LA PRINCESSE, AXIAME, COLIN
Quel coup me réservoit la colère céleste !
Quel sang a fait couler l’injustice des dieux ! .
Je ne me connois plus, tout se change en ces lieux., Je te vois, Artaban, furie abominable,
Damnable, inexorable, effroyable, exécrable,
Toi, plus cruel cent fois que vautours, que scrpens Et qu’une léoparde a conçu dans ses flancs.
Où crois-tu te sauver ? quelle est tou espérance? Radamante a déjà prononcé ta sentence.
A côté de Titie, à côté d’Ixion,
La roue et le vautour sont ta punition.
Je me soûle à longs traits de ton cruel supplice, Ah! quelle volupté ! quel ragoût! quel délice !
Mais que dis-je! où m’emporte une si douce erreur? Je reprens ma raison pour sentir mon malheur.
O toi, triste jouet de la fortune ingrate,
Au moins pour consoler ta malheureuse Agathe,
Si tu m’avois, avant ton funeste trépas,
Laissé quelque joli petit Agésilas 11 m’eùt fait souvenir de son aimable père,
Il auroit essuyé les larmes de sa mère,
Je l’aurois nétoyé, bichoné de ma main ;
N’y pensons plus, cédons à mon sort inhumain. Diffère d’un moment, trop agréable drille.
Attend, mon bouriquet, mon bedon, ma béquille ! D’un courage viril je vôle sur tes pas,
Attend, il ne me faut qu’un peu de mort aux rats.
* Mourons pour lui prouver l’excès de ma tendresse,
AÇATHK
Oui, mourons. Non, vivons pour le pleurer saus cesse, On ne peut trop plèurcr en de si grands malheurs; Pleurons donc, débondons la source de mes pleurs,
Et faisons, vù l'ardeur qui dévore mon ame,
Un Océan de pluie, un Mongibel de flûme.
Méchans, il n'est plus rien qu’on vous puisse opposer. Agésilas n'est plus, vous pouvez tout oser.
De toute sa puissance, en ce moment funeste,
L’espace qu’il occupe est tout ce qu’il lui reste.