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gaie, obligeante, aimée de ceux-là même qui redoutaient son influence, animée d’une grâce abondante et naturelle qui donnait du prix aux moindres choses, désireuse de plaire alors même qu'elle ne pouvait pas servir, elle réchauffait l'atmosphère glaciale de la cour, et, comme un astrc aimable, partout où elle se montrait, sa présence ramenait la lumière et la vie. Grâce à elle, on savait encore ce que c’étaient que les bals et la comédie, les danses, où elle excellait, et les mascarades, Toute la jeunesse se groupait autour d'elle, et les plus vieux scigneurs Ja recherchaient, parce que sa joie expansive et douce les faisait songer au passé, Avec elle, c’étrit encore le crépuscule; elle absente, c’était la nuit, Le jour où M. de Riparfonds conduisit M. de Chavailles à la cour, le roi passait à Satory la revue des mousquetaires, des cent-suisses et du régiment des gardes, qui, sous M. le duc de Guiche, son colonel, s'était si furieusement battu à Ramillies. Il était de bonne heure encore; le temps était vif et clair et un léger vent arr-chait aux arbres de la forêt leur parure de feuilles rouges. Tne grande foule de courtisans, ceux-ci à cheval, ceux-là en carrosse, assistait à cette revue, où toutes les dames de la cour s'étaient rendues Pour complaire au roi. Ce n'était partout que voitures splendides, riches livrées, Coureurs, chevaux magnifique ha rnachés, calèches découveries et brillantes cavalcades. Les armes des soldats rauxés en longnes lignes resplendissaient au soleil, et leurs beaux uniformes ne gardaient plus aucune trace des batailles qui les avaient déchirés et noircis. Lorsque M. 1e Chavailles arriva en compagni de Paul- Emile et de Guy sur la lisière du bois, il vit, au pied dun bouquet d'arbres, à quelques centaines de pas des breniers bataillons, une chaise posée à terre, et tout à côté de cette chaise, un seigneur qui, debont et le chajéau à ja main, se perchait quelquefois à la glace de la portière Pour parler à une personne que l’on distin-
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guait à peine. Quelques officiers-généraux entouraient la chaise à quelque distance, découverts, et, tous, Îles yeux attachés sur cette chaise qui attirait V'attention générale, aussi bien des courtisans que des soldats. Sur Jun des bâtons de devant, une femme était assise, jeune, élégante et d'une grande distinction. Elle regardait parfois du côté de da portière, souriait, inclinait sa taille souple en avant comme pour saisir au vol quelque: paroles ou répondre à quelque question, et gecouait Si tête fine et charmante avec la grâce et la vivacité d’ui. oiseau. Le vent battait les drapeaux de son aile et
fanfares des clairons sonnaient; mais Hector ne voyait ni les régiments, ni les carrosses tout remplis de femmes parées, ni rien de cet appareil militaire qui, en toute autre circonstance, eût agité son coeur et ravi sa pense. Un attrait mystérieux ramenait toujours ses regarils vers cette chaise pacifique dont la présence Jétonnuit un peu.
—Quel est donc, demanda-t-il enfin à M. de Ripurfonds, le seigneur qui se penche à la portière pour j'itler à une dame dont je distingue à peine la coiffure *
{est le roi, répondit le duc.
Louis XIV! s’écria M. de Chavailles.
—Lui-même.
Les yeux éblouis d'Hector ne se détachèrent plu ce petit groupe de trois personnes dont l'une porta glorieusement la couronne de France.
Louis XIV! vous m'avez dit que c'était Lot XIV ? murmura-t-il tout bas.
__Oui, mon cher marquis, Cest Je roi, le gra qui a tenu, comme le Jupiter de la fable, toute pe attentive au froncement de ses sourcils. Cri lui, regardez-le et souvenez-vous de ce que vous Voilà le maitre du monde, celui-là dont un porc dire:
quell anon:
de M Louis mince pas d lence retrai ser\ 6c d'amb Toi, O1 cle ét loccas
Grand roi, cesse de vaincre ou je cesse d'écrire!
Le voilà debout, et tête nue, à la portière d’une chaise!
—Mais, reprit Hector, la personne qui montre à peine les barbes de ses coïffes au fond de la chaise, ne serait-ce pas, par hasard, Mme de Maintenon!
