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. Je cherchais à m 'expliquer les causes de Ia frayeur que j'avais remarquée dans la fuite précipitée des bêtes noires, lorsqu’ il me sembla entendre un bruit de voix sur ma droite, du côté opposé au poste occupé par Rousselot.
Je me rappelai alors ce que j'avais enteudu dire aù camp lors de notre arrivée, savoir, que des maraudeurs, appartenant à la tribu des Ouled-Daun, encore RROUTRIES, venaient presque toùtes Les nuits jusqu’au pied des remparts pour. tirer sur les sentinelles.
Or, si) étais bien informé, hôtis nous tronvions justement sur le chéri de ces messieurs, dont la conversation devenait le plis en à plus distincte.
Il n'y avait pas ün moment à périté ét déjà il était trop: tatd pour me rallier à Rousselot sans courir le risque d’être vu et dé nous perdre ous les deux si, comme j'en jugëais au bruit des Voix, nos importuns étalènt « en trop ‘grand nombre,
J usqu à ce moment, j'avais tourné le dos au sentien, je fis volte-face pour l'avoir devant moi, et, après avoir placé mon pistolet armé et môn couteau hors du fourreau à la ceinture, j'attendis, le fusil à l'épaule, la suite des événements. | |
Voici quelle était la ligne de conduité à laquelle je m'étais arrêté :
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Le sentier étant trop étroit pour qu'i fils pussent marcher deux de front, et leurs burnouë devant efflèurer Îles branches du lentisque qui me sert d’abri, $’ils ne sont que quatre ou éinq, j'arrête le dernier en tirant le pan de son bur-
nous, et, avant qu'il se soit expliqué ce qui le retient, je glisse entre Jui et ceux qui, le rem
bruit.
D'un coup de feu j'en iii un “second, et peut-être deux s'ils sont en file; puis, la surprise et la panique ‘aidant, j aurai facilement raison dé ceux qui Tésteront, si toutefois il en reste. | AE
‘Si, au conträive, ils sont en rép grand’ nome bre, je les laisserait pafser, à moins qu'ils né m 'aperçoivént. Dans cé cas, jé brüle là cer: vélle au premier qui m'aura vu, ét je fonds, come un sanglier qui sort dé sa baüg re, Sur Ja troupè étotinéé, frappant et'tuhht dé mon micux, én attendant l'arrivée du ‘vieux loup,’ qui he saurait tardèr d'accourir pour réndre pat à la bagafre,
"Mes dispositions venaignt d'être prises lots! que je Vis paraitre Arabe qui Märchaït én tôle, C'était un grand gaillard dé la taille d’un ca: rabinier et d’une physionomie qui n6 6 r'espirait rien moins que la douceur,
IT était armé d’un fusil qu'il portait sur Pépaule et d’un pistolet que le pan relevé de son burnous me permettait de voir à sa ceinture.
Derrière lui venait une file de compagnons qui me parut extrêmement longue à mesure qu'elle approchait. -
Lorsque le chef de la troupe arriva à la hauteur du lentisque dans lequel j'étais blotti, il s'arrêta pour parler à ses camarades, qui étaient un peu en arrière et marchait doucement en discourant entre eux, |
Je compris qu’il les engagenit à doubler le pas, et il me sembla qu’en parlant il me regardait. Bientôt il fut rejoint par le reste de la troupe, qui s'arrêta comme lui sur le sentier, si près de moi que je ngvais en quelque sorte qu'à allonger le bras pour les toucher.
Je les comptai, ils étaient quinze, Il est inutile de dire que je renonçai à mon projet d'attaque, et que je ne songeai qu'à me tirer d'affaire dans le cas où je serais découvert.
Heureusement pour moi, celui qui paraissais commander aux marandeurs se remit en.
marche, et fut snivi de près par tous les siens,
On comprendra combien le défilé de ces quinze hommes dut me paraître long, et j’a-.
voue que je me sentis sonlagé d’un grand poids quand le dernier m’ent dépassé, ;
Cependant mon camarade allait courir le même danger, et je ne pouvais rien pour l'en prévenir. Afin d'être prèt à le secourir à temps, je quittai mon affüt et suivis prudemment la lisière du bois sans perdre de vue les Arabes,. qui, à ma grande joie, passèrent à côté de Rousselot sans le voir.
