AU AT UE
Tu luis encor, soleil, el ta lumière Semble se plaire à vouloir m’afliger.
Je sçaurai bien t'obliger,
A précipiter la carrière.
Viens contempler la déité Dont le divin éclat me dompte,
Et tu fuiras de honte D’avoir moins de clarté.
Tôt, tôt, tôt, va t’en, pauvre hère.
Tôt, tôt, tôt, fuis notre hémisphère,
Tôt, tôt, tôt, tourne le derrière,
Tôt, tôt, tôt, dérive au plutôt.
(Le chœur repette le* quatre derniers vers.)
On ne peut mieux chanter, le régal est parfait.
AGÉSILAS
Faut-Il s’en étonner? C’est pour vous qu’il est fait! Ce sont éternumens d’esprit, fruits de ma muse.
Pour enfanter tels vers il faut n’être pas buse.
AGÉSILAS
Ah, sans aller rêver sur le sacré vallon,
Agathe me suffit et vaut un Apollon.
Elle sait m’inspirer un feu plus chaud qu’épice.
(La princesse tousse.)
Vous toussez fort, ma reine !
Oui, je suis au supplice, Et je suis enrhumée épouvantablement.
(Elle retousse et crache plusieurs fois.)
Morbleu! peut-on cracher plus amoureusement?
Mais, princesse, hâtons cet heureux mariage.
Et daignez accepter ce doux baiser pour gage.
»e vois Colin, de quoi me vient-il avertir?