— Vous l'avez nommée.
—Mme de Maintenon! et que vient-elle faire ici ?
—Que faisait-elke au camp de Compiègne ?
—Une question n'est Pas unc réponse.
—Quelquefois, Cette humble chaise, auprès de laquelle se tient le roi, attentif aux curiosités de la reine anonyme de France, ne servit-elle qu'à prouver que Mme de Maintenon est plus puissante sur son fauteuil que
Louis XIV sur son trône, croyez-vous que le résultat soit mince et tout à fait à dédaigner ? On ne rat pas de bruit
pus d’éclat, pas d’ostentation ; on est amoureuse de silence et dobscurité; on se confit en dévotion dans sa retraite de Saint-Cyr; on est modeste, simple, polie, réset\6e; On ne yoit Presque personne, on ne reçoit pas d'arnbassadeur, on ne mange pas au grand couvert du Toi, on n’a pas de maison, On vit à l'écart dans un cercle étroit de vieux amis, on ne paraît en rien; mais, l'occasion aidant, on est bien aise de montrer publiquedent ce qu'on est et ce qu’on peut.
—Et l’on peut tout ?
— Tout, répéta M. de Riparfonds.
Vous ne m'avez rien dit de cette dame que je vois sise sur lun des bras de la chaise ?
— Cest madame la duchesse de Bourgogne.
—là future reine de France! La femme de l'héritier du trône, là, comme une suivante, sans fauteuil, et s’indinant pour répondre à Mme de Maintenon ?
Pourquoi non? Défaites-vous de l'habitude des Surprises, mon cher Cousin, sans quoi vous perdriez
SERTA
CRI Le
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clamations inutiles. Que rien ne vous ous voyiez, quoi que vous entend’écueils où les choses On n’y peut faire un el qui vous semi-
votre temps en ex étonne plus, quoi que V diez. La cour est une mer semée ne sont pas ce qu'elles paraissent.
pas sans marcher sur une intrigue, et Ÿ blera n'être rien est un personnage important devant lequel pâlissent les plus redoutés. ‘(On n’est rien que par le roi: le rang ni la naissance ne VOUS sont compti». et tous tant que nous sommes, lès gens titrés et les gen: de qualité, les dues et les pairs du royaume aussi bien que les simples gentiishommes, nous sommes autour de Louis XIV comme des brins d'herbe autour d’un chên::
il ne fait pas de différence des grands aux petits. (On
monte parce qu'il vous soutient, on grandit parce qu'il
vous porte; mais, S'il retire sa main, VOUS tombez. Le
est le commencement de Ja fin. Cela étant, que YO lez-vous que fassent les princes les plus hauts par le Les fourches caudines de la faveur royale sont
les premiers il faut qu'ils s'inclie € Quiconque
roi
sang ?
égales pour tous, et nent. Vous save le précepte évangélique : g'élèvera sera abaissé. . ?
t quiconque s’abaissera sera exhaussé, poursuivit
Hector.
Eh bien! quand vous aurez franchi le seuil du paet ne lot
Jais de Versailles, gravez-le dans votre esprit
bliez jamais.
11 y eut un instant de silence durant lequel Hilo
regarda plus attentivement la duchesse de Bourne __Vous comprenez maintenant, reprit M. de Riparfonds, pourquoi madame la duchesse de Boni" est assise, ct si modestement, sur Je bras de Ja chaise qui sert à porter Mme de Maintenon, Sa bonne tan li mme
elle l'appelle ? , Mais vous qui parlez si bien de préceptes. it Hec- 5 ps
{or, et qui en prèchez l'observation, ne les avez-vo
un peu oubliés ?
vous
M rega com Jean que & sant rures
Co nuit
chaise qu'ils apres, Carre £ sage, ce g
jamiai quitté Sato:
dames Il se côtés.
de V,
—J’ai fait mieux.
—Ah!
—Je ne les ai jamais appris.
—C’est plus court. u
—Et voilà Pourquoi je ne suis rien, ajouta fièrement le duc.
— Hum! due ot pair, c’est déjà bien quelque chose! Murmura Hector.
