COLIN, ETC
Seigneur , tous vos pandours sans vous veulent partir. Artaban les anime ; il leur dit, ce rebelle,
Que vous portiez le tems près d’une péronelle,
Un petit cul-crotté ...
AGÉSILAS
Un petit cul-crotté?
Le traitre ! Et vous l’avez sans colère écouté ?
Ce discours sanshorreur, ô ciel, peut-il s’entendre? Près d’une péronelle? Ah! que j’en ferai pendre ! Quçi! vous traiter ainsi, princesse!
la princesse, pleurant.
Vous voyez.
AGÉSILAS
Ne pleurez point, ma mie, ils seront tous noyez.
Je m’en vais leur parler. Malgré leur insolence,
AGATHE
Les mutins n’oseront soutenir ma présence.
Je*ne veux que les voir, je ne veux qu’a leurs yeux Immoler de ma main ce chef audacieux.
la princesse, vivement.
Imitez de César la diligence extrême,
Il vint, vit et vainquit. Prince, faites de même • Que votre bras, armé pour mes divins appas, Hache en mille morceaux ce perfide Judas.
Que son indigne corps soit réduit en canelle. Revenez tout couvert du sang de l’infidèle :
Qui diffère un instant partage ce forfait.
AGÉSILAS
Oui, je cours ^ous venger d’un si perfide trait ;
Ou ma rare valeur se trouvera trompée,
Ou son infâme sang rougira mon épée, *
Cette large et terrible épée à giboyer;
Dans ma juste fureur je vais le foudroyer.
Allez tranquillement m’atteqdre en votre chambre.
la princesse courant après lui précipilament.
Prenez garde de perdre encor quelqu’autre membre.
agésilas sc retournant.
Non, non, ne craignez rien, mes membres sont à vous, je reviens sur-le-champ vous les rapporter tous.
(Il s’en va.)
Et nous, Axiame, allons dans ces vives allarmes, Pousser trente soupins, verser quarante larmes.
AXIAME.
Allons prier les dieux, que sur votre pailler l.e prince (à son bras près) revienne tout entier.