DES J&ÎVER5ES ESPÈCES DE CHIENS D'ARRÊT
homme? ne saurait changer ou réformer, il en est résulté qu a part quelques modifications de style et de langage, la leçon restant jrositivenient la même, bien qu'elle passât de bouche en bouche, ainsi que cela a lieu à l'égard de toute science naturelle exacte, arrivée à son plus haut point de progrès, cliacun d'eux s est contenté de suivre son devancier, sans se donner d'autre peine que eelle d epeler le texte ancien, et d'en transcrire, mot pour mot. les diverses instructions théoriques et pratiques.
Ainsi a fait M. Magné de Marolles, l'auteur du Traité de la chasse au fusil, auquel je sais gré toutefois, au commencement de son article sur le chien, de quelques bonnes observations préliminaires sur la perfection obligée de cet animal, à l'époque où l'on ne connaissait encore, en fait d'armes de chasse, que l'arbalète et l'arquebuse;
Ainsi a fait Y Encyclopédie méthodique, cette longue répétition de tout ce qui avait été dit avant elle, œuvre sans esprit et sans goût, compilation indigeste, qui fourmille à chaque pas d'absurdités et d'erreurs, et où l'on trouve, en fait de recettes de chasse, de véritables contes d'enfants, bons tout au plus à orner le répertoire d'une nourrice ;
Ainsi, M. Auguste Desgraviers lui-même, dans son livre intitulé Je Parfait Cliasseur, ouvrage un peu trop calqué sur Y Art du valet de limier de M. le comte Desgraviers, son frère, et dont la méthode d'instruction pour le chien couchant n'a pas, je pense, à part tout son mérite, la prétention d'être nouvelle.
Et n allez pas croire que cette espèce de plagiat littéraire se borne à nos auteurs anciens ; Si vous consultez les publications modernes, rédigées gé-
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néralemeiit avec plus d'attention et de soin, sur vies notions plus exactes et plus certaines :
Le Traité général des chasses à courre et à tir, édité eu 1825, sous la direction de M. Jourdain, inspecteur des forêts et des chasses du Roi, homme d'esprit et de talent, aussi habile chasseur qu'il est savant économiste ;
Le Traité spécial des chiens de chasse, volume in -8°, qui n'a paru que quatre ans plus tard et que nous devons à la plume d'un des meilleurs collaborateurs de l'ouvrage qui
Et enfin le Dictionnaire de Baudrillart. cette œuvre ii mense et posthume, revue et mise au jour par M. de Quingery, ancien chef de bureau à l'administration de la Vénerie
et des chasses de Sa Majesté Charles X ;
Vous vous convaincrez facilement comme moi, qua l'exception de l'auteur de ce dernier recueil, qui, en nous transmettant les préceptes de nos auteurs français, les a grossis de ceux enseignés par l'école allemande, dans les volumineux traités de MM. Bechstein et Hariig, tous les autres, une fois arrivés à la manière de dresser les chiens de plaine, n'ont eu que quelques frais de mémoire à faire pour nous .transmettre les règles prescrites à cet égard par la plupart de leurs prédécesseurs.
Assurément, pour ma part, je ne leur en fais point un crime ; je sais trop bien par expérience quel écueil difficile c'est là, que de prendre la parole en dernier, sur un sujet épuisé et rebattu, que tant d'habiles professeurs ont discuté avant vous; combien on a de peine à rajeunir son texte, à le parer de formes et d'idées nouvelles, à tirer un enseigne ment neuf d'une ancienne et fastidieuse leçon. Mais cepen-
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dant j'avoue qu à les voir tous se traîner ainsi terre à terre ot comme à la remorque dans l'ornierv de la voie commune, sans faire un pis, sans tenter un effort pour en sortir, je suis malgré moi comme honteux pour eux de leur insouciance et de leur paresse. Certes 1 éducation du chien est une routine ; c'est là un fait constant dont personne ne conviendra mieux que moi : mais pourquoi alors ne pas essayer par des dévelop|>emeuts utiles, par des considérations philosophiques sur la nature et l'hygiène de ranimai, de varier un thème usé et déjà fort ennuyeux par lui-même? Pourquoi répéter ce que chacun sait, pour omettre ce que chacun ne sait pas, pour négliger le point capital, la partie importante et essentielle? Le but de tout auteur, je crois, doit être avant tout d'intéresser ses lecteurs ; au travail donc, messieurs : votre matière est pauvre et arid », on Ta déjà exploité? cent fois? eh bien ! cherchez, imaginez, trouvez ; que la forme chez vous remédie à l'uniformité du fond ; à défaut du fait princi|>al, essayez de m'attacherpar les détails ; si le succès ne couronne pas vos efforts, j'y verrai du moins un acte de généreuse volonté, qui me fera passer sur le reste.
l^e chien couchant ou chien d'arrêt est celui qu'on emploie pour la chasse à tir, par conséquent une des espèces les plus communes et les plus répandues. Parmi les chiens qui montrent le plus de dispositions, et que l'on estime davantage; on distingue au premier rang : le braque , Yépwjneuly le griffon, le chien barbet, et le pointer , nouvelle espèce de braque dont nous devons la race à l'Angleterre.