M. de Riparfonds sourit.
—Vous ête averti; maintenant, vous ferez ce que vous voudrez, reprit-il,
M. de Chavailles réfléchit quelques secondes, tout en regardant la duchesse de Bourgogne ; il se sonvint alors, comme il l'avait déjà fait une fois au logis de frère Jean, de la Comparaison de la rivière et du boulet, telle ‘te son père la lui avait faite à son lit de mort, et caressant la garde de son épée :
—Bah! dit-il, voilà une clef qui ouvre bien des serrures !
Comme il achevait de parler, il vit le roi qui se tournuit et appelait :
—Les porteurs de madame! cria Louis XIV.
Les porteurs äccoururent, prirent les bâtons de la chaise et s’éloignèrent, emportant Mme de Maiïintenon Qu'ils ramenèrent à Versailles. Un petit quart d'heure aprés, ct Ja revue étant terminée,
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le roi regagna son
Grrosse. Tous les fronts se découvraient sur son pas- Save, ct chaque fois qu'une d
ame Je saluait, le roi, avec € grand air et cette courtoisie qui ne l'abandonnèrent as, Ôtait son chapeau. M. de Fourquevaux avait
Qté Fector et Guy aussitôt qu'ils étaient arrivés
Pour courir de carrosse en carrosse saluer les dames de la cour et papillonner autour des plus jolies. Il se multipliait et on le voyait à la fois de tous les côtés, I sque M. de Chavailles entra dans le château de Virsail ts, une profonde émotion sempara de lui.
Cétait la première fois que $* pieds foulaient ces par” quets somptueux habitués à craquer sous les pas des plus illustres personnages. 1 ne pouvait se lasser de voir et d'admirer ce luxe, ce faste royal, le nombre et l'étendue des appartements, cette profusion singulièr des chefs-d’oeuvre des arts ct cet ordre qui régnait partout. La grande gaierie,—la galerie des glaces, comm on l’appelait alors,-—se renplissait de courtisans ; la plupart venaient à M. ‘2 Riparfonds et lembrassaient, chieun le saluait; il présentait à toutes ses connaissant! le marquis de Chavailles, son cousin, et toutes s'empit-saient à lui témoigner par leur réception le cas qu'on faisait de son introducteur. M. de Chamillart vint à pis ser et le due l’aborda avec Hector.
__On m'avait déjà parlé de M. de Chavailles, dit le ministre, mais la main qui vous présente et la parcuié qui vous unit à M. de Riparfonds me donnent !
haute opinion de votre mérite. Votre brevet est expérii. et j’espère que VOS bons services Vous mériteront tout la bienveillance de Sa Majesté.
Le marquis allait répliquer, lorsque deux Jieutenants généraux qui avaient affaire à M. de Chamillart, survit rent et l'obligèrent à le suivre.
Eh! eh! dit Hector, voilà un mais qui me parait un peu bien suspect.
Ft que dites-vous du on? dit M. de Riparfond:: je ne sais rien de plus perfide que ces 07 1à; cest tou! le monde et ce n’est personne.
Malgré lui, M. de Chavail dalise lui avait dit la veille, ses réflexians à M de Ripartonds, de sa chambre pour # rendre à la messe.
gentilshommes s’approchèrent de Louis XIV po ni parler ; il les écouta quelques instants, leur répondit avec de légers mouvements de tête et continua 54 à che; c'était le moment où ceux qui en avaient den
dé l’autorisation au capitaine des gardes de service se présentaient devant le roi; M. de Riparfonds, que son rang dispensait de cette formalité, s’approcha de Louis XIV à son tour et le salua avee M. de Chavailles, qu’il nomma. Louis XIV, qui était prévenu dès la veille, s’arrêta et regarda fixement le jeune officier.
—M. de Riparfonds, dit-il, m’a rendu un compte détaillé de ce que vous avez fait à Crémong et devant Turin, monsieur ; vous portez le nom d’un gentilhomme qui m'a loyalement servi, et je compte que vous ferez de
ême en tout temps.
—Sire, si je n'étais ému plus fortement que je ne saurait le dire, j’essayerais de répondre à Votre Majesté; fout ce que je puis lui assurer, c’est que tout mon sang est à elle.
La chaleur d’Hector et l'expression animée de sa physionomie plurent au roi, qui sourit.
