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A moins qu’un troupeau ne soit cèrné par un grand nombré de cavaliers et qu’il ne perde la tête, les jeunes et les femelles restent seuls au pouvoir des chasseurs ; les adultes se
tirent toujours ‘d'affaire ; car leur vitesse et
leur fond sont supérieurs à ceux des meilleurs lévriers.
Dans le Tell, les Arabes font des battues qui ont pour objet de chasser les gazelles
d’une montagne à une autre.
Des hommes. cachés sous bois ou derrière
un rocher occupent les accourres, tenant des lévriers en laisse, et, lorsque le’ troupeau passe. à proximité, ils les lÂchent sans bruit, de sorte que souvent plusieurs gazelles sont, portées bas
d’effroi ou par surprise sans avoir été courues,
Les fumées de ls gazelle, séchées au soleil et réduites on | poudrè, donnent un goût et üne odeur trés-agréables au tabac que l’on fume en Algérie. Ü'est, selon moi, ce qu'il y a de meilleur dans cet animal, qu'il. vaut. mieux
| voir et avoir vivant que mort, tant il est intéressant et. joli. | rs |
CHAPTRE vET
LÉ PORÉ-EDTO ET LE basis éiéres “à | été | LE: PORG-EPIO | ll ya à. Conétantine plusieurs clubs ou s0ciétés de chasseurs de porc-épic, que les Arabes appellent. hatcheichia, arce qu'ils fument. le hatchich eu guise de HN Les inembtes de
ces différents clubs sont d’origine kabyle. | Leur qualité. de hateheichs, c'est-à-dire
d'homme qui perd la raison en fumant, leur a
valu le mépris de tous les indigènes. Afin de se consoler de cette réprobation énêrale, ils 8e réunissent, tous les soirs, pour ae au s0n du tam-tam et hurler comme des bôtes jusqu’à ce qu'ils tombent sous le poids du sommeil et du hatchich.
Il existe entre les différents clubs une riva lité telle, qu'avant la prise de Constantine et je jour de la fête du printemps, ceux de Ia porté d'Él-Kantara et ceux de Îa porte Jebia se livraient des batailles sanglantes dans les:
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quelles l’arme offensive et défensive était pour tous la massue.
L'autorité française a mis un terme à ces rencontres dans:les murs de la ville ; mais ces messieurs s6 dédommagent quand ils se trouvent en présence sur.le. théâtre de. leurs opérations cynégétiques.
Les hatcheichia aiment la chasse au porcépic avec une passion difficile à comprendre quand on ne sait pas toutes lés difficultés qu’ils sont obligés de vaincre pour. prendre un, de ces animaux. C’est ce que je vais faire en #orte d'expliquer de mon mieux.
” Le porc-épic : a les mœurs èt les habitudes du blaireau, düquel ‘il ne diffère que par la cuiraëse dont l'a doué la nalure afin dé le pré-
des demeures à yne ads Au à et tou jours au pied d’ui rocher.
: Dans les environs de Bougie et de Ghelmà, nos soldats en ont pris des quantités fabuleuses avec des lacets en laiton; il est. probable qu’il s’en trouvait autrefois aux ‘environs de Constantine, qui sont très-rocailleux et remplis dé térriers où les chacals pullulent ; mais les Hatcheïchia ont dû les exterminér, pa qu'il n eu reste plus. |
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C'est ordinairement à la fin de l'hiver qué
îles chasseurs de porc-épic. se meitent en caïnpagne. Comme ils sont obligés dé marcher plusieurs jours avant de pouvoir chasser, om- : me chaque déplacement dure au moins un mois et qu'ils savent par expérience que Jleürs habitudes ne leur donnent aucun droit à l’hospitalité arabe, ils font des préparatifs en conséquence. % .… La veille du jour té pour | le départ, on 86 réunit dans la salle du club et on y fait ripaille jusqu’à l’ouverture des portes. Ceux qui n’ont pas le bonheur de faire partie de l'expédition font la conduite à leurs confrères, qu’ils embrassent en ‘les quittant. comme s ‘ils ne de- ‘vaïent plus les revoir.
