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Vous les laisserez passer et attaquerez celleci Dans le cas où les lionceaux vous parattraient plus jeunes, soyez prudent, la mère n’attendra pas que vous l’attaquiez, elle ou ses enfants ; dès qu'elle vous apercevra, elle prendra l'offensive, et ce n’est pas chose facile que de se tirer d’un pareil duel. Exemple :
Dans.le courant de novembre 1846, un lion avait étrang'é et trainé un cheval au fond d’un ravin. Je jugeai par:le pied que le lion devait être une lionne. Assis au pied d’un lentisque, j'attendis.
La première nuit, rien:; la deuxième, rien; la troisième, de bonne heure, -arriva la maanan avec ses petits déjà assez grands.
Un d’eux flairait déjà le cheval couché, le ventre en l’air, dans lelit même du ravin. Il allait l’'entamer, lorsque sa mère, qui s'était couchée, pour le voir faire, ayant regardé de ious côtés m’aperçut. Nos yeux s'étaient à peine rencontrés, que, d’un bond, elle sauta sur son fils, comme si elle eût voulu le dévorer. Le pauvre petit pris la fuite, et il ne resta devant moi que le cheval,
Un novice se fût dit: Que n’ai-je tiré plus tôt! et eût regardé Ja pârtie comme perdue.
Je savais que la ‘partie n’était pas jouée, et
qu’elle ne serait pas facile à gagner; aussi mes yeux et mes oreilles faisaient merveille, k | Gite
Tout à coup, sur ma gauche et presque derrière moi, j’entendis comme le bruit d’une souris effleurant un buisson, et, portant mon attention de ce côté, j’aperçus d’abord deux grosses pattes, puis de longues moustaches, puis un nez énorme.
Le fusil était à l'épaule, le doigt sur la détente; au moment où l’œil apparut, fixe et blafard, un lingot en fer partit et fut heureux.
La lionne ne vous attaquera pas franchement, elle s'arrêtera en vous voyant, puis, si vous l’ajustez, elle se couchera.
Vous ne verrez plus rien, tant elle se rasera.
Au bout d’un instant, elle lèvera la tête. Si vous n’avez plus le fusil à l’épaule, elle se lèvera et fera semblant de s'éloigner ; mais elle ne partira que si ses lionceaux sont bien loin déjà.
Si ceux-ci rôdent près de vous ou sont arrêtés, la lionne, que vous croirez loin, se rapprochers sur le ventre, et tombera sur vous à l’improviste sans que vous l’ayez entendue.
Ainsi, prudence, sang-froid et vigilance.
Si vous passes la saison d’été à la Mahouna, il arrivera qu’un beau soir, un peu après le ‘coucher du soleil, tandis que vous humerez une tasse de café, assis devant votre tente, vous percevr ez comme le bruit lointain de l’artillerie s6 répercutant ‘d'écho er écho.
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a déxe et reux.
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houna, rès le 1merez tente, de l’ar-
Îl n’y à pas de place forte dane et le canon de Ghelma vez-vous et allez douar pour mieux entendre,
Jamais votre oreille n’a été fra
son plus harmonieux, plus Magnifique, plus imposant, Attention, et ne Perdez pas une note.
C'est un grand vieux lion arrivé dans Ja
nuit, dont les SOupirs ont ébranlé les montagnes.
Attendez un paire.
Il marche, les yeux À PAS encore bien éveillé.
Tout à l'heure i] aura secoué sa Paresse, et alors il rugira,
Les Arabes l'ont entendu, ils vous appellent de tous côtés, ils vous cherchent : ces gens-là sont Payés pour savoir ce que leur coû. tera l’arrivée du maître, |
Si vous les écoutiez, il fandrait Partir à J’instant et tuer ce lion avant qu'il at Parcouru Ja moitié de ses domaines,
ls viennent tous, petits et &Tands, s’accrou. pir au‘our de Vous et écouter avec un silence religieux cette voix qui fait taire tontes les VOIX, cette voix qui vous dit la force et le Courage du plus fort et du plus Courageux sur Ja terre,
Ce pays-là, ne tire qu’à midi. Le-
Peu, il vient de Quitter son re.
demi-fermés, il n’est
Observez les Arabes, c’est curieux et instructif,
Dès que le lion s’est tu, ils se sont mis à parler tous à la fois, ils vomissent contre lui mille imprécations, ils lui prodiguent les épithètes les plus injurieuses, ils vont jusqu’à le menacer.
Le lion rugit-il de nouveau, la parol: reste suspendue au bout de leurs lèvres : ils ne perdent pas un son.
Il y a dans ce silence respectueux des Arabes un grand enseignement pour vous et pour les autres. :
Je vous ai déjà dit que l’Arabe était brave:
et comment ne le serait-il pas ? il naît, il vit, il meurt au milieu de dangers que l’homme de l’Europe civilisée ne connait pas et ne peut pas connaitre.
