D'UN KOI DE LA FINANCE
femme intelligente au cœur d'homme ; et de l'autre, une ibule de maisons bien connues, les MM. Thuret, ces jeunes gens de si bonnes façons ; M. et madame deLongehamps, celte charmante parisienne si hospitalière, si spirituelle, si aimable y tout le château de Guirmantes enfin, les Tholosan, les Dampierre, les Puységur, cette noble et antique famille qui réunit tant de simplicité à tant de noms illustres et glorieux?
Mais non : soit la faute de l'un, soit celle de l'autre (car je n'entends ici accuser personne), chacun s'est tenu sur sun quant à soi. On s'est observé d'un camp à l'autre, comme si on observait l'ennemi : il n'y a pas jusqu'aux MM. Fouschard, les anciens propriétaires de Bellassise, ces deux jeunes gens d'esprit et de cœur, dont 1 union fraternelle complète 1 elogo« et qui, en fait de chasse, passeraient sans peine pour de vieux professeurs; il n'y a pas,dis-je, jusqu'à ces deux frères, simples voisins aujourd'hui des biens dont ils étaient jadis les maîtres, qui ne se soient vus Ibrcés, par suite de tracasseries en tout genre, d'interrompre à regret des relations auxquelles chacun gagnait, et dont j'eusse aimé, pour ma pirt, à voir le cours se perpétuer et s'étendre.
Je me résume. À ceux qui me demanderont : M. de Rothschild a-t-il une belle chasse, et qui, par les mots belle chasse, voudront dire une propriété bien gardée, abondante en gibier de toute espèce, pouvant offrir à la Ibis tous les plaisirs, le tir du bois et celui de la plaine, je répondrai affirmativement : Oui, M. de Rothschild a une belle chasse.
Mais à ceux qui m'adresseront la même question, et qutj par là, comprendront ce que je comprends moi-même, c'està-dire une chasse bien faite, bien dirigée, bien enteudue, digne, en un mot, d'un véritable amateur, d un chasseur
81 LES CHASSES PRTNCIÈftES
généreux et tant soit j>eu gentilhomme, je répondrai : non, sans hésiter - T parce qu'en effet, pour tout ce qui a rapport à la partie des chasses, la propriété de M. de Rothschild est la plus mal administrée que je connaisse ; parce qu'à côté des plus belles ressources, on manque chez lui des premières nécessités; parce qu'on n'y trouve n'y piqueurs, ni chiens, ni chevaux, tout cet attirail indispensable aux vrais disciples du grand saint Hubert; par conséquent, point d'antécédents, de principes, de règles, et partant point de méthode, d'intelligence, d'accord et d'harmonie; parce quune année, on y fera mille ou douze cents élèves en faisans et perdreaux, ét que, les années suivantes, on se contentera de ce que, bon an mal an, épargneront le renard et les pluies ; parce qu'enfin, tout grands seigneurs, habiles ministres ou fins dij>lomates que soient M. de Rothschild et ses hôtes, on ne peut pas chasser plus bourgeoisement qu'eux, comme le leur dit certaine chanson maligne en vingt-quatre couplets, composée par un garde, bel esprit du pays, et qui fait à la fois la part
des uns et des autres :
Allons, ambassadeurs,
A mis de cour cl uou de cœurs,
Pozzo, Sébastiani, En poste arrivez vite ici.
Vous avez bon œil,
Car pour un cbevreuil, * <■'.
Vous frappez sans peur Le front d'un traqurur.
Chapeau bas, mon garçon, Gloire à monseigneur le baron î
Vous êtes, entre nous, Des gens fort peu sûrs de leurs coups.