MORT DE S. A. R. LE DUC D'ORLÉANS
une fin cruelle sans doute, une mort digne d'une éternelle pitié. Périr ainsi dans la fleur de sa jeunesse, périr plein d'espérance et d'avenir au milieu des êtres qui nous furent le plus chers, lorsque tant de motifs devaient nous rattacher à l'existence, se sentir si fort et tomber devant un grain de sable, est une destinée horrible, vouée à une fatalité bien malheureuse assurément. Cependant, quelque misérable que soit -cette condition, qui de nous, Philosophe ou Chrétien, par le temps déplorable où nous vivons, dans ce siècle d'égoïsme, sans foi, sans stabilité, sans principes, oserait dire si elle n'a pas encore été préférable pour l'infortuné prince, mort entouré d'universels regrets, à la triste nécessité de monter un jour sur le trône de France?