‹ La chasse et les chasseurs Léon BertrandChapitre 79 sur 90 · Î L'ÉQUIPAGE DU DUC DE CHEVREUSÉ · texte numérisé non relu

Î L'ÉQUIPAGE DU DUC DE CHEVREUSÉ

n'avaient pu, malgré toute la vitesse de leurs chevaux, apporter un secours eîficace, arrivèrent pour féliciter le vainqueur. Le calme un peu rétabli, on procéda sur place à la curée chaude. De vibrants hallalis, répétés par l'écho des vieux cloîtres, ranimèrent un instant ces solitudes, et troublèrent jusque sous les dalles de leurs tombes les cendres paisibles des bons moines. Enfin, toutes les cérémonies exigées par la vénerie étant bien et dûment accomplies dans les règles, on revint triomphalement au château, en sonnant la retraite prise, et rendant au vaincu tous les honneurs dus à sa belle défense.

— La foret de Laigue a été, de son côté, le mois dernier, le théâtre d'une chasse au sanglier qui mérite d'être consignée dans ces annales. Le 12 janvier, l'équipage de MM. de l'Aigle, ces dignes et intrépides champions qu'enregistre au premier rang notre école moderne de vénerie, a attaqué sur Je mont Saint-Marc, forêt de Compiègne, un grand sanglier, bon ragot, venant à son tiers-an, qui, sorti de l'enceinte au bout de cinq minutes, se vit découpler aux talons quarautesix chiens de meute. Après une courte tournée sur les hauteurs, l'animal est venu traverser la vallée de Vieux-Moulin et est remonté sur les Beaux-Monts, où il a tenu un moment dans les houx et blessé trois chiens. Puis, prenant enfui son parti, il est descendu au Berne, a passé la rivière près le Franc- Port, et est entré à la forêt de Laigue. Là s'est dessinée une chasse d'une heure et demie on ne peut plus vive, au bout de laquelle l'animal tout à fait forcé, après avoir tenté un nouveau débucher derrière le village de Saint-Crépin, et être rentré à la forêt en traversant le Banc-Duval, s'est mis à tenir, une seconde fois et a été tué au milieu des chiens. Ma&eu-

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