‹ La chasse à l'homme; guerres d'AlgérieChapitre 39 sur 51 · Sidy-Aïssadu ( Sidy-Hamet-ben-Amar, ex-klia · texte numérisé non relu

Sidy-Aïssadu ( Sidy-Hamet-ben-Amar, ex-klia

sud-est Ziban.( lifat du Ziban 20

^, „ ( El-Hadi-Hamet-ben-Abd-el- El-Boussea. r> i • rr

( Baki 44

Beni-Ghougram. Hamet-bel-Bou-Kouch 45

Beni-Mdian. Moustapha-bel-Abbes 8

Total des fractions isolées. . . 117

Deïra proprement dite 106 tentes.

Ces ]0Q tentes sont composées de gens qui campaient presque toujours avec Je douar de Ei-Hadji Ahd-el- Kader, et sont de toutes les tribus de la province. Le temps a manqué pour en dresser la liste détaillée.

Total général : 590 tentes.

Réguliers.

/ Sy-el-Missoum (agha).

l Mohamed-bel-Kbréir (id.) \ Mohamed-ben-Kbaelda (id.) Infanterie. ' Bouzid.

Sous-officiers et soldats : oo bommes.

Les aghas ont leur tente, mais gêné- \ ralement les soldats sont sans famille. Kaelda bel Hacbemi (agba).

, .., . Etfiany (agba), 23 cavaliers.

Segroû-ben-lklef (agha).

L'Harbi-ben-Hammon (agha).

Les cavaliers de Kaelda-bel-Hachemi sont avec lui à Nemours, ainsi que ceux du fanion de Ben-Iklef et de VHarbi-ben-Hamour.

Toutes les illustrations algériennes furent prises

au dépourvu par cet événement. Sans doute, l'émir poursuivi, traqué par nos colonnes volantes, ne pouvait plus tenir longtemps. Mais chaque chef espérait le prendre de vive force, en 1848, au plus tôt. Sa décision trompa bien des ambitions et des espérances, et dérouta pas mal de combinaisons pohtiques et militaires.

Chacun ne s'en hâta pas moins de revendiquer une part, et la plus large possible, dans ce succès inespéré. Le général La Moricière, le mieux placé, n'eut qu'à laisser parler certains journaux de Paris en sa faveur, et pour être plus sûr de son fait il se détermina à partir pour la France, après avoir adressé de nouveau les reproches les plus amers au colonel de Montauban.

La mauvaise volonté de cet officier supérieur avait obligé le général à faire établir un dossier relatif à la soumission de l'émir, et destiné à prouver que si le duc d'Aumale n'avait pu avoir les honneurs de cette prise importante, la faute ne pouvait en être attribuée au commandant delà division d'Oran.

La lettre suivante, dont l'original est entre mes mains, ne laisse aucun doute sur l'établissement de ce dossier :

Oran, 8 janvier 1848.

Mon cher commandant, Au moment de partir pour France, je m'aperçois

queje n'ai point en ma possession la lettre que j'ai écrite à Abd-el-Kader le 22 décembre. Cette lettre m'est tout à fait indispensable pour compléter mon dossier relativement à la soumission de l'émir. Si par hasard une copie de cette lettre ou une traduction se trouvait parmi vos papiers, je vous prie de l'adresser sans retard au capitaine de Senneville, mon aide de camp, qui reste à Oran et qui me la fera parvenir.

Recevez, mon cher commandant, l'assurance de mon attachement.

Le lieutenant général commandant la province d'Oran^

De LA MORICIÈRE.

M. le commandant Bazaine,

chef du bureau arabe de Tlemcen.

Le général Gavaignac qui, depuis quinze jours, avait quitté Paris pour revenir au chef-lieu de sa subdivision — subdivision heureuse puisqu'elle avait été le théâtre de la prise de l'émir — fit valoir bien haut ses titres.

Le général Renault avait remplacé Gavaignac à Tlemcen pendant ses trois mois de congé, et il était rentré à Mascara juste au moment précis de l'aventure ! Il ne s'en consolait pas. Au milieu des officiers du 6*" léger, son beau, son ancien régiment, réunis tout exprès pour l'entendre, il attribuait à ses habiles dispositions, ainsi qu'à la crainte que son nom inspirait aux Arabes, tout le mérite de l'affaire.

Tous, tous, jusqu'aux simples mâtins, inten-

dants, chefs de bureaux arabes, prétendaient à un fragment de la peau du lion du prisonnier.