Dans son enfance, au lieu de morale, on lui parle tueries, guerre et combats,
Le plus sage, le plus vertueux, le plus considéré, est celui qui tue le mieux et le plus souvent.
On lui apprend la vengeance de famille, la haine de tribu à tribu, l’exécration du chrétien, et, pour compléter son éducation, lorsqu'il a atteint sa quinzième année, il arrive qu'un soir, après que les vieillards ont raconté
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autour du foyer, sous la tente, leurs haïnes ct leurs vengeances, quand les voisins sont retirés, au moment où l'enfant cherche nne place pour se coucher, le père le pousse du pied en l'appelant paresseux, lâche.
L'enfant, qui n’a pas compris, suppiie son père de s'expliquer.
Celui-ci lui montre en riant un vieux pistolet attaché au montant de la tente, à côté d’un poignard.
L'enfant bondit vers son père, il l’embrasse respectueusement sur l’épaule,
Le père, heureux et fier d’avoir un fils qui lui donne de si belles espérances, le fait asseoir près de lui, et lui parle en ces termes :
—Es-tu déjà allé, la nuit, sans que je t’aie vu ?
L'enfant raconte ses amours avec une jeune fille qu’il a visitée quelquefois, au risque de se faire casser la tête d’un coup de pistolet.
—C’est bien, lui dit le père; —mais ce n’est pas suffisant. Tu es déjà grand, et je rougis d'entendre nos voisins t’appeler petit. Il faut leur faire voir que tu es un homme. |
—Je ne demande pas mieux, répond l’enfant; mais, pour aller seul, la nuit me paraît bien noire, et j’ai peur.
— Pour la premier fois, tu n’iras pas seul ;
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prends ces armes, quitte ton burnous, qui est trop blanc, et serre ta chemise à ta ceinture.
Pendant que notre élève fait sa toilette, le vieillard passe sous la tente d’un ami et Ini dit :
—Mon fils est prêt.
Les mamans pleurent un peu, dans la crainte d’un insuccès ou d’un malheur; mais on leur dit que les jeunes gens seront conduits par un homme courageux et prudent.
Tout s’arrange pour le mieux, et à dix heures, par une pluie battante et par une nuit noire, trois hommes, couverts d’une chemise couleur de terre, relevée au-dessus du genou par une ceinture de cuir, quittent le douar avec mystère.
Sous un burnous rapiécé en mille endroits, et qui a servi a trois générations sans être jamais lavé, ch4cun de ces aventuriers cache un pistolet et un poignard. La tête est couverte d’une calotte de couleur brune et les pieds sont nus.
Ils marchent en silence à travers champs, et ne s’arrêtant qu'en vue des feux ennemis.
C’est un douar de dix à douze tentes, placées en rond-point et se touchant ; au milieu sont les troupeaux. En dehors et devant chaque tente veillent une multitude de chiens faisant bonne garde.
Dans ce douar est un homme dont le père ou l’aïeul a tué le parent ou l'arrière parent d'un de nos aventuriers. C’est la vie de cet homme qu’il leur faut.
Les feux se sont éteints un à un, et tout le monde dort ou paraît dormir, excepté les chiens. L'ancien, sachant qu’à une certaine heure de la nuïît, quelques chiens, excédés de fatigue, finissent par s'endormir, attend que le moment d’agir soit arrivé. |
Sur <es entrefaites, un lion qui n’a pas dîné et qui, vu l’heure avancée de la nuit, se sent fort en appétit, arrive de ce côté.
Il aperçoit trois hommes accroupis : “ Bon, dit-il, voilà des camarades qui m’attendentfort à propos. ” Et il se couche.
Il faut que vous sachiez que lelion est trèsparesseux de son naturel. Or, comme les hommes qui rôdent pendant la nuit sont plus souvent des voleurs de bestiaux que des assassins, voici ce quela mère lionne dit à son lionceau, lorsque, étant majeur, il veut voir du pays:
—Mon enfant, quand tu rencontreras des hommes, la nuit, tu les suivras; tu ne leur feras point de mal s’ils se tiennent tranquilles,
La chair de l’homme ne vaut pas celle du bœuf, la plupart même sont secs comme des barengs. |
Tu voyageras donc de compagnie avec eux, Quand ils arriveront près d’ün douar, tu te:
ooucheras, et ils travailleront pour toi.
Laisse-les emmener à quelques distances les bestiaux qu’ils auront enlevés ; puis, lorsque tu trouveras sur ton chemin un ruisseau ou une source, présonte-toi et demandée ta pert.
Le lion, qui a suivi les conseils de sa maman, s’en est bien trouvé.
Au lieu de porter on de trainer son diner pendant un quart d'heure et d’aller ensuite à la recherche d’un ruisseau pour se désaltérer, il trouve cette besogne toute faite par ses amis.
