fin. L'animal a multiplié ses ruses sans parvenir a mettre les chiens en défaut; — il commence à s'essouffler, et cherche dans la fraîcheur de l'eau un remède à l'épuisement dont il sent les premières atteintes! Mauvais calcul, qui va précipiter le dénouement.
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L'hallali courant. — Le bain qu'il vient de prendre n'a procuré au malheureux cerl" qu'un soulagement trompeur; — le froid a raidi ses membres; — il ne galope plus et trotte la tête basse au milieu des chiens qui le gagnent de vitesse, et ne tarderont pas, quand ils se sentiront en nombre suffisant, à l'appréhender au corps.
L'hallali sur pied. — A bout de forces, le cerl s'est arrêté. Tout ce qu'il peut faire, c'est de tenir à distance avec ses bois les chiens qui l'entourent. — C'est le moment où le maître d'équipage désireux de conserver ses chiens intacts doit intervenir et payer de sa personne.
La mort. — C'est la fin du drame. — Lanimal épuisé préfère le combat à la fuite. — Pour le maître d'équipage qui doit terminer la lutte, c'est l'instant de garder tout son sang-froid. S'il hésite à frapper, sa situation peut devenir critique, car, s'il a son couteau, le cerf a ses andouillers, qui constituent une arme terrible; — aussi conçoit-on facilement le sentiment qui pousse un bon nombre de veneurs a substituer la carabine au couteau.
La curée chaude. — Le meilleur moyen de récompenser les chiens des ellbrts qu'ils viennent de faire et le meilleur encouragement à leur donner pour les chasses de l'avenir.
— La curée aux flambeaux est certainement plus décorative, plus théâtrale, mais l'effet en est moins stimulant que ce partage immédiat de la victime encore chaude. — Les chiens comprennent qu'ils chassent pour leur compte et s'acquittent de leur besogne avec d'autant plus d'entrain.
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Les honneurs dit pied. — Se font à la personne la plus considérable de Tassistance, grand personnage ou jolie femme.
Le pourboire princier qui résulte de cette politesse constitue le bénéfice des piqueurs: Mais il faut reconnaître que leur amourpropre de veneurs les stimule bien autrement que Tappàt du gain.
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La retraite prise. — C'est une véritable marche triomphale, exécutée sur un air de bravoure; hommes, chiens et chevaux oublient leur fatigue et les cUbrts par lesquels ils ont acheté la victoire. — On marche en peloton, et, dès qu'on arrive aux premières maisons dun villof^'c, les fanfares éclatent, annonçant aux populations le succès de la journée. — Tout le monde a d'ailleurs le droit d'être satisfait! Les hommes de l'équipage ont en poche les jaunets du ou delà principale invitée; les chiens ont fait curée; les chevaux savent qu'ils retournent à l'écurie, et qu'une chasse heureuse est toujours moins fatigante pour eux. Quant au maître d'équipage, il est récompensé des sacrifices qu'exige l'entretien de sa meute, de ses hommes et de ses chevaux.
La retraite manquée. — Quand au contraire l"animal attaqué a eu le bonheur d'échapper, les chasseurs évitent de se grouper et de traverser en masses compactes les centres habités. — Ils s'isolent volontiers et rentrent incognito chacun par un chemin différent, laissant les hommes d'équipage escorter ces mâtins de chiens qui ont chassé en dépit du sens commun. Ajoutez à l'humiliation de la défaite la fatigue d'une poursuite prolongée jusqu'à la nuit, l'ennui de traîner par la figure un cheval surmené, et la certitude de ne pas dîner avant une heure extrêmement avancée, et vous vous ferez sans trop de peine une idée approximative des dispositions d'esprit dans lesquelles se trouve un veneur en pareille occasion.
Il V a pis qu'une retraite manquée. C'est Je perdre la chasse, et, en cherchant à la retrouver, de s'égarer dans un pays absolument inconnu. — Tel est le sort trop souvent réservé aux invités ambitieux qui veulent suivre aux chiens et négligent de s'auacher aux pas d'un prudent
11 leur arrive de passer toute la nuit à chercher à lire les plaques indicatives placées aux carrefours et de reconnaître au petit jour qu'ils se sont constamment éloignés de leur résidence.
La rentrée au bercail. — Vont enfin se coucher, et jouir d'un repos bien mérité! 1 Mais à quelle heure?
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