‹ La chasse au lionChapitre 4 sur 20 · IA CHASSE AU LION CHEZ LES ARABES · texte numérisé non relu

IA CHASSE AU LION CHEZ LES ARABES

Les Arabes, ayant beaucoup à souffrir des ravages que les lions font dans leurs troupeaux, ont dû prendre des mesures pour les protéger.

Depuis que l’expérience leur a démontré que le fusil seul était un moyen de destruction plus dangereux pour l’homme que pour le lion, ils opposent la ruse à l’audace de cet animal, qu’une trop grande confiance en sa force fait souvent tomber dans les pièges qui lui sont tendus.

11 est vrai que le fusil vient toujours au secours du piège ; mais, ce n’est que lorsque le lion ne peut plus atteindre ses ennemis qu’ils l’accablent de balles et d’injures, tr- v»

Avant de parler des tribus qui, de loin en loin, tuent un lion b leur corps défendant, et de la manière dont elles s’y prennent, je crois devoir faire

connaître les moyens de destruction qui ne font courir aucun danger à l’homme.

Je mettrai la fosse ( zoubin chez les Arabes) en première ligne, parce que le plus grand nombre des dépouilles que les indigènes apportent sur nos marchés ont été dérobées ainsi.

Comme j’ai commencé cet ouvrage par un chapitre sur les mœurs et coutumes du lion, je n’en parlerai ici que brièvement, pour l’intelligence de ce qui va suivre.

Afin d’éviter le voisinage des lions, qui habitent en tous temps les montagnes les plus boisées, les Arabes ont soin de s’en écarter avec leurs tentes et leurs troupeaux pendant les saisons du printemps, de l’été et de l’automne.

Le lion ne se levant qu’au crépuscule du soir pour chercher sa nourriture, il s’ensuit que, pendant ces trois saisons où les nuits sont courtes, les douars établis à huit ou dix lieues des montagnes n’ont rien à craindre de cet animal, qui a l’habitude de rentrer dans son repaire à la pointe du jour.

Il est vrai que, chaque tribu ayant son territoire limité, il en est peu qui puissent s’éloigner autant; alors les perles sont subies par une seule fraction tandis que ses voisines dorment en paix.

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Au commencement de l’hiver, il faut que les populations se rapprochent des montagnes, tant pour abriter leur troupeaux que pour faire provision de bois.

C’est à cette époque que les lions, dont l’appétit est aiguisé par le froid, font bombance aux dépens de tous.

Dans les contrées où cet animal nuisible se trouve ordinairement, les Arabes trop paresseux pour travailler eux-mémes, font venir des Kabyles, qui, pour une somme assez modique, creusent une fosse de dix mètre de profondeur sur une largeur de quatre à cinq mètres, en forme de puits et plus étroite à l’orifice qu’à la base.

Cette fosse est toujours creusée sur l’emplacement que le douar* doit occuper pendant la saison d’hiver. Les tentes sont dressées en rond-point autour de la fosse, de manière qu’elle se trouve en amont par rapport ou centre du douar.

L’enceinte ayant été entourée extérieurement d’une haie de deux à trois mètres, formée avec des arbres coupés à cet effet, la fosse se trouve cachée à qui regarde du dehors.

Afin que les troupeaux ne tombent point dans la fosse pendant la nuit, on a soin de l'entourer en aval d'une seconde haie intérieure qui se relie aux tentes. Le soir venu, losdroupeaux sont parqués dans l’en*

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