‹ La chasse du loupChapitre 1 sur 24 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Écrire un traité de chasse du loup, de nos jours , pourra paraître bizarre à bien des gens; mais c'est justement parce que les loups, quoique ayant diminué beaucoup, existent encore en assez grand nombre dans plusieurs parties de la France, c'est parce que celte chasse est presque abandonnée, puisque, s'il y a plusieurs équipages qui prennent encore des portées de louveteaux à la fin de l'été, il n'y a peut-être pas actuellement plus de sept à huit équipages, en France, qui se livrent presque exclusivement à la chasse du loup, que j'ai voulu parler d'une chasse que je préfère à toutes les autres, d'une chasse française par excellence ; car c'est bien dans la France seule qu'on a chassé et qu'on chasse le loup à courre.

Un équipage ne pouvant être un véritable équipage de loup qu'à la condition de ne chasser que cet animal, on peut dire que cette chasse tend à devenir, pour ainsi dire, inconnue; car la race des chiens de loup, race particulière ou plutôt spéciale, disparaît complètement.

Or on ne fait guère un chien de loup; il faut qu'il soit issu de père et mère chassant loup, d'une race créée petit à petit pour cette chasse; race autrefois nombreuse en France, où nos pères l'avaient formée avec le plus grand soin, et qui ne comprend peutêtre pas actuellement plus de deux cents chiens.

Que cette chasse périsse en France, et j'espère qu'elle n'y périra pas plus que ces bonnes races françaises que la mode a déjà tellement éclaircies, ou qu'elle renaisse plus lard, ce que je souhaite, ce petit Traité pourra rappeler aux amateurs futurs un des plus nobles et des plus utiles délassements des gentilshommes campagnards du pays où est née la chasse à courre.

Saint -Marlin (octobre 1801).

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