Or notre lion s’est couché et il attend ; mais les chiens, qui ont vu ses yeux ou qui Pont flairé, font un tapage d’enfer.
L'éveil est donné au douar, tout le monde:
est sur pied. Les uns crient, les autres tirent des coups de füsil en l’air.
Les femmes rallument les feux et jettent des tisons enflammés.
Pour peu que cela continue, le jour arrivera sans que les camarades du. lion puissent agir. La faim presse ce dernier, il s’impatiente : Ah / ah! dit-il, je prendrai un mouton moi-même, ce n'est pas lourd ; et il se lève.
Le douar est placé sur un versant, il se dirige rapidement vers le haut,
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Les chiens, qui le suivent tous du regard et du nez, se portent de ce côté.
Il s’élance, et, en moins de temps que:
j'en mets à vous le dire, il a franchi la haie de six pieds de haut qui entoure le douar. Il a. pris un mouton dans l'enceinte, sauté une seconde fois et a disparu.
Les-chiens sont sous les tentes, muets de:
stupeur ; les hommes sont comme les chiens.
L'orage passé, on constate l’enlèvement du.
mouton. L'æil d’un Européen ne verrait ni les tentes ni les troupeaux, tant la nuit est obscure.
Un Arabe a dit:
— Gest le mouton noir qui boite,
Tout le monde s’est recouché, et, à part quelques vieux chiens, la meute des gardiens suit l'exemple des maîtres. ;
Alors nos trois hommes visitent soigneusement les amorces de leurs pistolets, et marchant sur les mains, ils s’avancent invisibles et silencieux.
La tente est signalée par le vieux, qui ne dit que ces mots aux jeunes gens :
— Enfants, soyez des hommes.
Is touchent à la haie vive qui couvre le.
douar. Le passage des troupeaux est bouché:
par des épines.
Ee vieux souffle à l’oreille de ses compa-.
gnons ces paroles :,
— Ne bougez pas de là jusqu’à ce que vous entendiez les chiens faire vacarme de l’autre côté ; mais alors dépêchez-vous.
ji fait volte face sur le ventre, et, rampant autour du douar, il est arrivé du côté opposé à la tente de l’ennemi commun.
Il se lève peu à peu; si les chiens ne le voient pas encore, il fait quelques pas, il tousse, c'en est assez. En un instant, sur la voix d’un seul, tous les chiens du dousr sont autour de lui.
Pour les maintenir à distance, il n’a qu’à marcher vers eux à quatre pattes ; les cons ont peur et ne l'approcheront pas
Maïs déjà la porte du douar a été éhleyée avec précaution par nos jeunes gens.
La tente est là sous la main.
Ils passent la tête et écoutent : rien. Tout # monde dort, La place des femmes est là-bas,
elie des enfants est près des femmes.
bn à maître, lui, est couché en travers de 1a porte, un pistolet sous la tête, son yatagan à côté de lui.
L'enfant que nous connaissons a disparu entièrement sous la tente; l'obscurité ne lui permet pas de voir son ennemi, mais il entend son souffle, i! se traîne jusqu’à lui, il flaire son haleine. La tête est bien là. Un coup de pistolet se fait entendre, et tout est dit,
Une heure après nos trois assassins ronflent comme des bienheureux sous leurs tentes.
Le lendemain, l’enfant est proclamé homme, et a voix délibérative dans les conseils. Ses camarades lui parlent avec déférence, et quelque jolie file le récomponsera de sa belle action.
L'homme qui a reçu une pareille éducation est nécessairement courageux, et courageux la nuit.
Eh bien ! parmi tous ceux qui vous entourent, il.y en a vingt qui présenteront leur tête au yatagan sans aucune émotion; mais vous n'en trouverez pas un qui soit assez courageux pour attaquer franchement cet ennemi qui leur fait tant de mal.
D'où vient ce respect de l’Arabe pour le lion ? Il vient des nombreux exemples que celui-ci a donnés de sa force et de son courage. Il y a eu bien des luttes, bien des combats ; toujours le lion a été le plus fort, et, quand il a succombé au nombre, la victoire a coûté trop. cher. |
Voyez combien elle est belle, votre mission, à vous Européens, à vous Français, dont les pareils sont tenus en médiocre estime par les Arabes !
Si vous faites le bien en donnant aux pau-
vres, ils diront que vous ne savez que faire da votre argent et ne vous en estimeront pas davantage. |
Si vous faites le bien en rendant la justice, ils diront que vous faites cela pour les attirer vers vous et les convertir à votre croyance, à vos costumes à votre religion, et ils se méfieront de vous.
Soyez plus fort, plus courageux, ils vous auront en respect et en vénération. Vous leur imposerez toujours et partout, ils n’oseront pas vous regarder en face. Ce n’est donc pas seulement pour vous que vous jouez à la mort, c'est pour l'Europe civilisée, c’est pour la France.