. Les. chasseurs, d'ordinaire au RER de Fe ou dix, promettent monts et. merveilles pour l'honneur du elub, et, partent, précédés d’un ou deux baudets qui portent les outils et les munitions dé bouche, et suivis de quelques cou ples de chiens grifions F presque toujours galeux. Chacun d'eux est armé d’un bâton de cinq pieds. de long, à à Y'extrémité duquel est adapté un morceau de fer en fôrme de lance avec. des dents comme celles d’une scie.
…… C’est l'instrument destiné à pourfendre l'ennemi'et à le tirer hors du trou: Des marteaux
en fer de.toutes les formes et de toutes les, di-
he
le plus petit, le plus TA le plus songs dela création, @ qui, s’il marchait sur les mains, ressemblerait à un basset.
Cet avorton est couvert des pieds à la tête d’un vêtement de peau qui lui donne un faux air d'araignée, et qui est sa .cuirasse, à lui.
C'est pourtant là le héros, l'Hereule de la bande, car c est toujours Jui qui sttaque l'animal. |
Après : avoir . marché plusieurs jours : à tree vers les montagnes et les plaines, couchant à la belle étoile, sous la protection des douars, qui leur permettent à. peine de camper à portée de fusil, ils arrivent à un terrier dont ils ps
ont connaissance, ou qui i leur a été signalé. | lui,
Le porc-épic a laissé tomber quelques plu- fer mes qui accusent sa présence; des traces nom- FE breuses et de bon temps indiquent sa sortie et sa rentrée. habituelle, Il ne saurait avoir ten doute : cette demeure. est habitée. de |
Les chiens, découplés, disparaissent dans des les bouches du terrier, et, aux premiers coups . Pig de voix qui se font entendre, les chasseurs ré- de c
| pondent par, un hours joyeux, et disposent la ca
les outils qui doivent place.
servir au siège de la
appelant
expédition est . invisieurs se désolent et le ns €
on à pour objet 8=1à la fin de la rer aur [a fable
Îl est bon de dire que les choses ne se pas- ‘sent pas, FOnIous ainsi, et que, le plus souvent, ‘ce n'est qu "apr s plusieurs jours de 'siége et de travaux pénibles que l'animal est pris, quand toutefois il eBt Pris; ; car il arrive quelquefois qué 8, voies sont si étroites et les parois du rocher si dures, que, malgré les pinces, les marteaux et la passion des travailleurs, T (:) : “fant, quelque fluet qu’il soit, ne peut. arriver jusqu’au dernier réduit du BP et qu'il faut renoncer à la prise.
Ces chasseurs parcourent ainsi les cercles ‘dé Constantine, de Ghelma .et de. Bbne. J'en ai rencontré même dans le cercle de la Calle, à soixante lieues de Jeu point de départ. Leurs | “expéditions, sont plus ou phoins heureuses, et, -8’il arrive. qui “ls rentrent. vec une douzaine d'animaux, qui leur. servent à faire ripâille pendant plusieurs jours, quelquefois aussi, après un mois de. marche, de fatigues et de privations,. ils 2 'Rpporten qu un; .seul. porcépic...