Or, la vérité vraie, la voici :

Ce furent les dispositions habiles prises par le maréchal Bugeaud; ce furent ses colonnes mobiles, légères, agissant depuis la Tunisie jusqu'au Maroc, et perpendiculairement à la mer, qui, ayant depuis 1844 poursuivi Abd-el-Kader, — au prix de quelles fatigues. Dieu le sait! — de province en province, de refuge en refuge , lui avaient successivement enlevé l'appui des tribus rapprochées, puis celui des tribus lointaines, pris ses tentes, ses convois, en partie sa daïra, et enfin l'avaient acculé à ce Maroc oii il espérait trouver un sûr abri ; ce fut, Muley Abd-er-Rahman, à qui l'on dut de tenir en notre pouvoir notre irréconciliable adversaire. Les sévères leçons d'Isly, de Mogador et de Tanger agirent moins sur sa détermination tardive d'exécuter le traité qu'elles lui avaient imposé, que le soin de sa sûreté personnelle et de la conservation de sa couronne, menacées par l'énorme influence politique et religieuse donnée à l'émir par sa longue lutte contre les Roumis. Les Halaf ne prirent les armes, pour seconder, à la dernière extrémité, les troupes marocaines, que lorsqu'elles eurent dépassé Thaza.

Le rôle des autres personnages eut sa haute utilité, sans doute; mais le dénouement de l'action

surgit indépendant de leur habileté et de leur vouloir. Ils ne furent que des comparses.

Beaucoup s'indignèrent des conditions faites à l'émir, même après que le gouvernement de Louis- Philippe, prétendant que les engagements de La Moricière et du duc d'Aumale étaient téméraires et qu'ils avaient outrepassé leurs pouvoirs, l'eût emprisonné au fort Lamalgue.

Ces gens ne se rappelaient que du massacre des prisonniers français, en oubliant les tueries ordonnées parYusuf et compagnie ; les déplorables habitudes de sauvagerie et de représailles à outrance contractées par nos soldats; les grands chiens européens, nourris par l'administration militaire et répartis par compagnies, dressés à la chasse aux Kabyles qui, voulant être libres, avaient refusé leur concours à Abd-el-Kader et auxquels on avait promis qu'il ne leur arriverait aucun mal de notre part, s'ils gardaient la neutralité ; les soldats du maréchal Bugeaud coupant les quatre membres aux femmes, qui n'étaient pas toujours des cadavres, pour s'emparer des cercles d'argent rivés à leurs jambes et à leurs bras, et leur arrachant les oreilles pour avoir plus tôt fait, afin de leur prendre leurs anneaux, etc., etc.

D'autres, ne considérant que ses talents, son patriotisme, sa qualité de prisonnier volontaire, auraient voulu que l'on respectât la parole d'un fils

de roi donnée au fils de Mahiddin. Les ministres qu'effrayait la possibilité de sa rentrée en Algérie où il ne manquerait pas, selon eux, de recommencer à prêcher la guerre sainte, ne s'arrêtèrent pas un instant à cette opinion.

Pourtant Abd-el-Kader ne resta pas, comme on sait, au fort Lamalgue. Il fut interné an château de Pau, puis à celui d'Amboise où Louis-Napoléon le visita, lors de la proclamation de l'empire, et lui rendit la liberté, contre sa promesse de ne jamais retourner en Algérie.

Par cet acte de générosité politique, le nouvel empereur affirmait sa force aux dépens des d'Orléans, et, qui sait? pouvait prétendre avoir reçu le fameux empire arabe, l'un de ses rêves, des mains de l'homme qui avait essayé de le fonder sur les ruines de la souveraineté turque.

A Alger, comme à Paris, la reddition de l'émir parut plus importante que plusieurs victoires et l'on y vit la fin de la guerre d'Afrique. Le 6 janvier 1848, un Te Deum solennel, prescrit par l'évêque, fut chanté dans toutes les églises catholiques des trois provinces. Chant d'actions de grâces inutile et encens brûlé bien mal à propos. On allait bientôt s'apercevoir qu'Abd-el-Kader « n'avait emporté avec lui ni le génie arabe, ni la haine que portent aux chrétiens les sectateurs du Koran», comme l'écrivait Yusuf; que Tétincelle couvait sous

la cendre et qu'il suffisait d'un souffle pour la ranimer.

On allait voir également que si, comme l'a dit M. A. de Broglie, « le meilleur produit que nous ayons tire' du sol africain était notre armée d'Afrique », cette armée continuait plus que jamais à regarder le sol qu'elle occupait comme un champ fertile, où poussaient rapidement et en grand nombre les fortunes militaires, et où la chasse au Bédouin rapportait de plantureuses curées.

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