SCÈNE DIXIÈME
Les MÊMES, LÉON.
LÉON (boitant). Bonsoir messieurs.
Durour. Du renfort !
LÉOx. Ne vous dérangez pas, je ne viens point pour jouer.
VAUBERT. Et votre jambe ?
LÉON. Elle est mieux. Gaspard est-il ici ?
Gasparp. Me voici. Vous jouez Léon ?
LÉON. Merci. Vous savez que je ne joue jamais.
GasPARD. Une fois n’est pas coutume.
LÉON. C'est vrai, mais la coutume commence par une fois, puis deux, puis...
Durour. Encore un difficile !
VAUBERT. Je cède ma place à monsieur.
:Durour. Et notre revanche ?
Tous Les Joueurs. Et notre revanche ?
VAUBERT. Je vais m’exécuter si vous y tenez. Mais j'ai de la déveine et je suis indisposé. Je vous demande congé jusqu'à demain soir.
GaspARD. Non pas ! On croirait à une fuite a4 moment du danger.
VAUBERT. , Puisqu’il en est ainsi, je
vous demande un congé de deux heures seulement. Gaspard veux:tu m’accompagner ? Tu me ramèneras.
GasPARD. Je suis en veine dans ce moment, mais dans vingt minutes je te verrai au café Rabat ; est-ce dit?
VAUBERT. C’est bien alors, et nous reviendrons ici ensemble ? (Vawbert sort.)
GasparD. Oui ! Oui ! Dans une heure.
(Avec éclat). Paire de valets !
Durour. Trois dames !
Emarp. Suite pleinc !
UN HABITUÉ (éfalant son jeu et ramassant l'argent). Je vous casse messieurs !
GasPARD (avec découragement, 1egaraan le jeu ide l’habitué), Quatre as ! !!
: Durour. Un beau coup de filet. Cent soixante piastres ! M. Desmärs, vous risqiez trop et nous sommes forcés de vous suivre ; vous risquez trop jeune homme !
GasparD. C’est à reprendre. Je double la rise !
L£on. Voyons Gaspard, sois sage, mon ami |
GASPARD (surexcité), mise | e Durour. Attendons pour cela, le retour de M. Vaubert.
GASPARD (de mauvaise humeur). Dans ce cas, je cours le ramener. (/7 se lève et l'on entend du brutt à la porte.)
PETRUS (à /a cantonade). Mais nous n’admettons pas de femmes ici !... Mais non |... Si, c’est un club ; mais pour des hommes seulement... On n'entre pas !
(Une voix de femme à la sortie.) Mais j'entrerai bien ! (Une femme voilée entre en repoussant Petrus.)