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en l'air, l'œil immobile et le jarret tendu, semble attendre, comme dans la Belle au bois dormant, que la baguette d'une fée le touche et le réveille, je suis désolé de me mettré en opposition avec vous, mais enfin c'est là mon opinion, c l chacun, vous savez, tient à la sienne, jé ne déteste point le mot pille ; non pas, entendons-nous, que je prétende qu'il eu faille abuser : tout au contraire; mais j'ai la conviction intime qu'en en réglant sagement l'emploi, on peut en obtenir des résultais satisfaisants, surtout si l'élève auquel on l'applique est un chien obéissant et docile. S'il est tel cas où un arrêt bien ferme est nécessaire, il s'en rencontre tel autre où il n'est d'aucune espèce d'utilité, je dirai plus, où il devient préjudiciable et nuisible. Cela dépend d'une foule de circonstances qr il serait trop long de détailler : du gibier, du vent, de la saison ; que sais-je? du terrain même sur lequel on chasse. En plaine, par une chaude matinée de septembre, le lièvre, le perdreau et la caille tiennent assez volontiers, abrités qu'ils sont sous l'épais couvert des trèfles et des luzernes; mais il n'en est pas de même du râle, qui se glisse comme une couleuvre à travers les herbes de la prairie ; de la poule d'eau, dont toutes les marches et contre-marches ne se trahissent qu'aux ondulations des roseaux, ondulations à peine sensibles que l'œil le plus exercé a bien de la peine à saisir; et si, en pareille occurrence, vous avez un chien trop sage qui ne sache pas bourrer la pièce et piller, il aura beau vous former vingt arrêts de suite, croyez-moi, ne vous obstinez pas, renoncez l'un et l'autre à la partie, vous en seriez tous deux pour vos frais. Au bois, où le lapin a mille coulées toutes prêtes, labyrinthe inextricable, qui s'étend de ronciers en ronciers, où le faisan tient deux arpents de taillis avant de ga-
gtier uu fourré convenable, où la bécasse piète longtemps pour s'enlever, cet inconvénient devient encore plus sensible. Aussi, interrogez la plupart des braconniers, gens rompus au métier et dont personne ne niera l'expérience, tons vous diront qu'ils préfèrent un méchant chien c/i0up*7/<?, avec lequel ils tuent beaucoup de gibier, à tous ces chieus d'arrêt temporisateurs qui leur feraient perdre leur journée.
Les instruments à l'aide desquels II. Harlig développe Iîik telligence paresseuse de son élève, sont également ceux adoptés par nos auteurs français : c'est toujours le moulinet ou chevalet, et le cordeau adapté au collier de force. Beste à savoir à qui appartient le mérite de l'invention, de même que peur .la pelote de chilfons, les ailes de perdrix, la peau de lièvre remplie de mousse ou de foin, éternel ABC d'une éducation presque uniforme.
Enfin Yinstruction pratique, qui corresiiond à Y éducation en plaine, est, à peu de chose près, basée sur les mêmes errements : dans l'une et dans l'autre école, elle repose sur quatre points priucipaux, qui sont le rapport dans l'eau, la quête, Y arrêt et les moyens propres à corriger le chien qui ■ court le gibier.
Pour apprendre au chien à rapporter dans l'eau, il y a de part et d'autre identité complète de manœuvres : le terrain qu'où choisit comme théâtre est le même. C'est une marc ou un abreuvoir en pente douce dont les eaux soient bisses sur les bords, Seulement notre école à nous ajoute, <»n forme de. supplément, un ou deux petits raffinements dont l'auteur allemand n'a pas parlé et qu'on emploie pourtant avec succès, soit pour décider l'animal qui a peur de prendre uubain, soit pour affermir dans ses bonnes dispositions celui qui n'est
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plus si timide. L'nn est le déjeuner à Veau, let;ou qui consiste ù faire jeûner tout m jour le chien récalcitrant, et à le forcer ensuite, quand il a faim, à aller chercher à la nage de petites croûtes ne pain qu'on lut jette à des distances graduées. L'antre cs( une espèce de joute aux canards, épreuve encore plus eftieaee et qui se pratique avec un de ces oiseau* auquel on a commencé par éjointer le fouet de l'aile. On le lâché ainsi mutilé sur un étang ; on anime son chien à le poursuivre; puis, comme ce dernier serait fort longtemps à le pren* dre, attendu que chaque fois que le canard se voit serré de trop près, il distrait et plonge, on finit par le tuer d'un coup de fusil et jiar le faire rapporter tout sanglant par son élève.
Pour obtenir une belle quête ou pour habituer le chien à bien foi mer l'arrêt, jKriut de différence notable : même recommandation de toujours bien prendre le vent, manœuvre essentielle qui aide beaucoup l'animal en lui procurant le sentiment du gibier à plus ou moins de distance; et quant au défaut de courir le lièvre, ample distribution de coups de fouet, accompagnée de quelques leçons au collier de forcé, recette qui est aussi indiquée pour une autre habitude non moins vicieuse dont M. llartig ne parle pas, celle de poursuivre la volaille et les bestiaux, et qui vaut l»eu le ridicule moyen émis en pareil cas par M. de Marolles, quand il nous dit sérieusement, dans son Traité de la chasse au fusil:
« Prenez un petit bâton ; fendez-le par un bout, assez pour y passer la queue du chien, et liez ce bout fendu avec une ficelle de manière à lui faire sentir de la douleur; attachez-y une poule par le gros de l'aile, près du corps, et lâchez Pani* mal ensuite en lui appliquant quelques coups de houssine. Use met à courir tant qu'il peut, à cause de la douleur qu'il rcs-
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■sent à la queue et qu'il croit occasionnée par la poule. A force «le traîner celle-ci, il la tue, et, las de courir, il s'arrête et va se cacher dans quelque recoin. Alors détachez le bâton, et haltez-lui la gueide avec la poule morte. »
Et cet autre, peut-être encore plus absurde : « S'il s'agit d'un chien qui court les moutons, couplez-le avec un bélier, et en les lâchant ainsi couplés, fouettez le chien tant que vous pourrez le suivre. Ses cris font d'abord peur au bélier qui court à toutes jambes et entraîne le chieu ; mais il se rassure ensuite et finit par le charger à coups de tête. Découplez-los alors, et votre chien sera corrigé pour toujours de courir les moutons. »
Telle est, dans son ensemble, la méthode d'instruction développée au sujet du chien de plaine par le Dictionnaire de Baudrillart, ouvrage que j'ai choisi de préférence à tont autre, parce qu'il renferme tout ce qui a été dit à cet égard tant par les écrivains nationaux que par l'auteur allemand moderne le plus en vogue. Cette méthode est loin sans doute d'être parfaite ; mais telle qu'elle est, cependant, c'est encore, je le répète, une des moins mauvaises que je sache, surtout si on la met en regard des traités de chasse anciens qu'elle a copiés et dont les plus réputés ne manquent pas, comme on voit, d'erreurs grotesques, dignes tout au plus de figurer dans la Maison rustique ou dans h; Solitaire inventif.