Revenons à la Mahouna.—Ne vous pressez pas d’aller au lion ; il arrive à peine et restera dans le pays une lune au moins. De bons repaires, des troupeaux partout, de l’eau en abondance : où pourrait-il être mieux ?
Si la lune est bonne, rapprochez-vous d’une demi-lieue pour mieux entendre ses rugissements, afin de vous y habituer. Plus vous vous rapprocherez, et plus vous serez ému par cette voix qui n’a pas sa pareille.
Si l'animal paraît se diriger vers vou:, quittez le sentier et entrer sous bois à quelques pas seulement.
Vous pourrez ainsi l’entendre de très-près quand il passera, et je vous assure que vous aurez peur.
Restez où vous êtes jusqu’au jour, et recommencez le lendemain,
Il est probable qu’on viendra vous dire que le lion a tué quelques. bœufs, quelques chevaux ou mulets: un grand vieux lion n’y va pas de main morte, allez vous asseoir à dix pas du cheval, bœuf ou mulet tué le dernier.
Placez-vous de manière à dominer le lion quand il arrivera, vous pourrez l’ajuster à votre aise. IL mange lentement et vous fera l'honneur de vous regarder de temps en temps comme pour vous demander ce que vous faites là.
Tirez entre les deux yeux et tuez du premier coup.
Si vous avez passé deux nuits sans voir le lion, soyez sûr qu'il ne reviendra pas là, il tue et mange ailleurs.
Cependant la lune est dans son plein, elle se lève au crépuscule du soir et se couche à la pointe du jour. R
Vous avez pu étudier les marches de lanimal, vous devez savoir qu’en quittant telle demeure il suivra tel sentier sur lequel vous pourrez le rencontrer,
Partez au coucher du soleil, allez vous asseoir sur un rocher"qui domine les repaires, et attendez.
Au premier rugissement, prôêtez l'oreille pour savoir la direction que prendra le lion. S'il se dirige vers vous, vous n’aurez que quelques pas à faire ; s’il va du côté opposé et que vous ne puissiez lui couper les devants, allez l’attendre au retour. Quand il aura fait sa nuit, il ne manquera pas de revenir.
‘ Ce côté de la montagne étant partout trèscouvert et coupé de ravins profonds, le lion n’a que deux chemins à suivre pour aller dans les douars ; il vous sera facile de le rencontrer.
Lorsque vous entendrez les rugissements se rapprocher et que vous jugerez l’animal sur Je même sentier que vous. marchez à sa ren- ‘contre jusqu'à ce que vous trouviez une clairière,
Les oliviers sauvages et les chènes séculaires qui bordent les chemins interceptant tellement les rayons de la lune, que vous ne voyez pas à vos pieds.
La rencontre vous serait fatale en pareil lieu ; il faut donc chercher un bon terrain sur lequel vos yéux puiseent voir. Quand vous l’aurez trouvé, asseyez-vous et attendez.
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Soit qe le lion, venant de quitter son repaire, marche à cette allure rapide qui lui permet de faire beaucoup de chemin en peu de temps sans se fatiguer ; soit que, venant de faire sa nuit, il s’avance lentement en dandinant son énorme tête, dès qu'il vous apercevra sur son chemin, il ne manquera pas de s'arrêter.
Si vous restez assis, il s’approchera doucement, s’arrôtant de temps en temps pour piaffer à la manière des taureaux.
Tantôt il rugira à vous rendre sourd, tant il poussera des soupirs diaboliques.
Ne le perdez pas de vue un seul instant, ayez toujours Vos Yeux sur S68 yeux.
S'il quitte le sentier pour aller à un arbre voisin aiguiser ses griffes, tenez-vous prêt.
Le voilà qui revient: prudence et sangfroid.
La moindre précipitation vous pérdrait infailliblement.
Il voit vos armes, et aucun de vos mouvements ne lui échappe.
Il “’attaquera que sur votre premier coup de feu. d
Quand vous l’ajusterez, il se conchera à la manière du chat.
Dans cette position, il ne vous présente que
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— TE entrer em anne ue oh ET ne ru mn,
Ro du er 5 re Or mures L,
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4e haut de la tête, et, alors, quelque rapproché que vous soyez, je ne vous conseille pas de faire feu.
Sans que le fusil quitte l'épaule et vos yeux sur les youx du lion, marchez quelques pas en dehors du sentier, soit à droite, soit à gauche, suivant que la lune éclaire le mieux votre ennemi de ces côtés.
Si vous tournez trop, il croira que vous allez tirer au corps, il fera volte-face sur le ventre, vous présentant toujours le front,
Né faites que deux ou trois pas, et, dés que sa tempe vous apparaîtra presque de face, ajustez bien entre l'œil et l’oreille, et pressez la détente.