Le braque, qui tire son origine du Nord, est un chien dont la taille varie plus ou moins, depuis dix-huit pouces jusqu'à
m !>KS JHVERSR& f^ÈCES
<l u\ pieds et demi : il a le poil ras, plus lin sur la tète et les oreilles que sur le reste du corps ; très-rarement noir, quelquefois blanc, mais le plus souvent parsemé de petites mouchetures brunes très-serréjs, ou marqué à la tête, aux oreilles et sur le dos, de larges taches de même couhur. Ce chien a de la légèreté et de la . vigueur, sa quête est vive et brillante ; et c'est celui qui, grâce à la finesse de son odorat, conserve le plus de nez, même à l'époque des plus grandes chaleurs Aussi ferme à l'arrêt sur le poil que sur la plume, il est également bon et pour la plaine et pour le bois ; mais en général il ne va pas à l'eau, en sorte que la chasse au marais est rarement une'chasse qui lui couvienue.
On rencontre quelques variétés du braque : la principale est le braque du Bengale, variété qui a été décrite par Un l'Ion dans sa grande classification de la race canine. Ses formes sout identiquement les mêmes que celles de notre espèce ; elle n'ea diffère que par le pelage de la robe, qui est alternativement mouchetée de blanc sur un fond noir, ou jaspée de noir sur un fond blanc. Quant au braque espagnol, que Ton arjpelle vulgairement braque à deux nez, parce qu'il a les naseaux séparés par une espèce de raie en forme de gouttière, il est démontré aujourd'hui que ce chien, dont on a d'abord fait le plus grand cas, a cependant le nez moins fin que le chien français ou anglais.
Uèpagneul est originaire de Barbarie et plus particulièrement d'Espagne, comme l'indique le nom qu'il porte. Sa taille est à peu près celle du braque., avec lequel il a beaucoup .de rapports; il est nuancé des mêmes couleurs, mais son poil est plus long, plus soyeux et plus lisse, surtout aux oreil- Jes, sur le cou, sur les jarrets, derrière. les cuisses, etprin-
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finalement à la queue, dont les longues soies pendantes forment comme un véritable panache. L'épagneul est un excellent chien d'arrêt, doux, soumis, fidèle, d'un naturel moins turbulent et moins coureur que la plupart des chiens à poil ras ; son seul défaut est d'être un peu fier, défaut qui naît de sa timidité même, et de n'avoir pas l'été la même finesse d'odorat que l'hiver, la trop grande sécheresse l'accablant trop promptement et lui retirant une partie de ses facultés habituelles. Toutefois il convient bien pour toute espèce de gibier, et surtout pour le gibier d'eau, qu'il arrête et rapporte à merveille.
Il y a de petits épagneuls qui ne diffèrent du premier que par la taille. Le gredin, qui est une espèce de petit èpagnml noir, et le pyrame, variété du gredin, moucheté détaches de feu* Ces deux espèces font encore de fort bons chiens de plaine : je connais un garde aux environs de Paris qui n'en a pas d'autres pour fournir chaque semaine la provision de son maître^ et, de son coté, M. E. Blaze cite un M. Gyaliâne, célèbre chasseur à Apt, qui s'en servait aussi avec succès, et dont les chiens, par parenthèse, étaient si petits, qu'il les portait souvent dans son carnier, faisant, à tour de rôle, reposer l'un et chasser l'autre. Vépagneul d'eau ou épagneul anglais, que mentionne le Traité des Chiens de chasse, ouvrage dont nous avons parlé plus haut, n'est qu'un chien métis ou bâtard, qui provient du croisement de Y (épagneul et du braque. Il diffère du braque par des formes moins musculeuses, et de Vépagneul par son poil long, soyeux et frisé- sur les oreilles et sur le dos ; tandis que la tète, les cuisses et les autres parues du corps sont à poil beaucoup plus uni et plus court. Cette dernière espèce, parmi laquelle on
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rem ontre des individus de toute grandeur, est assez peu répandue en Fi ance. On l'apprécie davantage en Angleterre, on on remploie beaucoup à la chasse au marais, pour laquelle ce chien, giàcc à son goût pour l'eau, a des dispositions toutes naturelles.
