‹ La chasse à l'homme; guerres d'AlgérieChapitre 40 sur 51 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Proclamation du duc d'Aumale. — Adieux du général Pélissier. — Guerre sainte. — En Kabylie. — Le colonel Desvaux. — Le maréchal Randon. — Voyage de l'Empereur. — Révoltes. — Qui trop embrasse mal étreint. — L'opinion du général Trochu. — Une anecdote. — Civilisation impossible. — Les trois moyens.

Dans les premiers jours du mois de mars 1848, la proclamation suivante fut mise à l'ordre du jour de la subdivision de Mascara :

Au quartier général à Alger, le 3 mars 1848.

M. le général Changarnier remplira par intérim les fonctions de gouverneur général jusqu'à l'arrivée à Alger de M. le général Cavaignac, nommé gouverneur général de l'Algérie.

En me séparant d'une armée, modèle d'honneur et de courage, dans les rangs de laquelle j'ai passé les plus beaux jours de ma vie, je ne puis que lui souhaiter de nouveaux succès. Une nouvelle carrière va peut-être s'ouvrir à sa valeur : elle la remplira glorieusement, j'en ai la ferme conviction.

Officiers, sous-officiers et soldats, j'avais espéré com

battre encore avec vous pour la patrie ; cet honneur m'est refusé... mais du fond de l'exil, mon cœur vous suivra partout où vous appellera la volonté nationale : il triomphera de vos succès; tous ses vœux seront toujours pour la gloire et le bonheur de la France.

Henri d'Orléans.

La France était en république.

Le nouveau pouvoir, se berçant des mêmes illusions que celui qu'il remplaçait et regardant du côté des Alpes, enleva d'un seul coup dix régiments inutiles à l'Algérie. Le 6'' léger fut du nombre. Il reçut Tordre de quitter Mascara, de partir pour Oran où l'attendaient les bateaux qui devaient le ramener en France, et je dus dire adieu à mon cher village de Saint-André, pour ne plus jamais le revoir. Je donne ici Tordre de la division dans lequel le général Pélissier, commandant par intérim, nous fit ses adieux. Il ne contient rien que notre régiment ne méritât, puisque nous avions perdu en sept ans 22 officiers par la maladie ou par le feu de Tennemi ; mais il est d'autant plus précieux pour le corps, qu'il émane d'un général qui n'avait pas Thabitude de flatter ni celle de s'attendrir :

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