À peine le dernier des mémudénéé avait-il dépassé le buisson dans lequel il était embusqué, que je vis ce‘brave ae çon en: sortir à la hâte pour savoir ce que j’étais devenu.
‘Après lui avoir serré la main &t.lui avoir expliqué en peu de mots ce: qui s'était. passé, nous entrâmes sous bois: pour éviter une deuxième reucontre et attendre la pointe :du Joue avant de regagner le camp. e
: Cette: chasse ne fut pas la dernière, sé pour qu’on se fasse une idée de la quantité de sangliers qui, à cette époque, vivaient autour de Ghelma, je dirai que, chaque jour, les Armbes en apportaient plusieurs sur. le marché; où ils étaient vendus pour la modique somme de cinq jou:six francs, et que, pour ma part j'en ai tué soixante en moins de six mois,
: Avant loccupation française, les Arabes, auxquels la chair du sanglier est interdite par le Cotan, le tuaient pour protéger leur. récoltes. Aujourd'hui il le tugnt pour le vendre sur nos
marchés. Quelques chefs indigènes seuls l’ont chassé et le chassént encore, soit en battue, sait avec des lévriers, pour le plaisir qu'ils éprouvent dans ces réunions, où ils font assaut: d'adresse et de hardiesse comme cavaliers et comme tireurs.
En France, les bêtes noires.ne je quitteht leur bauge qu’à la nuit,.et-elles ne se hasardent. à sortir du bois que: fort tard, Il.n’en est pas de, même en Algérie, où je vois presque tous les jours, quand.je suis. dans la montagne, soit des-vieux sangliers isolés, soit: une compagnie entière, quitter leur fort, au coucher du soleil, pour'aller se: vautrer;à une source assez voisine: de ma tente bé je pos assister à leurs ébats.
+ Sicest enhiver, ils. vechérehent. moins ain et prerinent leurs mangeurés: dans un champ nouvellement ensemencé ou sur l'emplacement:
d’un douar qu'ils mettént. sens: dessus-dessous pour chercher.les gran ” les: Arabes 4 ont; laissés. . mel
: On: AU dleprès ein sise il est facile de tuer. des sangliers, lorsqu'on sait. s’y: prendrè comme :les indigènes. ILs’agit tout simplement : d'aller, nu-pieds: et; à :bon vent, vers l'animal, en profitant: des. accidents’ de terrain etdesarbres qui peuventvous permettra
de l'apprôcher sans en 4 tre vu, s’arrétant quand il écoute, ‘et marchant quand'son boutoir. tra. vaille, afin de ne Pas être entendu. On 'p de cette manière PP'ocher un sanglier isblé à trente pas, Cést: )
Plusieurs, parce
‘Les sanpliers qui arriven SOnt presque tous tués
Les! chefs indigènes qui éourent le sanglier
choisissent Ja’! saison / d'été pour: chasser en | P
“Lors.
8; C'est-à-dire du mois tembre, les bêtes noires
pied, tandis que les cavaliers s'échelonnent dans la plaine pour courir. sus aux. animaux que la peur du feu fait débucher. Cette chasse est pleine d’attraits, et quelquefois dangereuse, quand on a affaire à un sanglier bien armé,
Il n’est pas rare de le voir, après avoir été chargé, charger à son tour et découdre les lévriers trop hardis qui veulent l’arrèêter, ou les chevaux qu’une main maladroité n’a pas su ranger à temps. J’ai assisté à ces sortes de chasses faites par des Français et des Arabes, et.j'ai remarqué que l'avantage était toujours resté à ces derniers.
Co n'est pas qu’ils soient æicilleure tireurs que nous, je'suis convaincu du contraire ; ruais c’est sans doute parce que nous nous occupons toujours un peu ‘de notre chéval pendant la Chasse, tandis que les Arabes l’oublient complétement pour. ajuster et tirer comme: he] étaient à’ pied. .
Je dois reconnaitre, cependant, ç qu xl y à quelques officiers d'Afrique qui ont su s'élever à la hauteur des cavaliers arabes les plus adroits et les plus hardis. Parmi ceux que j'ai l’honneur de connaître, et qui sont en Algérie, je citerai MM. les généraux de Mac-Mahon, Yusuf et d’Autemarre; M. le commandant Dubos, des.gouaves ; MM. les capitaines Borrel