U griffon a le poil long et rude, quelquefois mélangé de noir, de gris et de blanc, assez souvent tout fauve ou orangé, c'est-à-dire mêlé de blanc et de jaune. Ces deux couleurs sont celles que les connaisseurs adoptent de préférence, parce quelles annoncent généralement un chien vigoureux et robuste. Celte race, qui tient de Yépagnenl et du barbet, nous vient, à ce qu'il parait, du Piémont et de l'Italie. La taille du griffon varie l>caucoup; cependant la plupart du temps elle est moyenne, même parmi les chiens courants de cette espèce, dont beaucoup de veneurs composent leur équipage. Moins bien pris dans ses formes que le braque et l'épagneul, plus lourd, plus ramassé, plus épis, le griffon, malgré tous ces désavantages apparents qui pourraient lui nuire au premier coup d'œil, n'en est pas moins, à juste titre, un chien fort estimé et très-utile. 11 va parfaitement à l'eau, et la nature même de son poil taillé en brosse, qui le garantit partout comme une cuirasse, le rend pour la chasse au bois d'une supériorité incontestable. A part quelques exceptions, le braque et Yépagneul conviennent rarement pour le fourré: devant un roncier d'épines, ils reculent, ils tâtonnent, ils hésitent, et pendant que d'un côté ils réfléchissent, que le chasseur crie et s'emporte, les excitant du geste et de la voix devant une coulée plus facile, à l'autre bout le lapin filé, le lièvre part, le faisan piète et s'envole. Plus entreprenant et moins poltron, le griffon n'attend pas qu'on l'encourage ; il
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ne s'efïraye de rien, il ne calcule et ne balance jamais; c'est un véritable sanglier pour lequel il n'est pas de forts trop épais et de buissons impénétrables.
Le cbien bouffe ou cbien barbet a un poil frisé et touffu qui forme comme une espèce de bourre épaisse assez semblable à h laine. Il est encore plos disgracieux que le griffon, avec son corps gros et court, ses jambes disproportionnées, sa tète ronde, mal attachée aux épaules et ses oreilles larges et pendantes ; mais aussi il rachète comme lui ses défauts par de brillantes qualités qui les compensent : il a un nez excellent, une fidélité à toute épreuve, el son instinct est tellement dévoloppé, qu'on peut le dresser sans peine à toute espèce de service ; je ne connais pas de meilleur chien pour le marais ; aussi en fait-on uu grand usage chez nos voisins d'outre-mer pour la chasse aux obeaux aquatiques. L'eau est un élément qu'il redoute si peu, qu'on n'a pas même besoin de vaincre chez lui, comme chez les autres -chiens, un premier sentiment d'antipathie naturelle ; il s'y jette de lui-même et sans effort, dès l'âge de cinq ou six mois, et il nage avec une si admirable facilité, que bien des capitaines de vaisseaux n'ont pas d'autre chien à bord pour aller chercher ce qui tombe par hasard du navire, et pour rapporter les oiseaux de mer qu'ils tuent dans certains parages. Malheureusement le barbet exige beaucoup de soins de la part de son maiti e ; il demande les plus giaudes précautions pour qu'il soit toujours en état de santé. Si on néglige de le peigner souvent, de le tondre de temps à auto aux pattes, sur le museau, à la naissance do la queue, il contracte bientôt une vermine tellement abondante, qu'elle dégénère quelquefois en une maladie difficile à guérir.
Le pointer est une race spéciale de braque anglais ou plutôt écossais, que certains amateurs vantent beaucoup, et dont nous ne nous servons guère en France que depuis une vingtaine d'années. C'est une très-J)elle espèce^ie chieu qui, par sa forme svelte et dégagée, par son corsage élancé, son museau long et pointu, parait tenir au premier aspect du lévrier et du braque. L'œil est vif et brillant, avec cette bizarrerie qu'il est plus clair chez les chiens bruns que chez les chiens blancs ; et vice versé, plus foncé chez les chiens blancs que chez les chiens noirs; le pied est allongé, étroit et maigre, à peu près comme la patte du lièvre, et le poil, qui est tantôt blanc, tantôt noir comme du jais ou d'un beau marron foncé, est en outre tellement court et ras, que chaque muscle se dessine en relief comme chez un étalon de pur sang après k course. En un mot, c'est un superbe animal, vite, ardent, infatigable, gracieux dans ses jjoses, élégant dans sa quête et dans ses mouvements, qui ne saurait manquer de prime abord de surprendre et de flatter l'œil ; mais pour mon compte, comme, une fois en chasse, je n'étudie les formes île mon cbien qu'autant qu'elles établissent entre lui et moi un 1 ;ngage d'action dont nous avons la clef tous les deux, je ne fais pas grand cas du pointer qui travaille pour lui plutôt encore que pour son maître, qui balaye toute une plaine au galop, s'élançant de sillon en sillon, effarouchant le gibier, et qui, dans l'intervalle d'un bond à l'autre, doit nécessairement laisser échapper plus d'une pièce de gibier.