De deux choses l’une : ou. le lion est tué instantanément, ou bien, avant que vous ayez pu juger de votre coup, vous êtes couché sur le dos, sous le ventre du lion, qui vous couvre de son corps et vous tient enlacé de ses grittes puissantes. Mais vous n'êtes pas mort pour cela, |
Si votre balle a été heureusement dirigée et n’a pas rencontré d’obstacle qui l'ait fait dévier, vous en serez quitte potr une douzaine de coups de griffes dont vous pourrez guérir ; pourvu que la gueule du lion n’ait rien touché et que son agonie ne dure pas plus de quel-
8, VOUS pourrez Vous tirer d’af.
e3 pas porfrappez vite, fort et dans
Si le lion est mort sur place, remerciez Dieu et saint Hubert, et recommencez,
Un petit conseil : toutes les fois que vous
n ace d’un lion adulte, ne F0Yez pas trop long dans vos Manœuvres.. :
Si la Précipitation Peut vous coûter Ja vie, trop de lenteur dans l'attaque. peut vous perdre également. CPP TET
Le lion, hnpatienté, n’a qu'à bondir sur * Vous pendant que vous l’ajustez, et yons êtes désarmé et mis en lambeaux Sans avoir pu envoyer une balle. fuot à all
Et maintenant I vous avez délivré. Jen Montagnards de leu ennemi, Maintenant que VOUS avez pu voir l’e votre heureux
velles victoires. .
et les environs de Med.
jez- Amar, totjours dans le cercle de Glreïnra, sont des repaires favoris pour les lions voyageurs.
Mettez-vous sur les traces d’un de ees beaux vieillards cherchant un Eden pour terminer sa carrière.
Suivezte du soir au matin à travers les montagnes et les plaines, Lorsqu’à la pointe du jour vous aurez entendu son dernier rugissement, soyez sûr qu'il passera sa journée-là,
Faites venir votre cheval, que vous avez Jaissé bien loin derrière vous, prenez quelque repos, et le soir rapprochez-vous du repairé. Au premier rugissement, faites en sorte de re- ” joindre l'animal,
S'il a pris un parti, cherchez à le précéder sur Je:chemin qu’il suit.
Allez, allez toujours, voyez du pays. À force de marches, de fatigues, de privations, vous. arriverez à vous trouver en face de votre adversaire ; quelques minutes d'entretien avec lui vous feront oublier le reste. ,
Tant que vous pourrez vous en passér, ne tuez jamais un maraudeur; si vous êtes contraint de le faire, à votre corps défendant, ne mettez plus le‘pied dans le pays où vous l’aurez tué.
Dans les contrées où vous vous serez fait
connaître, vous n’aurez plus rien à craindre d'eux; bien plus, il suffira qu’ils vous sachet dans les environs, pour qu’ils s’abstiennent de rôder, la nuit, sur vos brisées,
Ne marchez jamais sans le clair de lune.
Armez votre carabine en quittant votre tente et ne désarm'ez qu’au retour.
Marchez doucement et sondez des yeux le terrain devant vous et autour de vous.
Arrêtez-vous souvent pour écouter,
Toutes les fois'que vous passerez un gué, un défilé, ou que vous suivrez un sentier dont les côtés sont couverts, tenez-vous prêt à faire feu. R N
Un lion a pu vous entendre ou vous voir, et s'être jeté au bord dusentier pour vous attaquer au passage. Des maraudeurs peuvent faire comme le lion. . |
Quand vous aurez tué une demi-douzaine de lions, la nuit, vous pourrez, sans compro mettre votre réputation et sans perdre l'estime des Arabes, chasser, au moyer d’un appât vivant, le soir, après le coucher du soleil.
Afin que vous sachiez comment vous comporter dans cette chasse, qui ne ressemble en rien à ceiles qui précèdent, je vous offre pour exemple la relation de ma dernière campagne.
Quelques jours aprèsla rentrée de la colonne
expéditionnaire de Kabylie, au mois de juillet
1853, je quittai Constantine pour me rendre
” dans les monts Aurès, où j'avais connaissance d’un vieux lion qui s'était établi près de Krenchela. |
Les indigènes, fatigués des pertes qu’il leur faisait. épouver, s'étaient réunis un jour au nombre de deux ou trois cents, dans le but de le tuer ou de le chasser du pays.
L'attaque eut lieu au lever du soleil; à midi, cinq cent cartouches avaient été brûlées ; les Arabes emportaient un mort et six blessés, et le lion restait maître du champ de bataille.
À mon arrivée dans la vallée d'Ourtèn, le 18 juillet, je reçus une députation de chaque douar des environs, qui, après les plaïntes d’usage, m'offrait une prise d'armes générale.
Sidi-Amar, le marabout de l'endroit, vint à
son tour m'apporter sa prédiction en ces ter-
mes :
—$S'il plaît à Dieu de bénir tes armes, dans quelques jours nos femmes et nos enfants accouront ici, sous cet arbre, pour compter des yeux et du doigt les dents et ‘es griffes dun malfaiteur, et baiser la main qui apporte la paix dans la montagne.
