CHEZ LE MARQUIS DE G AS VILLE
toge ; il est urgent pour lui de bien employer le temps, et la grande quantité de gibier eiige des destructions en rapport avec la reproduction annuelle. Or, ce jour-là, il avait été décidé que nous chasserions en battue, ce qui est rare pour une ouverture, et, dès le matin, les gardes et les rabatteurs à leur poste avaient rejeté au bois presque tous les perdreaux de la plaine. Nous en fusillâmes quelques compagnies, qui, malgré la difficulté du tir dans les allées étroites où chaque arbre vous fait un obstacle, ne s'en allèrent pas intactes, et après quelques traques dans le bois de Fresnay, belle réserve d'une centaine d'arpents, assez bieu peuplée en faisans et en lièvres, nous gagnâmes le parc, immense tiré vraiment royal, entièrement sacrifié au gibier que là vous rencontrez à chaque pas et sous toutes les formes. On ne comptait pas A Meslay moins de cent chevreuils cette année. Si vous joignez à ce nombre une multitude incroyable de lapins, les faisans nés sur le sol, ceux élevés dans la faisanderie, quelques perdreaux rouges, qu'on est parvenu à acclimater, non sans peine, et une quantité raisonnable de perdreaux gris, vous pourrez vous faire une idée des jouissances du chasseur auquel on donne carte blanche au milieu de pareilles richesses. On avait en entrant voté la mort de trois chevreuils, sans distinction d'âge ni de sexe ; un brocard et deux chevrettes payèrent de leur vie ce tribut, facile à prélever, et quatre-vingts autres pièces de gibier diverses, onze faisans, un lièvre, vingt-trois lapins et quarante-cinq perdreaux formèrent pour ce jour-là le contingent de notre chasse, assez beau résultat, pour six tireurs, à une époque où le bois n'a pas encore perdu une de ses feuilles.
Le lendemain, 6, nous arriva, comme renfort, un chasseur auquel les forêts de lautique Neustrie doivent une partie dn