Telles sont, si je ne me trompe, les cinq espèces principales de chiens d'arrêt. II existe bien encore une foule de variétés qui s'en rapprochent plus ou moins, et qu'on emploie au même usage ; mais ce sont des espèces appauvries et bà-
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tardes, }« ovenant, les unes, du mélange des quatre races, les autres, de l'accouplement d'un mâtin ou de tout autre individu hors d'ordre avec une chienne de chasse; et c'est à peine si on parviendrait à les décrire, en passant successivement eu revue toute cette innombrable famille, qui s'éloigne chaque jour de la nature primitive, et que Buflbn a merveilleusement classée dans une sorte d'arbre généalogique dont le thien (le berger est la souche.
De toutes les méthodes d'instruction pour dresser convenablement uu chien de plaine, et Dieu merci nous n'en manquons pas! la meilleure, pour ne pas dire la moins mauvaise, est, à mon avis, celle du dictionnaire de Baudrillart, ouvrage que j'ai déjà cité plus haut, et qui n'est pas, puisque nous en sommes sur son chapitre, un des plus mauvais livres de chasse que l'on ait publiés depuis une dizaine d'années. Ce n'est pas que l'auteur, dérogeant aux habitudes de ses confrères, ait ici plus que partout ailleurs le talent et le mérite d'être neuf, au contraire, et il en convient lui-même avec uue bomie foi qui l'excuse, son Traité d'éducation n'est, à l'instar de tous les autres traités, que la répétition de tout ce qui a été dit avant lui. Mais une fois la création et l'originalité mises de côté, comme pur tout écrivain qui compile, l'inconvénient de venir en dernier n'est plus qu'un avantage. Grâce à cette circonstance, dont M. Baudrillart profite assez habilement, son article sur le chien devient un exposé précis et clair, où se résume en un seul et même chapitre la théorie d'une dizaine de volumes.
Je sais que plusieurs critiques ont accusé l'auteur d'avoir un peu trop cmpruuté à l'école allemande pour la rédaction générale de son œuvre. C'est un fait réel et constant, mais
qui â mes yeux ne comporte même pas le plus petit reproche. Je dirai plus, c'est qu'eu agissant ainsi, M. Haudrillart a fait preuve, à mon sens, de sagacité et de gout, et qu'il a montré qu'en fait de chasse, il s'y entendait un peu mieux qu'en matière d'eaux et forêts, question bien autrement grave et importante, qu'il a développée fort au long, mais qu'il n'a pas également traitée de main de maître.
Personne n'ignore que les Germains tiennent le premier rang parmi les peuples de l'antiquité réputés comme chasseurs : les historiens latins attestent tous leur passion pour un art que la vasta étendue de leurs forêts rendait assez difficile, et qui les préparait merveilleusement à de plus rudes combats, en les habituant aux dangers et les endurcissant à la fatigue. Héritiers des vertus de leurs ancêtres, les Allemands n'ont point dégénéré dans la pratique d'un exercice dont le goût, loin de s'affaiblir chez eux, s'est au contraire perpétué d'âge en âge, et leur supériorité sur nous, en fait de ehasse à tir surtout, est une vérité tellement incontestable aujourd'hui, qu'on ne saurait pas plus la révoquer en doute que leur immense avantage, et comme musiciens et comme chanteurs. Soit le fiuit de l'éducation, soit la nature même du sol de l'Allemagne, couvert encore actuellement de vastes et magnifiques futaies, provenant pour la plupart des débris de l'ancienne forêt Hercynienne, pr conséquent fort abondant en bêtes fauves de toute espèce, toujours est-il que Id plaisir de la chasse, dont nous faisons en France une simple distraction, s'est transformé de l'autre coté du Rhin en un besoin si impérieux, qu'il est devenu pour ainsi dire populaire; et s'il est vrai que la poésie d'une nation soit le tableau fidèle de ses habitudes ou de ses mœurs, s'il faut reconnaître
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dans les romanceros espagnols, l'ardeur héroïque et chevale- < resque des descendants du Ckl ; dans les imbroglios italiens, l'esprit d'intrigue et de ruse des Concini, des Mazarini,
De tous ces noms on S Dont le talent pour feindre est toujours infini,
et eutin, suivant un académicien de fraîche date, la malice et la légèreté des Français «ans nos vaudevilles et dans nos chansons; les ballades et légendes allemandes, en téte desquelles figurent avec tant d'éclat la ballade fantastique du Chasseur noir de Biirger, ainsi que la célèbre légende du Freischûtz, sur laquelle Weber a composé son Robin des bois> cet immortel chef-d'œuvre, témoignent assez hautement, j'espère, du goût tout particulier que les modernes Germains ont conservé pour la chasse.
