LE OHAOAB ET LE RENARD
LE cHÂCAL <
Le éttcat est, comme l’hyène, plutôt ‘du genre des omnivorés que de celui des carnivores dans lequel il a été elassé. Il vit aux dépens du jardiniér, auquel ‘il dévore ses fruits et ses légumes, et aux dépens des pastours, dont il est après le lion le plus grand ennemi.
Dans les mauvais jours, il se rejette sur les
‘racines, les vers et l'argile, ou bien il fouille les débris et les immondices autour des habitations. Les Arabes disent : Rusé comme un chacal. En effet cet animal, qui tient le milieu ‘entre le loup et le renard, est, comme ceux-ci,
un rusé coquin.
Il passe des journées entières blotti derrière
une broussaille, pour attendre, près d’uné
source, une compagnie de perdreaux. Il profite du moment où les chiens du douar, fatigués d’avoir veillé et crié toute la nuit, se sont en-
. dormis, pour leur passer sur le corps et entrer sous une tente, où il prend soit un agneau, soit une poule.
Dans la moñtagne, il ‘suit les troupeaux de moutons, et leur fait éprouver des perte sensibles. La nuit, il chassé le lièvre et'le paon en compagnie de ses camarades, qui se postent, pendant qu’il suit la voie en criant.
Non content des bénéfices que peuvent lui procurer ses diverses branches de son industrie privée, le chacal, qui. pullule en : Algérie, et surtout dans la province de. Constantine, s'est associé à ,l’hyène, aux maraudeurs et. aux lions, Il va.sans dire que ce ne sont pas ceuxci qui retirent le plus grand, prof de l'intervention de ce parasite ;. car c'est surtout avec les lions et les maraudeurs que le chacal mène une vie de sybarite sans. ge donmer beançonp de peine,
Voici : comment ris choses se RE
Partout où. il y a des populations arabes, il y a des maraudeurs. Ce sont des j jeunes gens qui ont bon pied, bon œil, bon courage, .et qui s’en. vont, par les nuits les plus noires, tantôt quatre, tantôt dix, prendre dans les troupeaux de leurs voisins quelques bêtes à cornes .ou autres; ce qu’ils appellent Siren une. pranter nade de nuit.
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- Le chacal, ayant rencontré une fois pareille bande ramenant bœufs et moutons, se mit. à les suivre. :
Bientôt le chef des scans fit remarue aux siens qu’ils avaient fort mal diné, et qu'un mouton de plusou de moins n’était pas grand’ehose: Ps n’en coûtait pas davantage.
Chacun fut de:son avis hé en un instant) la bète fut. égorgée, dépouillée, embrochée à un: arbre coupé: à cet effet, — un ou is aurait fait rôtiv-un bœuf. : L
: Be chacal:se réjonitifort des: préparatifs fi festin, tout en pensant à part lui que;:malgré: ce feu d'enfer, le mouton:serait :bien:long à cuire, et que, pour s& part, il:se: contenterait. bien de l'intérieur etides: ets sion ts ue mettait de: les prendre. ‘0: -
‘Comme:on .he faisait, pas: attention: à Ini il voulut parlér; maiïs'une grèle.de pierres lui:fit comprendre qui n’était pas invité " Fobige à se tenir à l'écart. | Hs'E 6 ;
Après que la bande noire 86: fut rèpue: et.
mise en route;avec: son butin, leichacal quitta son poste d'observation ét troavé: des restes très-appétissants et en quantité suflisante pour lui et ses compagnons de fortune, qu arrivèrent au premier .appel.
Ces messieurs se trouvèrent si bien de cette rencontre inespérée, .que, depuis ce jour-là, les maraudeurs sont toujours suivis par un de leurs pareils qui ne les perd jamais de vue; et qui, de temps en temps, pousse un cri particu-
lier (une espèce d'aboiement sec et rauque) ,
afin que ses camarades ne s’égarent point et arrivent au moment opportun.
: {C'est par les mêmes raisons que le chacal suit le lion et l’hyène en criant ainsi. De là l'erreur. généralement répandue sur le cri du
chacal qui suit soit des maraudeurs, soit un:
lion, soit une hyène, ét ‘qué l'on LE ds à cetté dernière : *: : :!
Comme lés Arabes #'abuiennont. dé so gèr la nuit, surtout à pied, et que:le chacal,: lorsqu'il rencontre un: ou. plusieurs hornmes,
croit toujours avoir affaire à des voleurs, il m'est arrivé souvent d’être suivi, une nuit én-
tière, par un de:ces animaux, marchant. quand
je marchais, s'arrètant quand je:m’arrêtais, et
criant, comme je l’ai dit plus: a quelque
fois à vingt pas de moi. : a tt d
: Dans les contrées: fréquentées par le lion, les
Arabes appellent le chacal qui crie de la sorte : baouêgh, et, lorsqu'ils l’entendent, ils allument des feux ou tirent des coups de fusil pour eugager le lion ou les maraudeurs à passer chez le voisin.