* A cette prédiction du marabout, la proposi-
[ee] oo et
tion d’une prise d’armes tomba, et chacun regagna sa tente, persuadé que c’en était fait du lion.
Si j'avais voulu en croire Sidi-Amar, je n’aurais pas quitté la pres où je m'étais établi, et le lion serait venu s’y faire tuer.
Quelle que soit, du reste, la confiance que m'inspirent ces prédictions déjà éprouvées je pensai que l’application du proverbe : Aide-toi, le ciel l'aidera, ne saurait nuire, et le jour mème je récueillais tous les renseignements propres à m'éclairer sur les habitudes de l’animal, et je donnais des instructions à mes quèteurs pour le lendemain.
La mission de ces hommes était de partir à la pointe du jour, chacun vers le canton qui lui était assigné, de chercher la sortie du lion sur les chemins qui avoisinaïént les ‘répaires, de trouver sa rentrée alors qu’il avait fait ‘84 nuit, en un mot.de le détourner.
Le lendemain, 19, le lion avait pris un grand parti dans la plaine, et les quêteurs n'ayant ancune connaissance de sa rentrée à l'heure où les troupeaux surallent les voies en battant les chemins, tous se rallièrent sur la lionne, qui.était détournée à neuf heures dans un bois de dix arpents.
Le même jour, à sept houres du soir, je gar-
pee È +. " =
STE Ter nn s PET 1 md
TE Rene meme mp cree + 2 2
dais la rentrée de l’animal ; à huit. heures, il sortait à six pas de moi et tombait à la troisième balle.
Le 20, rendez-vous fut pris à midi dans le jardin d’Ourtèn; comme la veille, prévoyant que le lion, cherchant sa moitié, donnerait beaucoup à faire aux. quêteurs, j'avais retardé le rendez-vous de deux heures.
L’animal, après. avoir battu tous les chemins et fouillé -plusieurs repaires, avait tué un mulet et deux bœufs dans un douar de la montagne ; puis il avait gagné les crêtes en s'éloignant vers le sud.
La dernière brisée était à trois lines du rendez-vous. à
Je montai à cheval.à quatre heures et me rendis sur, le point où les: quêteurs avaient
abondonné la voie.
Après avoir renvoyé mon cheval, j’attendis la nuit pour battre la route quelle. lion: avait suivie la veille en s’en allant ; vers onze heures, ne l’ayant pas encore rencontré, et entendant les Arabes et les chiens des douars situés
au pied de la montagne faire grand bruit je
pensai que l'animal était revenu par un autre chemin et je regagnai ma tente.
Trois jours de suite les quêtes furent les mêmes, le lion fitles mêmes manœuvres pen-
LA
&ant la nuit; il y eut de tengnes marches et point de rencontres.
Le 24, un Arabe, établi à trois «ou quatre lieues au sud de mon campement, me fut envoyé par ses proches pour me faire connaître que Îe lion s'était fixé dans un bois appelé Tafrent, et que depuis le20 il leur avait tuë buit bœufs.
Je partis avec cet homme, men spahi « a mes quêteurs, laissant mes tentes à Ourtèn @t n "emportant que mes armes.
Fe passai la nuît du 24 au 25 en éciois de l'enceinte du douar que Île lion visitait sul
tude; maïs il n’y vint pas.
Le 25 au matin, mes hommes matin connaissance du Jien, sortant du bois désigné la: veille; mes ils n'étaient pas sûrs de sa: rentrée.
Afin d’alléger Jen éatigues des. quéteurs æ de xenäre deur tâche plus facile, je me rapprochai du repaire supposé et m'établis le 25 au soir sur Àa lisière du bois.
Be fus rejoint, le même jour, par M de Roenburgh, officier hollandais, qui, après avoir fait avee nous l'expédition de Kabylie, désirait goûter quelques-unes de ces émotions -fartes dlontée souvenir reste ‘toujours «et qu’on ne trauve pas dans les villes. Il arrivait d'Ourtèm,
ji PT TT rs Er tt pe ag M 5 . CR NE - 2 ge 0 A Ge RE ET et Tr M mr re RE PRE “2 Ê PÉTER Ar EEE =
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où il avait dressé sa tente à côté de la mienne, le 19.
Vers dix heures du soir, le lien: rugissait à une derni-lieue du douar, et à minuit il enlevait.un mouton à quelques pas de nous.
Le 26, à la pointe du jour, l’ordre-était, transmis dans tous les donars de ne laisser sortir ni hommes ni bestiaux’ avant la rentrée des quêteurs, afin que les voies du lion ne fussent pas effacées par d’autres voies.
Ce même jour, Bil-Kassem-Bi- Eouchet me faisait. le rapport suivant:
“Je prends le lion à sa sortie du douar; je trouve la peau du mouton qu'ila mangé cette nuits je.le suis jusque sur le bord du rüisseau où il a bu, puis je l’abandonne à Amar-ben- Sigha, mon collègue, dont j'ai reconnu la brisée en cet endroit. ” ,
Amar arrivait au moment où son confrère venait de terminer son rapport.