Pourquoi donc alors, par un orgueil national mal entendu, récuser en pareille matière l'autorité de gens qui, sans nul doute, y sont encore plus compétents que nous, et ne pas vouloir profiter des préceptes qu'ils ont puisés dans une expérience pour ainsi dire journalière? J'y vois d'autant moins d'inconvénients que, tout en rapportant les différentes règles tracées |>ar les écrivains allemands, M. Baudrillart ne les donne nullement comme articles de foi, et que, compilateur habile, il se garde bien de rien préjuger, de rien poser en principe. Son dictionnaire n'étant qu'une vaste nomenclature comme tous les ouvrages de cette espèce, il ne s'est attaché qu'à y rassembler avec ordre et méthôcle tous les matériaux / essentiels; qu'à y mettre en face et en regard l'opinion de l'un et de l'autre, sans chercher à influencer personne par la sienne. La clarté naît souvent de la discussion : vérité tri-
viale qui n'a de démenti qu'à la Chambre. C'est au lecteur, auquel il soumet l'avis de chaque maître, à analyser, à comparer, et en définitive à choisir.
Les règles présentées par M. Hartig, dans le Lehrbuch fur Yager, et par l'exposé desquelles M. Baudrillart entame son article concernant le chien d'arrêt, sont à peu de choses près conformes aux nôtres. Cet auteur conseille, et il a grandement raison suivant moi, de ne commencer l'éducation du jeune élève que lorsqu'il a un an, et même plus. C'est Pâques ou le milieu du mois de juillet qu'il indique comme la saison la plus favorable, et cette éducation se divise en deux parties bien distinctes, l'éducation au logis et l'éducation en plaine. La première n'est à proprement parler que la théorie ;lsx seconde, qui complète l'instruction, est la pratique.
L'éducation au logis, qui exige trois semaines ou un mois si le chien est intelligent, et cinq à six semaines s'il a moins de dispositions naturelles, se borne :
1° A foire comprendre à l'animal les différents commandements à l'aide desquels on le dirige et on le gouverne;
2° A l'habituer aux manœuvres bien distinctes que renferment les trois phrases : Ici, tout beau, derrière;
3° A lui enseigner le rapport, une des qualités les plus essentielles d'un bon chien et malheureusement une des plus
La méthode dont M. Hurtig se sert pour développer ce dernier talent dans son élève, ne diffère en rien de la méthode employée par nos chasseurs. C'est toujours au moyen du moulinet ou chevalet, petit bâton de huit pouces, garni à ses extrémités de deux chevilles en bois qui l'empècheut, lors-
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qu'on le jette, de tomber à plat contre terre, et du korallenhals-bandy espèce de cliapelet formé de petites billes rondes armées de pointes de fer, qui n'est autre clwse que notre collier de force ordinaire. Puis viennent successivement, en raison des progrès de l'animal, les paquets de chiffons, les pelottes de bourre ou de plumes, les ailes de perdrix cousues ensemble, et enfin la fameuse peau de lièvre empaillée, aux deux bouts de laquelle on place un poids quelconque, afin d'habituer le chien à toujours charger son lièvre par le milieu du corps, dernière et importante leçon qui est le nec plut ultrà de la science. Quant à la marne qu'ont certains chasseurs d'accoutumer leur chien à présenter ce qu'il rapporte, debout sur les pattes de derrière, et le dos tounié à son maître, difficulté vaincue et sans mérite, gentillesse inutile qui donne ordinairement au professeur et à l'élève plus de mal que tout ce qui précède, M. Hartig la blâme avec raison. Seulement j'aurais voulu que, pour un homme aussi habile, il signalât, pour condamner cette ridicule pratique, un inconvénient un peu plus sérieux que celui dont il a fait choix : a II arrive parfois, dit-il, que le chien qui n'oublie point de se dresser sur ses pattes de derrière, mais qui oublie de se tourner, saute avec ses pattes de devant sur la poitrine du chasseur, et salit ses vêtements. » Sans doute, M. Hartig, sans doute; en voilà plus qu'il n'en faut pur convaincre un chasseur tant soit peu coquet de tout le désagrément d'un tel degré de perfection ; mais il en est parmi nous, vous le savez, qui préfèrent à la veste de velours l'usage plus commode d'une simple blouse en toile, et pour ceux-là, au nombre desquels vous me permettrez de me ranger, votre critique n'est qu'une observation sans portée
qu'ils ne prendraient même pas en considération, une réflexion minime et puérile: il est dans ce cas, un inconvénient bien pins grave que vous oubliez, un danger avéré et réel, reproduit par mille exemples fâcheux et malheureusement trop fréquents, c'est que souvent le chien, tout en gâtant les habits de son maître, accroche et fait partir la détente de son arme, et devient ainsi la cause innocente d'accidents plus ou
L'éducation en plaine consiste à apprendre au chien -
i° A aller à l'eau et à rapporter;
2° À ne quêter qu'à utie certaine distance du chasseur, sans s'écarter pour courir après les oiseaux et les alouettes;
5* À tenir fermement son arrêt, tant sur le poil que sur la plume ;
4° Enfin à ne poursuivre toute espèce de gibier que sur un
signe ou sur un commandement de son maître.
