SIX JOURS EN BEAUCË
bécassines ; le Pas-de-Calais, aux dunes minées par les terriers; le Finistère, aux landes peuplées de loups; Y Indre aux vieilles futaies, refuge inexpugnable du peu de sangliers " qui nous restent. — « Eh! de grâce, mes maîtres, un instant; souffrez que nous respirions un peu... tant d'invitations pressantes nous honorent, nous louchent : nous voudrions pouvoir rendre visite à chacun de vous, sans aucun doute, trop heureux de faire ainsi notre tour de France de château en château, et de vous remercier, l'un -après l'autre, d'une aussi bienveillante sympathie. Mais, hélas! à notre grand regret, les jours consacrés au plaisir passent si vite, que, dans ceux de loisirs qu'il nous faut compter, nous ne pouvons, quelque bonne volonté que nous y mettions, nous multiplier assez, pour être à la fois sur tant de points opposés. »
Ainsi disions-nous, le 4 de ce mois, tout en roulant, armes et bagages à nos côtés, et notre fidèle Pointer sous les pieds, dans le coupé de la diligence de Chartres. L'Eure-et-Loir est an département où nous n'avions encore jamais chassé, et nous ne connaissions ses perdreaux que sur les échantillons de Lemoine, ce grand consommateur dont les pâtés justement célèbres engloutissent chaque année dans leurs flancs les trois quarts des perdreaux de la.Beauce. Nous n'étions donc point fâché d'arpenter un peu ces vastes plaines du pays chartrain, que, sur la foi des touristes, nous nous représentions toutes nues, sans végétation et sans arbres, n'offrant tout au plus au chasseur surpris par un orage que ce maigre et mince baliveau, si bien représenté, dans Y Averse en plaine, par le crayon spirituel de Grenier. D'ailleurs, la réputation bien connue de notre nouvel hôte, sportsman distingué s'il
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