Son visage était rayonnant ; il n'avait pas besoin de parler, tout le monde .en le, voyant devinait qu'ikavait détourné l'animal et qu’il était sûr de ce qu’il allait dire.
Tandis qu'il-traversait la foule d’Arabes accroupis devant la tente qu’ils avaient dressée pour:nous, on l'interrogeait de la voix et du geste, on tirait les pans de son burnous; mais
il était muet ; la joie seule qui débordait de son cœur trahissait le secret qu’il aurait voulu ne confier qu’à moi.
Malheureux homme, fier d'avance de la victoire qu’il avait préparée, et qui ne se doutait pas que, dans quelques heures, le lion qu'il. venait me livrer ne mourrait que sur lui et après l’avoir mis en pièces !
T'el était son rapport:
“ Je trouve le lion buvant au ruisseau de Tafrent, où il a fait une pause.
“ Je lesuis à travers un bois brûlé que-vous pouvez voir d’ici et à la sortie duquel. il a dû rester jusqu’au jour, si j'en juge par les entailles qu'il a faites à plusieurs arbres pour aiguiser ses griffes et par ses laissées du matin.
“ En quittant le bois brûlé, lamimal traverse un torrent qui borde à l'est du bois de Tafrent, dans lequel il entre; je tourne-le:bois en suivant au sud et à l’ouest le cours des eaux, et au nord le chemin : l'animal r’est point sorti ;
je reviens à ma brisée, où je laisse mon bur-
nous, et je le suis sous bois jusqu’à une portée de fusil de son repaire.
“ Les hommes qui m’accompagnaient ayant eu peur en cet endroit, je me suis retiré sans bruit en le jugeant au pied du rocher blanc,
connu dans le pays sous le nom de Rocher du Lion,”
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J'animal une fois détourné, il ne restait plus qu'à choisir entre les divers modes d'attaque employés en pareil cas. Lo premier consiste à marchgr avec grand bruit sur son repaire, ce qui le fait venir au-devant des chas-
seurs, qui l’attendent: sur un terrain propre à
l'attaque.
Dans le second, on suit avec beauconp de précaution la voie de l’animal, de manière à le surprendre endormi Le troisième consiste à l’attirer au moyen d’un appât vivant.
Amar-ben-Sigha m'ayant assuré que l’attaque au repaire était impossible à cause de l'épaisseur du bois, jemme décidai pour l'appât.
Le 26 à sept j.sures du:soir, je:partais suivi de mon spahi Hamida et de mes deux quèteurs portant mes armes et emmenant une chèvre.
A sept heures st demie, nous arrivâmes à la brisée d’Armar, que j'étais bien aise de reconnaître.
11 faisait bon revoir dans le lit du torrent, ce qui me permit de juger l'animal grand vieux lion et, comme disaient les Arabes, mon ami de Krenchela,
WF Le repaire” était situé sur le versant sud de la montagne et à moins de cents pas du ravir. Sur le versant opposé et tout à fait sur le bord du mème ravin, je reneontrai une clairière de
dix mètres carrés, entourée de grands arbres, et distante de moins de cent cinquante pas du
FE fort où le lion était sur le ventre.
a Pendant qu’un de mes hommes attachait la - chèvre à une racine d’arbre au milieu de la à clairière, et que les autres me donnaient mes armes, le lion sé montrait à nous au pied du le rocher et nous regardait faire.
à Je m'établis bien vite sur la lisière du bois, te | faisant face au lion, et à cinq-ou six pas de la chèvre, qui, voyant mes hommes s’enfoncer TS sous bois, criait de toutes ses forces et faisait é- des efforts inouïs pour se rapprocher de moï.. at. Le lion avait disparu. Sans doute il s’avanivi çait sous la voûte sombre et épaisse de la fu- Lt. taie qui le dérobait à ma vue.
re. Jé venais de couper avec mon poignard à quelques branches qui auraient pu gèner mon re- tir, et j'allais m’asseoir, lorsque la chèvre se
tut tout à coup etse mit à trembler de tous ses membres, en regardant; tantôt de mon côté, tantôt du côté. du ravin, ce qui voulait dire : | CHE
—Le lion est là, je le sens, il va venir ; je l'entends, il vient, je le vois.
En effet, d’abord elle n'avait fait que percevoir ses émanations ; ensuite, lorsqu'elle avait entendu ses pas, ses oreilles me l'avaient ex-
primé par des mouvements vifs et saccadés ; enfin, lorsqu'elle avait pu voir l'animal, je le vis comme elle,
Il monta lentement l'escarpement du ravin et s'arrêta sur le. bord de la clairière à douze pas de moi.