« Pour habituer le chien à rapporter dans l'eau, dit M. Hartig, on le mène avec un cordeau (collier de force) près d'une rivière ou d'un étaug dont l'eau soit basse sur le bord, et toujours plus profonde à mesure qu'on avance. On jette un petit morceau de bois assez près de la rive pour que le chien puisse le saisir sans avancer beaucoup dans l'eau. S'il le prend et l'apporte, on le caresse, et si, au contraire, il s'y refuse, on l'y force en le tirant avec la corde, après s'être placé dans un lieu convenable et sec (précaution toute naturelle dont la recommandation, je pense, est inutile) ; et au besoin on lui donne quelques légères corrections. Petit à petit, on jette le morceau de bois un peu plus loin du bord et dans un endroit plus profond, de manière que le chien, n'ayant plus pied, soit obligé de nag» r pour l'aller prendre. *
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DE CHIENS D'ARRÊT. ' ' iO\
Pour l'accoutumer à ne quêter qu'à une certaine distance, sans courir après les alouettes, à tenir fermement son arrêt, et à ne pas poursuivre le gibier :
« On le conduit, toujours au cordeau, dans un canton où l'on sait qu'il y a des perdrix appariées ou des perdreaux» suivant l'époque où son éducation a été commencée. Arrivé sur les lieux, on le fait quêter sous le vent, en lui lâchant la corde de quelques brasses, et ou l'excite par ces mots : Allons, cherche, cherche! tout en faisant bien attention à la manière dont il se comporte. S'il court après une alouette qu'il aura fait lever, on le réprimande en lui disant : Fi donc, fil haut le nez! Si on se doute qu'il s'approche des perdrix, on modère son ardeur en raccourcissant le trait, puis on le laisse avancer peu à peu jusqu'à ce qu'il arrête ferme. S'ii exécute bien cette manœuvre, on prend le trait tout près de son cou, on le caresse en lui répétant plusieurs fois tout beau; puis, lorsqu'on l'a contenu pendant trois ou quatre minutes, on tâche de faire partir les perdrix en leur jetant une petite pierre ou une petite motte de terre, et s'il cherche à courir après au moment où elles s'enlèvent, on le punit en tirant le trait à soi par une ou deux saccades. On répète souvent cet exercice pour la perdrix et pour le lièvre, et par la suite on tient son chien toujours un peu plus longtemps en arrêt, chaque fois qu'il évente et qu'il rencontre. Si par hasard il lui arrive de poursuivre le gibier avant d avoir formé l'arrêt, il faut le ramener devant l'endroit où la pièce reposait, c'està-dire à la place d'où elle est partie, en lui répétant le mot tout beau y et chaque fois qu'il commet la même faute, le corriger de nouveau par un coup donné avec la corde. Lorsque son instruction est assez avancée pour que, tenu en laisse, il
arrête parfaitement et le poil et la plume, on tâche de lui faire rapporter une perdrix ou un lièvre que l'on a soin de tuer devant son nez, et une fois qu'il exécute bien à la main toutes les leçons qui précèdent, on les lui fait répéter l'une après l'autre en le laissant agir en liberté. Dans ce dernier cas, il faut encore le suivre de près, afin de le surveiller et de l'avertir s'il voulait s'emporter et forcer le gibier. Lorsqu'il est en arrêt, on doit autant que possible, tant qu'on n'a pas] une pleine confiance en lui, chercher à le saisir par son collier pour l'empêcher de poursuivre la pièce qui va partir; mais si déjà il est à sa suite, et qu'il ne revienne pas aussitôt qu'on le rappelle ou qu'on le siffle, il faut, jusqu'à ce qu'il ait perdu cette habitude vicieuse, lui infliger une correction convenable en lui disant : Fi donc! fi! etc. Cette punition se donne ordinairement avec un petit fouet de chasse, et on ne doit jamais lui donner de coups de pied ni le tirailler par les oreilles l . »
Quant aux chiens qui meurtrissent le gibier lorsqu'ils le rapportent, ce que nous appelons nous autres avoir la dent dure, ou qui parlent sur le lièvre sans qu'on les ait lancés à sa poursuite, deux défauts graves et assez communs :
M. Hartig indique, pour leur faire perdre le premier, un moyen également en faveur dans notre école : c'est de tra-
* Conseil excellent qne devraient suivre tons les chasseurs. Nous avons reçu dernièrement à ce sujet, d'un de nos abonnés, une lettre pleine de sens et de réflexions judicieuses qui vient parfaitement à
l'appui de la recommandation faite ici par l'auteur allemand. M. A
reproche avec raison à l'un des écrivains cynégétiques de notre époque d'avoir indiqué, dans son éducation du chien d'arrêt, le tiraillement d'oreîlles comme un moyen de correction, et il s'étonne qu'il n'ait pas «>ngé plutôt à bien recommander à toutes les personnes qui s'occupent
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BB CHIENS D AÎlRfiT. 1(T»
verser une pelote ou mieux encore une perdrix par des fils uV fer pointus et disposés en croix, de manière que si l'animal saisit les objets avec trop de force pour les rapporter, il se pique l'intérieur de la gueule.