—Je vous remercie, monsieur. Vous avez pris la carrière des armes, c’est d’un bon gentilhomme; nos armves ont besoin de jeunes gens braves et résolus. Faites votre devoir et soyez assuré que ma faveur vous accompagnera.
Le roi salua courtoisement Hector et passa.
Il ma ébloui! et qu’il me paraît grand! dit Hector.
Eh! mon cher cousin, répondit M. de Riparfonds, &i les choses qui vous partent du coeur sont toujours aussi flatteuses, votre fortune est faite! Pourquoi Louis NIV ne vous a-t-il pas entendu ! Jui, grand! mais il ne l'est ouère, en vérité.
Vous croyez? reprit Hector, qui suivait le roi dù regard.
--Tl est de ma taille à peu près, mais si parfaitement distingué de toute sa personne, si plein de dignité, si nobla ot si aisé, avec de si grandes manières et un port si majestueux, que bien d’autres s’y tromperaient comine vous.
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tendu les dernières t et félicitèrent M. de Chaliments. Le bruit A groupe parmi les
Plusieurs courtisans avaient en paroles du roi ; ils accoururen vailles, auquel on adressa force comp de cette réponse circula de groupe el i les paroles tombées de l: bouche du et parvint jusqu'à M. de tirant, vint à M. de
courtisans pour qu grand roi étaient des oracles, Chamillart. Le ministre, en se re Chavailles.
__Votre régiment est de ceux qui défendent la fronfière, monsieur le marquis; vous aurez occasion de Signaler votre courage. Je suis l'ami de M. de Ripar-
fonds, comptez que j'appellerai l'attention du roi sur till
officier de votre mérite.
__Voilà un mérite qui m'est venu bien vite, dit Iec- + {or après que M. de Chamillart se fut éloigné. Quel distance de ce mérite au mais et au on de tout à l'heur:! Juste la distance qui sépare la chambre du roi «° l'extrémité de la galerie, ni plus, ni moins, réponit froidement M. de Riparfonds.
Dans l’après-diner, tandis que Paul-Emile et Hector causaient avee M. de Riparfonds, dans le petit entres 1 que le duc occupait à Versailles, ils virent entrer Coi- Héron, qui arrivait tout poudreux de Paris.
__Bon! dit le vieux soldat, en tirant une yieille montre d'argent, trente-trois minutes, Ce nest pas trop !! al
courir !
—Et pourquoi cours-tu si vite? demanda M. de For
quevaux.
—Pour remettre ce billet à M. le marquis.
__Un billet à moi? dit Hector.
Je voici. I1 m'a été confié à trois heures trois et demie, à peu près ; le temps de seller un cheval et de partir. Vous voyez que je n’ai pas ménagé l'épe-
ron.
—Qui ?
vailles, après
Lilen est
a remis cette lettre? demanda M. de Ca
J'avoir décachetée et parcourue.
curic préla
gnie te, l Char urge Peu d'un lettre catio je co — Fort minu
que « d'ind den qui s
—Ma foi! je n’en sais rien.
—Tu as pourtant bien vu la personne qui l’a portée ?
—Tout au plus.
—Une énigme! conte-nous ça, mon ami; je suis fort curieux des énigmes, dit M. de Fourquevaux, qui se prélassait devant un bon feu.
—Oh! c’est fort simple.
—Tant pis!
—J’étais tout tranquillement à regarder une compagnie de dragons de Monsieur qui défilait devant la porte, lorsqu'un laquais vient à moi: “ Vous êtes à M. de Chavailles? —Oui.—Eh bien, voici un billet qu'il est urgent de lui faire tenir.—Cest qu’il est à Versailles. — Peu importe; partez sur-le-champ, la chose est pour lui d'un intérêt majeur.” Là-dessus, le Jaquais me met la lettre dans les mains. Je veux lui demander des explications, il était déjà parti; je l'appelle, il ne répond pas ; je cours, il avait disparu.
—C’est un esprit, dit gravement Paul-Emile.
—Un esprit, monsieur, ne fait pas les commissions. Fort empêtré de cctte lettre, je passe à l'écurie, ct, cinq minutes après, je galopais, jurant comme un beau diable.
