‹ La chaste princesseChapitre 6 sur 27 · AU A ME · texte numérisé non relu

AU A ME

Vous cacher ! Et pourquoi ne plus oser paroltre?

Quoi qu'ait faitAlcanor, eh bien, qu’en peut-il être?

Si par sou noir projet poussé plus tort que jeu. Votre honneur est, madame, écorné tant soit peu, Agésilas, après son accident funeste,

Est-il entier lui-mème? Allez, je vous proteste Qu’il viendra vous trouver d’un air soumis et doux; D’ailleurs ignore-t-il que ce fut malgré vous ?

Ainsi, ce ne fut pas, madame, votre faute,

El vous n’en devez pas aller tête moins haute.

Tu le crois? En effet, j’y fais réflexion,

Je n’ai point h rougir d’une telle action N’ayant pas consenti je n’en suis pas moins chaste; C’en est fait, reprenons mes grands airs et mon faste. Parlons de mon héros. T’es-tu fait raconter Le nombre des exploits?.. Mais qui peut les compter?

Que de faits glorieux rempliront sou histoire !

Le grand litre de roy n’est que sa moindre gloire;

Il est encor plus grand par ses travaux guerriers,

Son noble chef est ceint d’innombrables lauriers ; Mille fois on l’a vu, jurant plus que dix Ûacres,

Faire dans les combats massacres sur massacres, Sans considérer rien et sans se ménager,

Fourager, ravager, sacager, égorger.

Il fait tout ce qu’un dieu pourroit à peine faire.

Et Mars en le suivant craint d’étre téméraire.

Mais dès que les vaincus se rendent, sont soumis Il ne les compte plus parmi scs ennemis.

Kappelle-tov ce jour si grand, si mémorable

Où le farouche Arbal au regard effroyable,

Se voyant terrasser, implora ses boutez,

Et pour sauver ses jours fit mille lâchetez.

Satisfait des respects de cette ame si fiere. Content de sa victoire il lui fit grâce entière,

Il retint son couroux, modéra ses fureurs Et se vainquant, vainquitle vainqueur des vainqueurs. Il possédé au parfait, courage, grandeur d’ame, Prudence, fermeté....

AXIAME.

Je sais de plus, madame, Qu’il a l’esprit orné de cent talent divers ;

Il fait des vers en prose, et de la prose en vers.

Mais n’admires-tu pas cette face divine Qui sans doute du ciel lire son origine?

Ces membres élegans tous formez au compas?

Ces cheveux qu’ Apollon ne désavoucroit pas?

En quel autre, dis-moi, peut-on trouver ensemble Les divers agrémens qu’en lui seul il rassemble? Et ce charme secret dont l’œil est enchanté.

Et la grâce, plus belle encore que la beauté?

Aussi ne pense pas que ce soit sa couronne - Qui me force à l’aimer, ce n’est que sa personne. Pour être souverain il faut bien des vertus ;

Pour être Agésilas il en faut encor plus.

AXIAME.

Je ne m’étonne point de cette vive llame Où si violament s’abandonne votre ame.

AGATHE

0 bien heureux bosquets où dans nos purs amours Nous coulions tous les deux le temps, les heureux jours Jours devenus raomens ! momens filez de soye!

Agréables soupirs, pleurs enfansdelajoye.

Nous n'épargnions regards, transports, ravissemens,

Mélange dont se fait le bonheur des amans.

Page 1