Pour le second, plus difficile à corriger, il propose un remède assez bizarre, mais auquel j'ajouterais volontiers foi en jugeant par analogie, si j'osais me permettre de placer l'espèce eanine en parallèle avec l'espèce humaine.
Vous savez qu'il n'est rien de tel que l'ai mis, pour nous dégoûter de toute espèce de plaisirs; saint Augustin lui-même la dit après en avoir fait l'épreuve. Votre femme aime-t-elle la danse? la danse, cette distraction futile que vous avez eu horreur, vous, pauvre mari, à qui votre gravité conjugale ne permet pas de danser, et qui passez tristement votre nuit à pâlir sur une table de jeu, tandis que votre sémillante moitié dessine, aux accords capricieux de l'orchestre, les ravissants trésors de sa taille, si souple, si svelte, si mignonne ; loin de la retenir à la maison, ce qui serait à ses yeux un acte de tyrannie, un crime de lèse-union au premier chef qu'elle vous ferait expier cruellement plus tard, la coquette ! conduisezla, non pas une fois, mais dix fois, mais vingt fois, mais tout un hiver de suite, au bal ; faites-lui en prendre à cceur joie, ne la laissez pas respirer; que toutes ses soirées se passent
de dresser des chiens, de re^ecter constamment leurs oreilles, cette partie délicate qui ne saurait d< mander trop de ménagements et de soin. Si beaucoup de vieux chiens, ajotite-t-il, deviennent sourds ou^ ont des chancres intérim rs ou extérieurs ^maladies souvent incurables), il ne faut s'en prendre qu'au tiraillement d'oreilles qui a presque toujours lieu avec un mouvement île colère, ce qui ne devrait pas être, car pour qu'une correction soit profitable à un chien, il faut qu'elle soit donnée avec calme et sans emportement.
entre un quadrille de Tolbecque ou une contredanse de Hasard ; que ses petits pieds, emprisonnés dans un étroit satin, n'agitent dans un entrechat perpétuel; que ses yeux, à peine habitués à la douce clarté du boudoir, s'éblouissent jusqu'au mntin, à l'éclat étincelant des bougies; que ses oreilles n'en- 1 tendent qu'un son, le glapissement aigre et discordant du cornet à piston, ou la voix grave et monotone de la ba-se; et vous verrez si bientôt, rassasiée de tint de fatigants plaisirs, ia téte étourdie de tout ce tourbillon, les jambes à moitié brisées et rompues, elle ne sera pas la première à vous demander grâce, et à regarder désormais sans émotion et sans envie toutes ces réunions, toutes ces fêtes, dont les préparatifs jadis lui faisaient battre le cœur.
Ce moyen, qui ne manque pas d'une certaine logique, comme vous voyez, et dont l'emploi peut s'étendre à l'infini, en se modifiant suivant chaque cas, notre professeur, lui, l'applique tout bonnement à réformer son élève:
Ah! Médor, mou jeune ami, vous avez la fureur de courir, non pas les bals, mais les lièvres; vous voulez lutter de vitesse avec eux, et chaque fois qu'il s'en lève un du gîte, insensible au fouet, sourd au rappel et aux menaces, vous vous sentez dans tous les membres une commotion électrique qui vous lance, bon gré malgré, à sa poursuite. Eh bien, mon chien, donnez-vous du bon temps, exercez-vous le jairet; vous n'aurez ici que l'embarras du choix, car vous voilà dans une réserve où le lièvre pullule par centaines. Or sus! morbleu! courage! détalez-moi sur celui-ci qui part; gagnez d'un bond cet autre qui vous évite par un crochet habile, attraj)ez-moi ce dernier qui vous croise en route; courez, volez, franchissez l'espace, jouez aux barres avec tout ce
nombreux troupeau; et quand une fois vous aurez bien battu la plaine, à gauche, à droite, devant, derrière, dans tous les sens, connue un fou et un écervelé que vous êtes, bien convaincu alors de l'inutilité de vos pas, vous reviendrez à votre maître, haletant, épuisé ; rendu, la mine piteuse et l'oreille basse, semblable en un mot au corbeau de la fable, qui,
Honteux cl conflit, Jura, mais un peu tard, qu on n» J'y prendrait plu«.
