PROLOGUE
eoripide , aux spectateurs. '*
Qî oi l’ombre d’Euripide au stile magnifique, |!|yjP Immortel ornement delà scène tragique.
Je sors du noir séjour de l’enfumé Plu ton, Où coulent le Léthé, lç Stix, le Phlégeton. • Comme aujourd’hui l’on joue une pièce nouvelle,
1 Je veux vous témoigner quel est pour vous mon zèle, Et je viens tout exprès paroi Ire devant vous Pour vous apprendre un fait que vous ignorez tous. Sachez qu'il est là-bas une cruelle gène Que l’on fait éprouver à qui trouble la scène ; Auteurs malicieux, incommodes cracheurs, Caballeurs, criailleurs, siffleurs et tapageurs,
Tous sont plongés au fond d’une cuve bouillante ; Tisiphone en fureur sans cesse les tourmente.
Et sans cesse leur cric : Ah ! ah! perturbateurs ! Sifflez tout votre sou, sifflez, sifflez, messieurs.
c • PBOLOGCE.
Profitez, spectateurs, d’un avis charitable On ta représenter un ouvrage admirable,
Qui* surpassant tous ceux de Sophocle et les miens.
Peut enrichir lui seul tous les comédiens.
Écoutez le récit d’nne flamme pudique,
Le tour harmonieux d’un vers plus qu’énergique.
Les nobles sentimens et les vives ardeurs
Qui savent émouvoir, ravir les plus grands coeurs.
Voyez comme on y peint la vertu, douce, aimable.
Ët le vice à son tour affreux et haïssable.
C’est ainsi que tout homme employant son loisir,
Doit savoir allier la sagesse au plaisir.
La scène aux yeux du sage ouvre sans cesse un livre;
Voir et sentir c’est être, et réfléchir c’est vivre. Enrichissez votre âme avec ce grand trésor.
Ramenez, s’il se peut, les jours de i’àge d’or,
Surtout, pour éviter toutes sortes de blâmes.
Ne criez point, messieurs : Hautlesbras, placcaux dames Tous ces Yils cris ne font que troubler les acteurs.
Si vous vous comportez en sages spectateurs,
Vous aurez Sur la fin, pour surcroît d’abondance, Vaudeville, duo, tambourin, coutredance.
AGATHE
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TRAGÉDIE