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maïs là seulement, ils marchent, ils courent, ils bondissent, ils trônent. La baguetto du gardien les maîtrise dans leur prison ; au désert, une armée ne les fait point reculer. Voyez ces deux monarques se promena”t avec gravité dans leurs domaines; on devine au premier coup d’œil leur force, leur puissance et presque leur caractère.
Autour du lion ei du tigre royal il y a toujours une odeur de sang qui s'échappe au loin et épouvante les populations ; lo massacre est derrière eux, et devant eux encore sont des victimes, des lambeaux de chair et des ossements broyés. Le lion tue et laisse là sa proie s’il n’est point aiguillonné par la faim. Quant au tigre, il a beau s’être repu, il tue, il mâche, iFtriture, il se roule dans le sang, et ne s’en va que vaincu par Ja lassitude où l'appèt d’un nouveau triomphe. Le tigre n’a pas môme de générosité pour le cadavre.
Nous descendions avec le flot sans jamais éloigner nos regards de cette riante et fraîche végétation des bords du Gange, du milieu de laquelle s’échappaient comme par enchantement des aiguilles aiguës ou des dômes réchauffés par un large soleil. Tout était calme
et silencieux dans la rapide barque, les courtes pagaïes des rameuñrs sifflaient seules sur les flots à coups monotones et cadencés comme le tic tac d’une pendule, car l’extase était dans toutes les âmes.
Le nuage vert, comme les Sipayes appellent le redoutable choléra, avait passé depuis peu
que saiel cusi gliss
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de temps sur la ville en. deuil, les cadavres amoncelés dorinaient sous la terre refermée ; l'épidémie ne menaçait plus l’active population de ses exhalaisons fétides, et le bonheur inespéré de n’avoir pas été frappé par le fléau destructeur apportait quelques consolations à l'âme de ceux qui s’étaient vus privés d’un ami ou d’un frère. Hélas! il y a de l’égoïsme dans toutes les affections.
Nous savions que nous serions reçus par le major Ling avec une cordialité toute britannique; car en Angleterre on fait bien les choses, quand on veut les bien faire. Nous allions nous trouver bientôt à table à côté des dames les plus aimabies de Calcutta, ot, quelque variés que fussent les paysages qui passaient et fuyaient vite derrière nous, nous aceusions la tiédeur des bras nerveux qui faisaient glisser l’'embarcation comme un oiseau pélagien,
Cependant au loin sur la rive gauche, à demi caché par un magnifique rideau de cocotiers aux panaches toujours verts, pointa bientôt l’élégant kiosque où nous attendaient de joyeuses soirées. Nous fûmes à l’instant même debout pour être plus tôt aperçus et pour voir dé plus loin. Une heure après nous saluèmes de la main un groupe de personnes qui nous attendaient auprès d’un facile débarcadère et qui nous montraient déjà, sur leurs traits épanouis, tout le plaisir qu’elles avaient à nous bien accueillir. C’était Europe dans l'Inde, mais l’Europe des salons élégants, l’Europe ar-
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