Jiï ne sais si l'épreuve est infaillible : à parler sérieusement, j'en doute ; je serais même assez tenté de croire (pie c'est un excellent moyen pour gâter la meilleure nature de chien ; mais en tout cas je la préfère beaucoup, quoique l'emploi n'en soit pas toujours praticable, à celle que M. Hartig
}>our tenter la première, la ressource d'un parc assez giboyeux, ou qui ue sont pas d'humeur, comme le petit homme de la chanson, Carabi, à monter sur un arbre pour voir leurs chiens courir.
Le bon coup de cendrée dans les fesses (pardonnez-moi l'épi thète qui ne m'appartient pas) me paraît, en tout état de choses, une correction détestable qu'il ne faut jamais employer, attendu qu'on n'en calcule souvent le résultat que lorsqu'il est trop tard pour y porter remède. On a beau m'assnrer qu'un coup de fusil chargé de plomb n° 7 n'est nullement dangereux à quarante pas, qu'à cette distance il ne fait que piquer et tirer quelques gouttes de sang à l'animal, qui pur la suite ne s'emporte plus (j'aimerais autant qui ne s'en porte que mieux), je ne suis pas du tout partisan de cette
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odieuse méthode, et je plains également le maître et le chien qui se sont bien trouvés d'en faire usage.
Il ne m'est jamais arrivé qu'une seule fois, Dieu merci, de confier l'éducation d'un chien à un garde, et d'alimenter de mes vingt francs par mois cet autre commerce de nourrice dont la plupart de ces messieurs font une véritable industrie. Un matin, je reçus la lettre suivante, que je copie textuellement sans rien changer a l'orthographe :
« Monsieur,
« C'est pour foire reponce à votre lettre pour aux sujete de votre chien Stop. Je vous dirai que j'en suis pas mécontant. 11 arrette trais bien, son seul défaux est de se carter toujour de trop. Cn'est pas un chien, c'est z'une véritable hirondelle. Mais je pense le racourcir actuellement parce que voila les perdris appareillé, voila les luisernes et les blé qu'il vont poussé. Je vais le mainez au cordeau et lui tiré des coup de fusil dans tes faisce, à seul fin de lui rompe son jarret qu'il est toujour du diable, malgré que je lui an ai tiré déjà plusieur coup. Je doit aller à Paris ce moi d'avril. Je ■tous dirai de bouche ce que j'en pence. Du reste Monsieur peut être tranquille; son chien ce porte bien, et je suis bien sur qu'il .sera bon aux chasses. »
Une heure après la réceptiou de ce charmant bulletin, j'étais sur la route de G. ... , et, le soir même, je ramenais Stop, malgré les éloquentes protestations de mon homme. Estropie l'orthographe tant que tu voudras, maître bourreau ! mais respecte au moins les fesses de mon chien!
Aux leçons dû professeur allemand, sur lesquelles j'ai in-
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sisté avec d'autant plus de détails qu'elles sont moins connues de la plupart de nos lecteurs, succèdent immédiatement les préceptes indiqués par les auteurs français, pour l'éducation théorique et pratique du chien, et que M. Baudrillart a puisés dans trois ouvrages de choix : Le Parfait Chasseur^ de M. Desgraviers; le Traité général des Chasses et le Traité spécial des Chiens de chasse. Ce sont ces préceptes plus ou moins développés qui complètent l'article relatif au chien d'arrêt ; nous les passerons rapidement en revue, attendu que presque tous les chasseurs ont lu les livres dont ils sont extraits, et nous ne ferons que mentionner sommairement les points principaux qui rapprochent ou divisent entre elles deux écoles également recommandâmes , et dont le mode d'enseignement, je le répète, diffère du reste fort peu.
V instruction théorique primaire est d'abord exactement la même : ce sont absolument les mêmes commandements, transmis par dos expressions équivalentes ou semblables : Ici, à moi, tout beau, derrière, cherche, apporte, termes sacramentels qui composent tout le vocabulaire de la chasse au chien couchant, et qui se traduisent littéralement d'une langue dans l'autre, sans que jamais la signification varie. Je n'y trouve qu'une seule formule de plus, c'est le mot pille, et j'avoue, dussé-je prononcer un blasphème, que, malgré l'observation de ledileur du Dictionnaire de Baudrillart, qui en condamne l'emploi par une espèce de note en forme de critique, je suis loin de la considérer comme une formule tout à fait inutile.
Oui, messieurs les chasseurs classiques, vous, dont le fanatisme exclusif ne connaît rien au-dessus d'un bel arrêt, d'un de ces arrêts modèles qui font tableau, où l'animal, la patte