Il se présentait tout à fait de face, et son large front était nn beau point de mire. Deux fois ma carabine s’abaissa, deux fois je l’ajustai entre les deux, yeux, deux fois mon doigt pressa doucement la détente : mais le coup ne partit point, et j’en ressentis de la) joie.
Il y avait deux an que je n'avais rencontré de lion si grand, si beau, si majestueux, et’je l'aurais tué avant d’avoir pu l’examiner à mon aise |
Qu'est-ce qu’un lion mort ? Qu'est-ce qu’une belle femme dans un cercueil; La- beauté moins la vie, c'est-à-dire la laideur.
Et puis, s’il est vrai que vivre c’est sentir, où et quand trouverais-je des émotions pareilles, si ce n’est dans un pareil tête-à-tête, dans
‘un pareil lieu, à une pareille heure ?
Le noble animal, comme s’il avait compris ma pensée, s'était couché, et, après avoir croisé ses énormes pattes, il avait doucement appuyé sa tête sur elle comme sur-un orailler. | Sans prêter la moindre ‘attention à la chè-
vre, paralysée par la peur, il m'examinait avec beaucoup d'intérêt, tantôt en clignant les yeux, ce qui donnait à sa physiônomie un air des plus bénins, tantôt en les ouvrant de toute leur grandeur, ce qui me faisait, malgré moi, presser ma carabine. Il avait l'air de se dire à part lui: :
— J'ai vu tout à l'heure, dans cette clairière, un groupe d’honmimes et une chèvre ; les hommes sont partis, la chèvre est restée seule ; j'arrive, et je trouve près d’elle un autre homme habillé de rouge et de bleu, comme je n’en ai jamais vu, et qui, au lieu de fuir à mon approche, me regarde comme s’il voulait me parler.
Puis, par moments, et tandis que: l'ombre du crépuscule: descendait dans la-clairière, il avait l’air d'ajouter (toujours à part lui).
—L'heure du dîner s'avance, que mangerais-je bien, la chèvre où l’homme rouge ? Le mouton d'hier valait mieux que cette chè-
vre ; mais les moutons sont loin. Les hommes
rouges sont peut-être bons en général, mais celui-ci me parait maigre. | Cette dernière réflexion parut avoir fixé son choix, car il se leva d’un air décidé et fit trois pas en avant, les yeux attachés sur la chèvre. La carabine à l'épaule etle doigt sir la dé-
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tente, je suivais tous ses mouvements, prêt à faire feu en temps opportun ; deux fois il feignit de bondir sur l’appât en se rasant à la manière du chat,
Je ‘pensai que la corde qui retenait la chèvre l’inquiétait, et je compris qu’il se défait d’un piège, lorsque je le vis aller et venir avec agitation surle bord de la clairière et moe montrer les dents quand il s’arrétait.
Le jeu devenait trop sérieux ; il était temps d'en finir. Profitant du moment où il se présentait de flanc, à douze pas et sur le bord du ravin, je le frappai d'une première balle en pleine épaule, et, immédistement après, pendant qu’il se tordait en rugissant, d’une seconde au défaut de l’épaule.
Percé d'outre en outre par ces deux balles à pointe d'acier, l'animal roula comme une avalanche au fond du ravin.
Pendant que je rechargeais ma carabine, mes hommes étaient accourus : je me portai avec eux sur la place où j'avais tiré le lion, et nous trouvâmes, au milieu de beaucoup de sang, les empreintes des griffes de l'animal, lorsque après avoir été frappé:il avait cherché
‘ à remonter l’escarpement du ravin.
Mes hommes, persuadés que le lion était mort, s'étaient portés sur les hauteurs voisines
de la clairière pour appeler du monde afin de l'emporter.
Pendant ce temps, je suivais les rougeurs dans le lit du ravin, où le lion était tombé plusieurs fois, etje trouvais sa rentrée dans un taillis sombre, épais presque impénétrable, situé à vingt pas de la clairière.
Afin de savoir sur-le champ à quoi m'en tenir, je lançai une pierre dans ce taillis: un rugissement sourd, guttural, tantôt plaintif, tantôt menaçant, un ‘rugissement qui sentait le
cadavre, me ve à une vingtaine de pas sous bois.
Ce rugissement me glaça le cœur en me rappelant celui du lion de Mejez-Amar, qui, il y à six ans, dans une circonstance analogue, mutilait sous mes yeux, et malgré mes balles, mon spahi Rostain et deux Arabes.
À genoux sur le bord du taillie, je cherchai
en vain à en pénétrer l'épaisseur : ma vue
n'allait pas au-delà des premières branches, rougies par le sang du lion.
Après avoir fait une brisée pour reconnaitre la rentrée de l’animal, j'allais me retirer Jorsque je'fus rejoint par mon spahi, mes deux quêteurs et quatre Arabes en armes.
J’eus toutes les peines du monde à les empêcher de pénétrer dans le taillis, où, disaientils, le lion devait être mort.
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