‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 22 sur 42 · RU · texte numérisé non relu

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Ma foi! je ne sais. La question des augures est une de celles que je n’ai pas étudiées.

Tenez, poursuivit Hector, dont le visage avait pris un caractère de mélancolie qui frappa M. de Fourquevaux, je crois que la bohémienne avait raison.

—Quelle bohémienne ?

__Celle qui m'a dit un jour ces de mots mystérieux: Zrop tard!

__Ah! oui, la vagabonde que vous avez rencontrée en italie. Qu'est-ce que cela prouve ?

N'est-ce pas un indice certain que, quoi que j'enireprenne, je n'arriverai jamais à rien ?

Etes-vous fou, ou parlez-vous sérieusement ?

—Le plus sérieusement du monde.

M. de Fourquevaux regarda au travers de la bouteille ide d’un air comique.

—Ce petit vin n’est cependant pas méchant, reprit-il ; est-ce à dire que si vous aviez vécu au temps de Périciès, vous auriez Cru dévotement aux oracles de Delphes ct baisé les chênes de la forêt de Dodone ?

Hector sourit.

—Ainsi, dit-il, vous ne croyez pas que ma bohémienn fût animée de l’esprit prophétique ?

—(Cest leur métier, à ces vagabondes-là, de coudi

ensemble des paroles énigmatiques auxquelles les cri-

dules donnent le sobriquet de prédictions. Avouéz tou au moins que leurs prédictions ne les comprometten guère. Trop tard! que voilà un bout de phrase mervei Jeux! Si elle avait dit trop tôt! elle n’aurait pas col Je risque de se tromper davantage. Allez, mon ami. vous est arrivé cent fois — et cela vous arrivera fois encore — de faire quelque chose ou trop tard trop tôt, sans qu’il en soit résulté ni mal ni bien. €! vous avez un faible pour les prophéties, je me char de vous en servir autant que VOUS voudrez, du goût celle qui vous préoccupe.

Hector ne répondit rien, mais secoua la tête ; une voix secrète était en lui, qui étouffait les paroles de ce railleur. Tandis que la conversation se prolongeait etre eux, le soleil s’engloutissait à l’horizon sous un amas de nuages, une lumière fauve remplacait la clarté erue Qu jour, et déjà les petits oiseaux se pressaient dans les branches du noyer.

—Cette heure ne vient jamais, dit alors M. de Cha ailles, sans me rappeler mon pauvre Coq-Héron. Ckluici encore a disparu.

—1l n’y a que ceux qui disparaissent qui reviennent ! répondit Paul-Emile; mais si je savais en quel lieu on « cache, fût-il au bout du monde, j'irais le chercher.

—Parce que vous voudriez faire, jugez de ce que je ferais! Mais non, Coq-Héron est perdu pour moi, aussi lien que Christine cst perdue: tout ce qui m’aimait et iout ce que j'aimais!

Hector passa la main sur son front et se leva.

—Tenez, ajouta-t-il, j’ai un ennemi secret, frère “ein me Va dit, je le sais, je le sens. C’est le chevalier, [tut-être; mais, quel que soit celui qui m’a privé de Chi celui qui a tué Coq-Héron — car il faut ae me l'ait tué, sans quoi il serait ici — celui-là, je vous le jure, si jamais je le rencontre, je le tuerai comme un chien.

Et vous ferez bien, répondit Paul-Emile, deux jeunes gens firent quelques pas ensemble arler.

Venez-vous avez moi? reprit Hector après qu’ils lait le tour de la fontaine.

‘la dépend de la ronte que vous suivrez, répondit “mile, ! c’est fort simple, et je n’irai pas loin. IL’offii commande à Bouchain m’a fait prévenir, par un tpsi que j'aie à me trouver cetie nuit dans une auber- & Site À une petite lieue d’ici. J'imagine que c’est

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