k Lorsque ce cas se présente, les membres du “ehb se réunissent c comme d'habitude pour. fé ‘ter la rentrée de “leurs frères, | et l'animal rôti est. servi sur un plat de bois, et placé : aû milieu de Vassemblée, qui 4 forme le cercle autour ‘de lui et le contemple : avec, bonheuf,
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Le président du club invite son voisin de droite À se servir; celui-ci touche lé plat di bout des doigts de ‘la main droite, qu'il ports à ses lèvres, en disant : J'en aï asses, Tous les convives imitent son exemple, et se rejettent” air le cousooussou et les dattés qui entourent le” plat d'honneur. Puis on chante à tue-tôte, en ' s’aceompagnant des mains et’ du tam-tam, les exploits péssés, présents et à veois et Li “pipe fait le reste,
Le club se réunit le lendemain, le sure:
main et tous les jours de même jusqu'à cé que les voisins se plaignent du tapage que font les hatcheichia pendant |a nuit, de l'infection in+ supportable qu'exhale le porc-épic passé à l’6tat de putréfaction complète, jusqu'à ce qu'enfiu la police intervienne pour mettre à ’la porte la chasse et les chasseurs, qui s’en re ouvrir âilleurs leurs séances.
: A propos du poté-épic, je suis bien dur de rappeler i ici un fait dont jet 6té témoin ét: qûé vient À' l'appui de ce que j'ai dit au chapitre de ‘lHyène. Ayant réncontré un jour ‘une troupe d'hatcheichia awiégeatt un terrier, jé mjs. pied à terre” pour. assister me ‘dénots mént,!
Après plusieurs heures d'un travail acharné, üns ‘hyère fat prise et dréé dehors pay up
FM 1 met
enfant de douze aps, qui avait logé deux pieds de,sa lance dans le corps de l'animal,
-- Des chasseurs européens eussent été fiers. de ce résultat ; ÿ les ML AUUE en furent. mé-
leurs yeux, c'était ! un:mauvais augure, et hui liée, parce..que | Jes Arabes des environs qui étatent venus assister à leurs travaux les accablèrent de toutes sortes de mauvaises plaisanteries. ,., : .:
| ,dlya sans dire. que l'animal. fut laissé sur le terrain pour Servir. de pâture à ses pareils, et. que les. chasseurs quittèrent. le pays pour se soustraire aux invectives des Arabes et, cher: cher ailleurs des réduits mieux fréquentés, É: : Comme ils ne font que deux ou trois camps gnes par an, afin de se tenir eux et leurs chiens en haleine, lés hatcheichia £hassent les hérisacns, Quand le ciel est serein et la lune bonne, ÿs partent. de Constantine dans l'après-midi, axec, gnolques couples de griffons,. et. ils yont battra la plaine; toute la nuit. Dès qu’ un. chien pencontre la yoie du. hérisson, il se. récrie. et est, xallié par.les: autres, qui. chassent de COM cert, comme s’il s'agissait d'un cerf ou SEA sanglieré 1 !
Dès qu'il. se ;\ voit. pris, ana se, ile comme un manchon, opposent les pointes dont
il est couvert aux dents de la meute. Un des
chäéseurs le prend avec le pan de'son burnous, le met dans’son capuchon, et la chasse contiride ainsi jüsqu'au-matin. : | ar | . LE MENU GIBIER “Pendant les brèriidtes années dé Pocenpatiüh frahçaise, le pibier'de toute sorte étuit si abondant en ‘Algérie, qu’une perdrix valait dix centimes, deux lièvresun franc, et ainsi du reste. Les plus mauvais chasseurs rentraient toujours des carnassières pleines, et, dans ‘un grand nombre de localités, on chassait à une portée de canon du rempart quand c "était" une ville, du fossé quand c ‘était un camp:
Il me souvient qu’au mois de septembre 1842 j'ai tué, un jour entre lé déjeuner et’ le: diner, dans les environs de Ghélina; quarantecinq pérdréaüx: ‘et sept lièvres Avec ün fusil dé dragon. J'ajouterai que je ne suis ‘pas un ti: reur de prelnièfé forcé et quej’en connais qui, armés ve fusil Léfauthenx auraient tué ‘la double: | snif Gong 88 amaÛl
A fois a chasser 'én tout ‘témpk, Je gibiét est devenu plus clair.semé’ autour dés’ ‘villages et dés camps; et rare près dés ‘villés, Cepen: dant, cémhd il éiste dns toutés les provinces, et surtout dans éellé dé Obfstkntine, bieu des
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