MORT RE S. A. R. LE DUC D'ORLÉANS
dernières courses de Chantilly, S. À. R., qui nous faisait l'honneur de causer ebasse avec nous, éprouvait un véritable plaisir à nous rappeler quelques circonstances de cette prise mémorable. Les obstacles de la saison, la difficulté du pays, les«latigues de cette expédition, accomplie sous un soleil brûlant, le maigre repas de la ferme des Hollaius, si bien assaisonné par l'appétit et la gaieté des convives, les six à sept lieues de retraite à faire pour regagner Fontainebleau et un lit, où nos veneurs n'eurent pas l>esoin d être bercés pour dormir, tous ces incidents étaient autaut de joyeux souvenirs préseuts à l'esprit du prince, et qui lui faisaient nous dire en souriant : Je me souviendrai du 15 juillet. Ce fut une rude journée l
Hélas! et nous aussi, nous nous souviendrons du 1 3 juillet,. Monseigneur ! cette autre journée si rude pour un vieux jmtc, si rude pour une mère éplorée, pour une jeune épouse dont vous étiez l'idole, pour ces frères justement fiers de marcher sur les traces de leur aîné ! Nous nous associerons du fond du cœur à ce deuil de famille, à ces cruels et décimants regrets, car il y avait en vous tout ce qui fait aimer et pleurer un prince; et à côté des goûts nobles que nous n'avons fait qu'effleurer en passant, nous qui devions nous borner à parler du gentilhomme, se distinguaient éminemment toutes les qualités sérieuses qui promettent plus tard un grand Roi.
Une catastrophe affreuse, inattendue, a tranché le cours de voire vie généreuse; et, au milieu des sanglots éclatant à ce triste spectacle, une seule larme, s'échappant de vos yeux, sous les baisers maternels qui pressaient vos lèvres décolorées et muettes, a semblé dire qu'au milieu des souflrances d'une lente agonie vous compreniez cet éternel adieu. Oh ! c'est là