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livre de poudre. Bien certainement, la confédération germanique tout entière, cette terre classique des chasses féodales, demanderait en vain un pareil impôt aux vastes et giboyeux domaines de ses plus vieux landgraves.
Le vrai chasseur parisien, — ne riez pas d'un air d'incrédulité, ami lecteur, — Dieu merci, parmi nos amateurs, nous [«un ions encore, sans aller loin, citer plus d'un sportsman en renom bien digne de réclamer ce titre; le vrai chasseur parisien, disons-nous, celui enfin que sa position, sa fortune ou si s goûts ont fixé dans la capitale, se garde bien, au jour dit, de grossir par sa présence le flot de celte avalanche compacte. Loin de là, il se renferme chez lui, entre quatre murs, dans la crainte qu'on ne le confonde avec cette troupe échappée, à laquelle l'ordonnance Delessert a lâché la bride. De même que la plupart des propriétaires diiut les chasses bien gardées, seul refuge offert au malheureux gibier, se trouvent situées dans un rayon de quelques lieues, aux environs des grandes villes, le jour de l'ouverture il s'abstient, il ne sort pas : fùt-il à la campagne, au sein de la réserve la mieux peuplée, en dépit de cette fusillade dont l'écho lointain lui saigne le cœur et le provoque, vous le voyez impassible, stoïque, se bien garder de mettre le pied sur le terrain, sur ce sol neutre où rappelle en paix plus d une compagnie encore vierge; car il sait qu'il prendra sa revanche un peu plus tardj et à quoi bon, par une précipitation mal calculée, se faire le pourvoyeur de tous ces flibustiers aux aguets, qui, placés sur l'extrême frontière, flairent,
le nez au vent, les douces émanations d'une plaine dont l'eu- ■«'">•'** *'. * trée leur est interdite. Patience! l'asile offert momentanément au gibier n'est qu'un piège; quelques jours encore, et
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le signal sera donné. Là où régnait naguère un calme trompeur, un l'eu général et bien nourri annoncera le terme de la trêve.
(Test par suite de ce sage calcul, qu'à Gros-Bois, l'une des chasses les plus belles de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marue, car la magnifique résidence de M. le prince de Wagram, est à cheval sur l'un et l'autre département, et s'étend sur plusieurs communes à la fois ; l'ouverture n'a jamais lieu que cinq ou six jours après celles de Brie-Comte-Robert, Boissy-Saint-Léger et autres pays circonvoisins, dont le territoire morcelé est abandonné à tout propriétaire... d'un port d'armes. Cette année la solennité avait été fixée par le prince au 4 e ' septembre, et de nombreuses invitations, parmi lesquelles se trouvait un mol des plus aimables adressé au directeur du Journal des Chasseurs, y réunissaient, dès dix heures du matin, une société brillante et choisie. Après un déjeuner charmant, auquel fit honneur la gaieté des convives, dignement présidés par leur noble bote, seize chasseurs se trouvèrent à midi sous les armes dans la cour d'honneur du château; M. le prince de Wagram; son beau-frère, M. le' comte de Plaisance; M. le prince de la Moskowa, M. le prince Lucien Mural, M. le baron de Saint-Pierres, M. Paul Berthier; MM. Manuel, Philippe Hottinguer, François et Nicolas €lary, beaux- frères du prince; M. le général Dutaillis; MM. de Varelles, de Vergennes, Alphonse Lbermiuier, Léon Bertrand; n'oublions pas l'honorable M. Vallerant, procureur du Boi à Corbcil, auquel nous avons vu faire quelques coups de longueur assez beaux pour ne le point passer sous silence. Les places respectives tirées au soi t, toute cette liçne formidable s'est étendue en frout de bandière, balayant la plaine
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devant soi, et tra versant à distances rapprochées une trfcscourte portion du parc, où chacun eut l'occasion de brûler déjà plus d'une amorce. Puis, une fois hors des murs, le cercle s'est développé davantage, l'aile gauche, gagnant les hauteurs, tandis que la droite se prêtait, par une lenteur combinée, à l'exécution du mouvement, et certes, pour tout spectateur désintéressé, ce ne devait pas être un coup d'œil indifférent que cette grande manœuvre fort bien dirigée par M. de Plaisance, et dans la répétition de laquelle a consisté toute la tactique de la journée. On peut dire que le perdreau pullule à Gros-Dois; et les ressources du pajs avaient encore été augmentées, cette année, par la mise en liberté de plus de trois cents élèves. Le lièvre est beaucoup moins abondant, à cause de la proximité de quelques petits pays vignobles dont les paysans sont trop habiles colleteurs, pour permettre que l'espèce se propage. Cependant on en reixontre encore assez pour varier agréablement une chasse. Malheureusement, la sécheresse de 1842 s'est fait sentir en Bric comme partout ailleurs : les regains, au 1" septembre, ne suppléaient point comme couverts à l'insuffisance des chaumes, et le gibier, bien que chassé pour la première fois, est presque toujours parti hors de portée. Pour comble d'infortune, sur les deux heures de l'après-midi, a commencé à tomber un brouillard qui s'est converti plus tard en une pluie intense, et qui a gâté toute la fin de la journée. On aurait dû tuer plus de trois cents pièces aisément. Grâce à la saison et au temps, c.nt quarante-cinq seulement, dont vingt et un lièvres, cinq cailles et cent dix-neuf perdreaux, ont été cotées à l'appel, et c'est M. le prince de la Moskowa qui, nous dépassant d,\ quatre pièces, s'est trouvé