—Tu as raison, mon ami, cela soulage,
Tandis que M. de Fourquevaux se balançait dans son farleuil, Hector examinait sa lettre dans tous les sens.
-Voilà qui est singulier! dit-il.
-Est-ce une indiscrétion que de vous demandér ce que contient cette lettre? dit M. de Riparfonds.
—Au point où nous en sommes il ne saurait y avoir indiscrétion de vous à moi. Ecoutez: Trouvez-vous deniain à la chasse du roi à Marly, et suivez la personne qui se présentera à vous. ”
—Kt puis?
—-Rien; ni signature, ni cachet.
Le Que de Riparfonds prit la lettre et la tourna dans tous les sens,
NT UPS HUBTOTA AU OUT MELUN
LUCILE Et dite
Si —
—A propos! s’écria Hector, le laquais portait-il un manteau gris ?
Non dit Coq-Héron, ni gris, ni vert, ni bleu, ni rouge, ni manteau d'aucune espèce ; il avait une souquenille.
Prends garde, Coq-Héron; tu n’économises pas assez les explications ; quand tu seras vieux, tu ne pour-
ras plus en donner, dit Paul-Emile.
Hector expliqua le sens de sa demande à M. de Ripat-
fonds qui le questionnait du regard.
Eh! eh! voilà qui sent l'aventure, s’écria M. 0° Fourquevaux en quittant son fauteuil. Etes-vous he:-
reux, mon chèr marquis! Vous ressuscitez les aventures
ù il n’y en a plus! Pauvre France! co:1-
dans un pays où me elle dégénère.… Nous disons un homme à mantcin
gris un laquais mystérieux, un Lillet plus mystéri"1x encore, la chasse et un rendez-vous dans les bois... C'e:t charmant, comme les premières pages d’un conte ‘le
Boccace! Vous irez, cher marquis ?
—Parbleu !
—C'est un peu imprudant ! hasarda M. de Rijr-
fonds.
Et voilà ce qui en fait l'agrément. Le plaisir nuit du danger, comme Vénus naquit d’un flot.
—JLa mythologie est neuve:
—Elle n’en est que plus séduisante !
—I] n’y à qu'un obstacle à cela, c’est que, pour vre les chasses de Marly, il faut y être admis, rep! duc.
Ah diable! fit Hector.
Le moment est passé; mais, si vous l’osez, ail au roi, à souper, une prière qu’on ne Jui fait que |: tin… Cest peut-être plus hardi que d'attaquer un° batterie.
—Bah! reprit Hector après avoir réfléchi que! instants, tous ceux qui ont pris des batteries ne sen! PT
ques
mor!
pas du « tena roi ] une mom laien gran les e auto et, c dem:
et le “DO vers roi, I rangs branc ï oui hardi d'aill lui q plysi veur,
morts; tous ceux qui ont manqué à l'étiquette ne sont pas à la Bastille; j'irai.
Le soir venu, à dix heures, après que le maître-d’hôtel du quartier eut avertit le capitaine des gardes qui se tenait dans l’antichambre de madame de Maintenon, le roi passa à son grand couvert où, comme d'habitude, une grande foule de courtisans l’attendait. C'était le moment où les dames, mais les dames seules, qui voulaient êtr. de Marly, se présentaient, 1] y en avait un grand nombre et des mieux titrées. Le roi, assis avec les enfants de France, les dames et les seigneurs debout autour de la table, Hector s’a ança en dehors du cercl:, et, comme le faisaient le matin les gentilshommes qni demandaient à être des voyages, il s’écria, le front haut et le chapeau à la main:
—Sire, Marty!
Tous les courtisans et toutes les dames se tournèrent vers le hardi jeune homme qui, au grand couvert du roi, manquait à l'étiquette. L’émotion courut dans leurs rangs pressés, et l’on vit leurs têtes s’agiter comme les branches d’un arbre touffu sur lequei le vent a passé. ïouis XIV le regarda un instant en silence, mais la hardiesse ne déplaisait pas toujours au roi; il avait d'ailleurs un faible marqué pour les jeunes gens, et nelui qui venait de parler était de haute mine et d’une plrsionomie franche et noble qui prévenait en sa feveur, Le roi sourit:
-—C’est bien, monsieur, vous irez, dit-il.
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